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Les pétards mouillés du Rap Us (2001-2006).

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Un certain nombre d’albums ont bénéficié d’un buzz énorme ou ont motivé un certain nombre d’attentes tant de la part du public que de la presse spécialisée et ont été au final loin d’être à  la hauteur de l’agitation qu’ils ont suscitée. Le but de cette série d’articles est de vous faire redécouvrir ces pétards …

viaLes pétards mouillés du Rap Us 1996-2000.

Tout mélomane averti suivant un minimum l’actualité musicale sait que la réalisation d’un album-fusion, au confluent d’un ou plusieurs genres musicaux, n’est pas chose aisée. A vrai dire ils sont même rarement convaincants. Autant dire que lorsque Nas annonce qu’il enregistrera un disque entier avec Damian Marley, monstre sacré du reggae, le scepticisme est de rigueur. D’autres avant lui se sont essayés au mélange de genres le temps d’un album ( Notamment Jay-Z auteur de deux albums avec R. Kelly et d’un autre avec les rockeurs de Linkin Park) avec plus ou moins de bonheur et sans forcement en sortir grandis. Les craintes sont donc fondées surtout que Nas ne fait plus autant l’unanimité depuis la sortie de Hip Hop Is Dead et que la polémique autour de son dernier solo en date Nigger ne l’a pas nécessairement servi. De son côté Damian Marley n’a plus rien sorti depuis son excellent Welcome To Jamrock et reste tout de même sur trois années de silence discographique quand l’enregistrement de Distant Relatives est amorcé. On se prend tout de même à espérer que l’ensemble de l’album sera de la qualité de leur seule collaboration d’alors, le brillant Road To Zion extrait justement de Welcome To Jamrock. Dans la foulée on apprend que la thématique générale de l’album sera l’Afrique et que ses bénéfices iront à une association caritative. Pas de quoi rendre moins dubitatif tant il est facile de penser qu’on aura affaire à un disque bâclé, enregistré à la va-vite et tablant sur son aspect « c’est-pour-la-bonne-cause » pour s’assurer une présence médiatique. Le doute est donc de mise lorsque arrive le premier single de ce qui devait être originellement un EP et qui s’est vu mué en album au fil des sessions. As We Enter met direct une grosse claque dès les premières écoutes. On se laisse sans peine séduire par ce titre aux accents reaggae/hip-hop et par les performances plus qu’honorables des deux intervenants. Le sample de Mulatu Atsatke fait mouche et donne une dimension supplémentaire à ce titre. Une mise en bouche comme on en rêverait pour tous les disques. Strong Will Continue lui succède dans les bacs avec autant de brio.S’il n’est pas nécessairement du goût des amateurs de boombap, il s’avère être un pur moment de communion musicale et a le mérite de donner le ton de l’album. Même l’annonce de la guest list (sur laquelle on retrouve tout de même Lil Wayne, Joss Stone, deux noms loin de faire l’unanimité, ainsi que K’Naan, Dennis Brown et  le frère de Damian, Stephen) ne vient pas entamé la confiance autour de ce projet qui devient alors l’un des plus attendus de l’année. Subrepticement les titres vont commencer à fuir sur la toile  au point que neuf titres sur treize seront disponibles avant la sortie officielle.

