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Les pétards mouillés du Rap Us (2001-2006).

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Un certain nombre d’albums ont bénéficié d’un buzz énorme ou ont motivé un certain nombre d’attentes tant de la part du public que de la presse spécialisée et ont été au final loin d’être à  la hauteur de l’agitation qu’ils ont suscitée. Le but de cette série d’articles est de vous faire redécouvrir ces pétards …

viaLes pétards mouillés du Rap Us 1996-2000.

Sortie: 30 Aout 2005
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Kanye West, Jon Brion, Devo Springsteen, Just Blaze, Warryn Campbell

Après un premier album salué par la critique et sanctionné d’une réussite commerciale et populaire, celui qui est désormais de venu le Louis Vuitton Don revient avec un tout nouvel seulement une année plus tard. Entretemps beaucoup de choses ont évolué. Il a remis sa casquette de brillant producteur et à récidivé en concoctant le premier disque de John Legend et l’excellent Be pour Common. il a également récolté moults récompenses pour son premier essai, est devenu une icône people et à beaucoup fait parler pour son arrogance et son égocentrisme plus qu’irritant. Il est génial et il le sait. Il le clame d’ailleurs dès qu’il en a l’occasion. Lui a tout compris à la musique,  lui sait comment faire des albums de qualité, lui est le nouveau roi des charts, transforme tout ce qu’il touche en or et met n’importe qui en tête des ventes avec une seule production. On en vient presqu’à souhaiter qu’il se fourvoie pour qu’un échec lui rabatte un peu le caquet. Ce ne sera pourtant pas pour tout de suite. Son retour est aussi monumental que son dernier projet solo. Non content d’aborder un thème inédit dans la vidéo (l’exploitation des enfants dans les mines de diamants en Afrique) avec cette voix si caractéristique devenue sa marque de fabrique, il pose sur un instrumental novateur imprégné de soul (comme d’habitude) et de variations speedées plus qu’accrocheuses. Diamonds From Sierra Leone fait de nouveau l’unanimité, écrasant la concurrence dans les charts et laissant de nouveau augurer d’un autre album de qualité. Avant qu’on ne puisse se remettre de cette grosse claque, il achève le boulot avec un autre uppercut musical répondant au nom de Gold Digger. Un beat ultra-entrainant rehaussé par la voix de Jamie Foxx qui se substitue à Ray Charles une fois de plus. Late Registration devient alors l’objet de toutes les attentes. Après tout Kanye n’a t’il pas déclaré précédemment que le hip-hop dépendait de lui?

Le Louis Vuitton Don sait parfaitement qu’il n’a pas droit à l’erreur. Il doit frapper plus fort, être encore plus costaud, ramener du lourd pour résumer. Première décision pour consacrer cette volonté, l’enrôlement de Jon Brion (producteur de Coldplay et Portishead pour ne citer qu’eux) comme arrangeur et producteur exécutif. Un choix qui va s’avérer plus que judicieux dans la mesure où il gommera les quelques imperfections constatées sur le précédent album. Le phrasé est mieux maitrisé, la voix plus posée et l’interprétation demeure toujours aussi gorgée d’émotion. Kanye passe de rappeur perfectible à bon rappeur. C’est déjà ça de gagné.  Deuxième nouveauté, Kanye joue la carte de la diversité en invitant des artistes de tous horizons. On retrouve ainsi des grands noms du rap (Jay-Z, Nas, Cam’ron) les MC’s « hot » du moment ( The Game, Paul Wall), des proches (Common, Consequence et John Legend même si la plupart de ses interventions ne sont pas créditées), un new comer dont beaucoup disent du bien (Lupe Fiasco) des chanteurs (Jamie Foxx, Brandy) et même un artiste pop-rock (Adam Levine des Maroon 5). Du beau monde. Côté production Ye produit la quasi-totalité du disque avec l’assistance de Jon Brion. Seul Just Blaze parvient à placer une de ses productions sur le projet.

L’album démarre plutôt fort avec le surprenant mais non moins ultra-mélodieux Heard ‘Em Say sur lequel Adam Levine signe un très bon refrain. Lupe fiasco ne manque pas non plus ses débuts sur le très bon Touch The Sky magistralement produit par un