Pour faire simple disons tout de go que le pari est plus que réussi. Si la principale difficulté était de garder une certaine cohésion des deux backgrounds, les deux auteurs ont pris le parti de privilégier la diversité musicale. Plutôt que d’avoir à un disque mi-hip-hop, mi-reggae  on voyage aux confins de la world music tout au long de cet album. Bien entendu tous ceux qui rêvaient d’un disque plus orienté hip-hop risque d’être très déçus, mais passé cet a priori c’est un véritable bijou musical, serti de titres aussi brillants les uns que les autres. On ne sait à quoi accorder sa préférence tant  les morceaux de qualité sont légion sur ce disque où il n’y a rien à jeter. L’alchimie entre Nas et Damian est plus que parfaite et s’avère diablement efficace au fil des écoutes. Même les rares invités se mettent au diapason et rendent de très bonnes copies. Lil Wayne fait plaisir à entendre sur My Generation en oubliant l’autotune aux vestiaires (il devrait d’ailleurs s’en inspirer plus souvent) sur un instru reggae punchy rehaussé par un bon refrain de Joss Stone. Dennis Brown se met au diapason sur le sublime Land Of Promise, tandis que les deux apparitions de K’Naan apportent une réelle plus-value. Stephen Marley s’illustre également sur Leaders et In His Own Words, titres produits pas ses soins. Si Damian assure l’essentiel des productions les trois contributions de son frère s’avèrent excellentes. Mieux il réalise le braquos avec l’excellentissime Patience. Plus que les différentes performances de Nas et Damian, le sample de voix de Mariam Doumbia donne toute sa dimension à ce titre qui sent bon l’Afrique et ses grands ensembles. Un son qui parasite direct le cerveau et que même une cure de daubes commerciales ne parvient pas à faire disparaitre.
L’Afrique étant au centre des lyrics de cet album, il  n’est donc pas surprenant de constater que la couleur musicale soit innervée de constantes références à la musique de ce continent. Outre Patience, on retrouve des chants tribaux rappelant  l’Afrique du Sud sur Dispear et une intro qui transporte directement sans décalage horaire en Afrique centrale pour le brillant Friends. Si le message véhiculé par nos deux compères sombre parfois dans la naïveté voire par moments dans l’utopie pour quiconque vit sur le continent noir (bon là c’est ma sensibilité d’Africain vivant en Afrique et n’en étant jamais parti qui parle), il convient tout de même de saluer l’effort ainsi que la variété des thèmes abordés. On navigue entre interrogations philosophico-religieuses ( Patience, In His Own Words…), appels à la fraternité (Friends), évocations des conditions de vie sur le continent (Count Your Blessings) et regards sur l’avenir par le biais de diverses exhortations. Conscient sans être chiant, homogène sans sombrer dans le répétitif, l’ensemble s’avère des plus séduisants, même s’il s’agit de thématiques récurrentes pour ceux qui écoutent souvent du reggae. Mais vous l’aurez compris c’est plutôt du côté de la musicalité qu’il faut chercher l’originalité, et cet album est loin d’en manquer. Si certains titres apparaissent un ton légèrement en dessous (Dispear en est l’exemple le plus éloquent, In His Own Words aussi) les  autres sont de très bonne qualité. Parmi les hauts faits du disque figurent la tuerie incandescente Nah Mean, les excellents Tribes At War et Africa Must Wake Up ainsi que le déjà cité Land Of Promise.

Indubitablement une des meilleures sorties de l’année tous genres musicaux confondus. Un exemple de crossover plus que réussi qui séduit sans peine et ravira tous les auditeurs aux goûts éclectiques. Trop tôt pour être élevé au rang de classique mais lorsqu’il s’agira d’évoquer les collaborations reggae/hip-hop, il y a fort à parier que ces projet de treize titres sera souvent cité. L’avenir nous fixera sur son statut discographique mais pour l’heure c’est tout simplement un excellent album.

18,5/20

Sortie: 30 Aout 2005
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Kanye West, Jon Brion, Devo Springsteen, Just Blaze, Warryn Campbell

Après un premier album salué par la critique et sanctionné d’une réussite commerciale et populaire, celui qui est désormais de venu le Louis Vuitton Don revient avec un tout nouvel seulement une année plus tard. Entretemps beaucoup de choses ont évolué. Il a remis sa casquette de brillant producteur et à récidivé en concoctant le premier disque de John Legend et l’excellent Be pour Common. il a également récolté moults récompenses pour son premier essai, est devenu une icône people et à beaucoup fait parler pour son arrogance et son égocentrisme plus qu’irritant. Il est génial et il le sait. Il le clame d’ailleurs dès qu’il en a l’occasion. Lui a tout compris à la musique,  lui sait comment faire des albums de qualité, lui est le nouveau roi des charts, transforme tout ce qu’il touche en or et met n’importe qui en tête des ventes avec une seule production. On en vient presqu’à souhaiter qu’il se fourvoie pour qu’un échec lui rabatte un peu le caquet. Ce ne sera pourtant pas pour tout de suite. Son retour est aussi monumental que son dernier projet solo. Non content d’aborder un thème inédit dans la vidéo (l’exploitation des enfants dans les mines de diamants en Afrique) avec cette voix si caractéristique devenue sa marque de fabrique, il pose sur un instrumental novateur imprégné de soul (comme d’habitude) et de variations speedées plus qu’accrocheuses. Diamonds From Sierra Leone fait de nouveau l’unanimité, écrasant la concurrence dans les charts et laissant de nouveau augurer d’un autre album de qualité. Avant qu’on ne puisse se remettre de cette grosse claque, il achève le boulot avec un autre uppercut musical répondant au nom de Gold Digger. Un beat ultra-entrainant rehaussé par la voix de Jamie Foxx qui se substitue à Ray Charles une fois de plus. Late Registration devient alors l’objet de toutes les attentes. Après tout Kanye n’a t’il pas déclaré précédemment que le hip-hop dépendait de lui?

Le Louis Vuitton Don sait parfaitement qu’il n’a pas droit à l’erreur. Il doit frapper plus fort, être encore plus costaud, ramener du lourd pour résumer. Première décision pour consacrer cette volonté, l’enrôlement de Jon Brion (producteur de Coldplay et Portishead pour ne citer qu’eux) comme arrangeur et producteur exécutif. Un choix qui va s’avérer plus que judicieux dans la mesure où il gommera les quelques imperfections constatées sur le précédent album. Le phrasé est mieux maitrisé, la voix plus posée et l’interprétation demeure toujours aussi gorgée d’émotion. Kanye passe de rappeur perfectible à bon rappeur. C’est déjà ça de gagné.  Deuxième nouveauté, Kanye joue la carte de la diversité en invitant des artistes de tous horizons. On retrouve ainsi des grands noms du rap (Jay-Z, Nas, Cam’ron) les MC’s « hot » du moment ( The Game, Paul Wall), des proches (Common, Consequence et John Legend même si la plupart de ses interventions ne sont pas créditées), un new comer dont beaucoup disent du bien (Lupe Fiasco) des chanteurs (Jamie Foxx, Brandy) et même un artiste pop-rock (Adam Levine des Maroon 5). Du beau monde. Côté production Ye produit la quasi-totalité du disque avec l’assistance de Jon Brion. Seul Just Blaze parvient à placer une de ses productions sur le projet.

L’album démarre plutôt fort avec le surprenant mais non moins ultra-mélodieux Heard ‘Em Say sur lequel Adam Levine signe un très bon refrain. Lupe fiasco ne manque pas non plus ses débuts sur le très bon Touch The Sky magistralement produit par un Just Blaze inspiré. Kanye évoque de nouveau son accident et de son parcours depuis celui-ci. Passons l’ultra-connu Gold Digger et attardons nous ce Drive Slow assez étrange. Pour une fois l’ambiance n’est pas soulful mais plutôt jazzy. Paul Wall s’en tire très bien sur cet instru qui n’est qu’un succédané du Shorty Wanna Be A Thug de 2Pac. Invité sudiste oblige, il se conclut même façon chopped & screwed mais s’avère moins saignant que les titres précédents. Kanye se permet de laisser le micro à Common le temps du très bref My Way Home sur un sample de Gil Scott-Heron. Retour aux rimes avec le nerveux Crack Music dont The Game signe le refrain et le correct Roses qui nous fait tout de même penser au célèbre poème The Rose Growth With Concrete de 2Pac. Changement de registre avec l’excellent Bring Me Down qui outre la prestation plus qu’honorable de Brandy présente l’avantage d’avoir été entièrement composé et joué avec de vrais instruments. Pas le moindre sample. Il revient cependant à ses bonnes vieilles méthodes dès le titre suivant Addiction, l’occasion pour lui de tourner en dérision les clichés du rap de façon plutôt brillante. Diamonds From Sierra Leone étant ultra-populaire, il se voit relégué au rang de bonus track et remplacer par un remix re-produit sur lequel Jigga se met en évidence noyant au passage Kanye en un seul couplet. Nas en fera de même sur We Major et ce ne sont pas les rallonges instrumentales de ce titre qui changeront cet état de fait. Ye se refait heureusement une santé en rendant hommage à sa mère sur le génial Hey Mama puis sur le captivant Celebration. Cam’ron adapte son flow pour rebooster ce Gone qui conclue l’album.  C’est du moins ce qu’on pense vu qu’outre Diamonds un autre inédit (le merveilleux Late) est disponible. Les possessuers de la version Européenne héritent d’un titre supplémentaire: l’excellent We Can Make It Better dans le pur style West avec ses voix pitchées et une fine équipe de rappeurs engagés (Talib Kweli, Common et Q-Tip)

Un pari réussi pour Kanye West au final qui réussi l’exploit de faire mieux que The College Dropout en livrant un album un poil meilleur. Mieux construit et plus diversifié que son prédécesseur, Late Registration est peut être le meilleur disque jamais fait par Kanye West à ce jour. Là où d’autres se seraient contenter de livrer une déclinaison du premier opus, lui choisi d’innover sans fondamentalement changer de recette cependant. Un autre diamant brut à mettre à son actif.

18,5/20

Tracklist

# Title Producer Length
1. « Wake Up Mr. West » Kanye West 0:41
2. « Heard ‘Em Say » (featuring Adam Levine of Maroon 5) Kanye West, Jon Brion* 3:23
3. « Touch the Sky » (featuring Lupe Fiasco) Just Blaze 3:57
4. « Gold Digger » (featuring Jamie Foxx) Kanye West, Jon Brion* 3:28
5. « Skit #1 » 0:33
6. « Drive Slow » (featuring Paul Wall & GLC) Kanye West 4:32
7. « My Way Home » (featuring Common) Kanye West 1:43
8. « Crack Music » (featuring The Game) Kanye West, Jon Brion* 4:31
9. « Roses » Kanye West, Jon Brion* 4:05
10. « Bring Me Down » (featuring Brandy) Kanye West, Jon Brion* 3:18
11. « Addiction » Kanye West, Jon Brion* 4:27
12. « Skit #2 » 0:31
13. « Diamonds from Sierra Leone (Remix) » (featuring Jay-Z) Kanye West, Jon Brion*, Devo Springsteen* 3:53
14. « We Major » (featuring Nas, Really Doe) Kanye West, Jon Brion*, Warryn Campbell* 7:28
15. « Skit #3 » 0:24
16. « Hey Mama«  Kanye West, Jon Brion* 5:05
17. « Celebration » Kanye West, Jon Brion* 3:18
18. « Skit #4 » 1:18
19. « Gone » (featuring Cam’ron, Consequence) Kanye West 6:02
20. « Diamonds from Sierra Leone » (bonus track) Kanye West, Jon Brion*, Devo Springsteen* 3:58
21. « Late » (hidden track) Kanye West 3:50

Sortie: 25 Avril 1995
Label: Infamous/ Loud/ RCA
Producteurs: Havoc, Q-Tip, Schott Free, Matt Life

1995, les ondes des radios spécialisées sont prises d’assaut par un titre sombre et ultra-efficace réalisé par un groupe alors inconnu du grand public hip-hop. Ces deux lascars n’en sont pas à leur premier coup d’essai vu qu’on apprendra plus tard qu’ils ont déjà sorti un album passé inaperçu. La donne a cependant changer avec ce Shook Ones Part II devenu depuis classique qui place directement le groupe en tête des révélations de l’année. Forts d’un contrat avec Loud Records et de ses accointances avec Nas (dont la street credibility était à son paroxysme), Mobb Deep profitera de son buzz grandissant pour livrer un album anthologique.

Dès les premières mesures on se retrouvent plongés dans l’univers embrumé des deux MC’s. On pensait ne plus avoir d’albums aussi sombres et réalistes depuis le classique Illmatic, et bien il faudra aussi compter avec The Infamous. Havoc et surtout Prodigy tutoient sans peine la véracité de Nas et apportent même une plus-value avec des histoires encore plus ancrées dans les rues sales du Queensbridge. Une ambiance sonore glauque transpirant le bitume et empestant la violence à des lieux à la ronde. L’album porte très bien son nom (The Infamous) et cette atmosphère de guérilla urbaine magnifiquement illustrée par les instrumentaux lourds et crasseux d’Havoc marquera à jamais l’histoire du rap au point de devenir la marque de fabrique du groupe. Une équation gagnante que la plupart de leurs homologues se chargeront de décliner sans arrêt par la suite. Les beats sont tous simplement irréprochables et n’ont toujours pas pris une ride. Même les guests producers se mettent au diapason et livrent des sons dans la lignée de ceux du beatmaker principal.

Au niveau du Mceeing, l’album atteint également des sommets rarement égalés. Prodigy n’a jamais aussi bien porté son pseudonyme, tant sa performance est énorme. S’il apparait un tantinet moins tranchant, Havoc se distingue lui aussi et brille presqu’autant que derrière ses machines. L’alchimie entre les deux rappeurs est si communicative qu’elle contamine les rares invités (Nas, Raekwon et Ghostface Killah du Wu-Tang, sans oublier les proches comme Infamous Mobb) qui se fondent totalement au décor. On se laisse séduire par les récits poignants et ultra-réalistes savamment narrés par les deux rappeurs avec une implication qui frise la perfection. Les classics tracks s’enchaînent sans retenue (Survival Of The Fittest, Shook Ones Part II, Cradle To The Grave, Trife Life, Party Over, Eye For An Eye pour ne citer que celles-la) et transportent directement l’auditeur dans les ruelles sombres de QB sans décalage horaire. La pression ne retombe pratiquement jamais et l’album se consomme d’une seule traite comme une bouffée de crack. Il n’y a aucun déchet à déplorer.

The Infamous est à n’en point douter leur meilleur album à ce jour. Un classique intemporel dont l’influence ne sera jamais démentie au même titre qu’ Illmatic, Enter The Wu ou encore Reasonable Doubt. Un disque à posséder absolument pour tout fan de rap new-yorkais et de rap tout court.

19/20

Tracklist

# Title Performer(s) Producer(s) Samples[17] Length
1 « The Start of Your Ending (41st Side) »
  • Intro: Havoc
  • First verse: Havoc
  • Second verse: Prodigy
  • Outro: Prodigy / Havoc
Havoc 4:24
2 « (The Infamous Prelude) »
  • Performed by Prodigy
2:22
3 « Survival of the Fittest« 
  • Intro: Prodigy
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Havoc / Prodigy
  • Second verse: Havoc
  • Outro: Prodigy
Havoc 3:43
4 « Eye for a Eye (Your Beef Is Mines) »
  • First Chorus: Prodigy
  • First verse: Prodigy
  • Second verse: Havoc
  • Second Chorus: Havoc
  • Third Verse: Nas
  • Fourth verse: Raekwon
  • Final Chorus: Nas / Raekwon
  • Outro: Raekwon
Havoc 4:54
5 « (Just Step Prelude) » 1:06
6 « Give Up the Goods (Just Step) »
  • Intro: Prodigy
  • First verse: Prodigy
  • Second verse: Big Noyd
  • Third verse: Havoc
  • Chorus: Prodigy
  • Fourth verse: Prodigy
Q-Tip 4:02
7 « Temperature’s Rising« 
  • First verse: Havoc
  • Chorus: Crystal Johnson
  • Second verse: Prodigy
  • Outro: Crystal Johnson
Q-Tip
(Co-produced
by Mobb Deep)
5:00
8 « Up North Trip »
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Prodigy / Havoc
  • Second verse: Havoc
  • Third verse: Prodigy
Havoc 4:58
9 « Trife Life »
  • Intro: Havoc / Prodigy
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Prodigy / Havoc
  • Second: Havoc
Havoc 5:19
10 « Q.U.-Hectic »
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Prodigy / Havoc
  • Second verse: Havoc
  • Third verse: Prodigy
Havoc 4:55
11 « Right Back at You »
  • Intro: Havoc
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Prodigy
  • Second verse: Havoc
  • Third verse: Ghostface Killah / Raekwon
  • Fourth verse: Big Noyd
Havoc
(Co-produced by Schott Free)
4:52
12 « (The Grave Prelude) »
  • Performed by: Havoc / Prodigy / Big Noyd
0:30
13 « Cradle to the Grave »
  • First verse: Prodigy / Havoc
  • Chorus: Havoc / Prodigy
  • Second verse: Havoc / Prodigy
Havoc 5:16
14 « Drink Away the Pain (Situations) »
  • First verse: Prodigy
  • First Chorus: Prodigy
  • Second verse: Q-Tip
  • Third verse: Havoc
  • Final Chorus: Havoc
  • Outro: Prodigy
Q-Tip
(Co-produced
by Mobb Deep)
4:44
15 « Shook Ones Pt. II« 
  • First verse: Prodigy
  • Chorus: Prodigy / Havoc
  • Second verse: Havoc
  • Outro: Havoc
Havoc
  • « Kitty With The Bent Frame » by Quincy Jones
  • « Dirty Feet » by Daly Wilson Big Band
  • « Thackeray Meets Faculty, Then Alone » by Ron Grainer
5:24
16 « Party Over »
  • First Chorus: Matt Life
  • First verse: Prodigy
  • Second verse: Havoc
  • Second Chorus: Prodigy / Havoc
  • Third verse: Big Noyd
  • Fourth verse: Prodigy
Mobb Deep
(Co-produced
by Matt Life)
5:40

Sortie: 18 Décembre 2001
Label: Ill Will/ Columbia
Producteurs: Baby Paul, Chucky Thompson, DJ Premier, Hangmen 3, L.E.S., Large Professor, Lofey, Megahertz Music Group, Mike Risko, Nas, Ron Browz, Salaam Remi, Trackmasters Entertainment, Precision

Auteur d’un classique intemporel suivi d’un album de très bonne facture, Nas s’est ensuite égaré dans d’aventureuses contrées musicales au point de finir par être considéré par certains comme un MC parmi tant d’autres. Les aficionados se demandaient bien qu’est ce qui pourrait tirer le Street Poet de sa léthargie. Le réveil viendra de son ennemi d’alors, Jay-Z qui s’en prend vertement à lui sur son titre Take Over. Nas se devait donc de réagir et de revenir aux fondamentaux de son art.

C’est chose faite avec cet album dont le seul intitulé laisse augurer d’un retour aux sources. Nas revient à ce qui faisait sa force. Une plume toujours affutée, une vision du monde toujours aussi lucide et une dextérité microphonique toujours présente. Le Street Poet n’a vraiment rien perdu de sa verve. Il le prouve notamment sur le brillantissime One Mic. Un beat dépouillé ponctué de variations speedés qui permettent à Nas d’accélérer son flow par moment et ce sans jamais perdre le fil du morceau. Un de ses tout-meilleurs titres. On retrouve également certains vieux collaborateurs qui avaient été plus ou moins laissé de côté sur les albums précédents. Large Professor signe ainsi son grand retour derrière les manettes le temps de deux titres. AZ est également de la partie pour un The Flyest qui s’il n’est pas du niveau du classique Life’s A Bitch n’en demeure pas moins excellent.

Pour le reste Nas reste fidèle à lui-même et livre enfin ce qu’ on attendait de lui depuis plusieurs albums. Non content de remettre les pendules à l’heure avec Got Urself A Gun (hommage à 2Pac et Biggie bien plus convaincant que le mou We Will Survive de l’album I Am…), il atteint de nouveau des sommets lyricaux avec les très bons My Country (qui rappelle vaguement un World Is Yours) et What Goes Around. Sa nouvelle combinaison avec DJ Premier s’avère comme d’habitude étincelante. 2nd Childhood est tout simplement du Nas dans sa plus pure expression. Il en profite également pour régler ses comptes sur deux titres incisifs. La boucherie Ether, cinglante reponse à Take Over où il détourne le I Will Not Lose lâché par Jay-Z lui-même. Jigga et sa team en prenne sérieusement pour leur grade sur ce coup. Destroy & Rebuild est également l’occasion de s’attaquer à ses anciens compagnons de route, Nature, Cormega et également Prodigy. D’aucun trouveraient ces brûlots inopportuns, mais il faut tout de même reconnaitre la qualité de ces deux morceaux. Seul bémol de cet album, le titre Rule qui invite Amerie sur une boucle plus que grillée, histoire d’assurer les ventes.

En définitive un retour en très grande forme de Nas qui redevient simplement Nas le rappeur. S’il se veut un nouvel Illmatic, cet album ne l’atteint malheureusement pas mais à au moins le mérite de nous rappeler que le Street Poet est toujours là en plus de relancer la carrière de Nas qui, avouons-le, prenait un virage dangereux. Pas un classique mais un album post-2000 indispensable.

17/20

Tracklist

# Title Length Performer(s) Producer(s) Samples
1 « Stillmatic (The Intro) » 2:11 Nas Hangmen 3
2 « Ether«  4:37 Nas Ron Browz
3 « Got Ur Self A…«  3:48 Nas Megahertz Music Group
4 « Smokin' » 3:47 Nas Nas & Precision
5 « You’re Da Man » 3:26 Nas Large Professor
  • Contains samples from « Sugar Man » by David Holmes, written by Jesus Rodriguez
  • Contains samples from « Theme from Exodus » as written by Pat Boone & Ernest Gold
6 « Rewind » 2:13 Nas Large Professor
  • Contains samples from « It’s Yours » by T La Rock, written by Rick Rubin and Kevin Keaton
  • Contains samples from « Monkey Island » by The J. Geils Band
  • Contains samples from « I’m Not Rough » by The J. Geils Band
7 « One Mic«  4:28 Nas Nas & Chucky Thompson for The Hitmen
8 « 2nd Childhood » 3:51 Nas DJ Premier
  • Contains samples from « Born to Love » by Peabo Bryson & Roberta Flack, written by Peabo Bryson
  • Contains samples from « Da Bridge 2001 » by QB’s Finest
  • Contains samples from « N.Y. State of Mind Pt. II » by Nas
9 « Destroy & Rebuild » 5:24 Nas Baby Paul & Mike Risko
10 « The Flyest » 4:38 Nas (feat. AZ) L.E.S.
  • Contains samples from « Child of Tomorrow » by Badder Than Evil
11 « Rule«  4:32 Nas (feat. Amerie) Trackmasters Entertainment
12 « My Country » 5:12 Nas Lofey
13 « What Goes Around » 4:59 Nas Salaam Remi
14 « Every Ghetto » 3:28 Nas L.E.S.
  • Contains samples from « Main Title » (The Eiger Sanction) by John Williams

Sortie: 23 Novembre 1999
Label: Ill Will/ Columbia
Producteurs: L.E.S., Dame Grease, DJ Premier, Havoc, Timbaland, Rich Nice, Nashiem Myrick & Carlos Broady

Le moins que l’on puisse affirmer est que la côte de Nas n’est pas au mieux en cette fin d’année 2000. En dépit du succès commercial d’It Was Written et I Am… ses deux précédents albums, le street poet est la cible de critiques plus ou moins acerbes d’une frange de plus en plus grandissante de listeners lui reprochant de s’être dilué au contact du dollar-roi. I Am… s’était ainsi pris une volée de bois vert de la part des hip-hop heads horrifiés de voir l’une de leurs valeurs sures sombrer dans la facilité. Honni par la base, Nas se devait donc de réagir au plus vite. Première nouveauté, la création d’Ill Will Records, son propre label. Annonce d’une résurrection musicale ou plongée encore plus profonde dans le clinquant milieu de l’entertainment? Nous n’aurons pour seule réponse qu’une volonté affirmée d’assumer son indépendance (surtout que l’interventionnisme de Steve Stoute a en partie été la cause des critiques faites à l’opus précédent). Soit mais qu’en est-il du futur? Pas de quoi paniquer, Nas annonce la sortie prochaines des titres retirés de la tracklist originelle de I Am… Réputés plus consensuels, ces sons dont on a pu entendre quelques bribes sur diverses mixtapes laissaient à penser que Nasir Jones reviendrait encore plus fort après un album décevant. Qu’importe alors que ce futur disque d’Unrealesed tracks sorte la même année que son prédécesseur multi-platiné. Du moment que son auteur revient à la rue c’est toujours ça de gagner. Nas a cependant plus d’un tour dans son sac. Il surprend tout le monde en révélant être retourné en studio enregistrer un nouvel album. Ce ne seront donc pas des chutes de studios mais un véritable album qui sera livré. Seul hic au vu de sa dernière sortie, on est plutôt tentés de ne pas mourir d’impatience et de nous contenter d’un « Attendons voir ce que ça donne ». Arrive enfin le premier single « sobrement » intitulé Nastradamus (du même titre que l’album). Ce titre était censé annoncé son retour aux affaires, mais il s’avère peu captivant et surtout peu convaincant. Le sample de James Brown, usiné par un L.E.S. de moins en moins inspiré, conserve un minimum d’efficacité, mais cela s’avère insuffisant pour nous rassurer. Devant l’accueil mitigé de cet éclaireur, Nas décide de sortir directement le disque.
On avait tous espéré la grande résurrection de Nas avec cet album, mais les écoutes des différentes pistes viennent confirmer qu’il s’enfonce de plus en plus. Nas n’a jamais été aussi décevant que sur ce disque. Performances en dents de scie, mauvais choix de productions, featurings peu fructueux, Nas est vraiment en petite forme sur ce disque. Pis il semble avoir égaré sa plume légendaire lors des sessions d’I Am… Pour du Nas l’album s’avère pénible à écouter. On y trouve même deux titres franchement agaçants: un Big Girl sans aucun relief et un New World plus que faiblard reprenant un sample des plus grillés (Africa de Toto) produit par un L.E.S. définitivement hors du coup sur cet album. Même sa collaboration avec DJ Premier (Come Get Me) s’avère peu captivante. Un titre moyen à des années-lumière des New York State Of Mind et autres Nas Is Like. D’autres titres tout aussi ternes comme God Love Us ou Some Of Us Have Angels plombent aussi l’album. Tout comme un Quiet Niggas irritant où s’invitent les Bravehearts.
Heureusement un MC du calibre de Nas ne peut définitivement se complaire dans ce boui-boui quelconque. Il revient heureusement à lui de temps à autres sur des titres plus conformes à ce qu’on était en droit d’attendre de lui. Life We Choose où il revient sur le côté obscur de la vie de star et l’efficace Last Words en duo avec Nashawn viennent relever le niveau. Ses deux collaborations avec Havoc (à la production sur le sublime Shoot’Em Up puis au micro avec son acolyte de Mobb Deep, Prodigy, sur Family ) sont deux des hauts faits de ce disque. Le mélancolique Project Windows en collaboration avec Ron Isley est lui aussi de bonne facture, mais c’est trop peu pour un album qui était censé marqué un tournant dans la carrière de Nas. Au point que le hit You Owe Me boosté par Ginuwine sur une production de Timbaland s’avère presque convaincant au vu du manque d’éclat de cette copie rendue. Nas nous avait habitué à de l’excellent on ne peu se contenter du moyen.
Vous l’aurez donc compris cet album est en tous points perfectible et pourrait aisément être taxé d’indigne de Nas. Le point culminant de sa régression artistique est atteint avec ce projet insipide au regard de sa discographie. Quelques titres intéressants mais franchement trop moyen pour du Nasir Jones. Un de ses projets les plus mitigés.

12/20

Tracklist:

  1. The Prediction [Produced by Rich Nice]
  2. Life We Choose [Produced by L.E.S.]
  3. Nastradamus [produced by L.E.S.]
  4. Some Of Us Have Angels [Produced by Dame Grease]
  5. Project Windows (Featuring Ronald Isley) [Produced by Nashiem Myrick and Carlos Brody. Reproduced by Poke & Tone]
  6. Come Get Me [Produced by DJ Premier]
  7. Shoot ‘Em Up [Produced by Havoc]
  8. Last Words (Featuring Nashawn Millenium Thug) [Produced by L.E.S.]
  9. Family (Featuring Mobb Deep) [Produced by Dame Grease]
  10. God Love Us [Produced by Dame Grease]
  11. Quiet Niggas (Featuring The Bravehearts) [Produced by Dame Grease]
  12. Big Girl [Produced by L.E.S.]
  13. New World [Produced by L.E.S.]
  14. U Owe Me (Featuring Ginuwine) [Produced by Timbaland]
  15. The Outcome [Produced by Rich Nice]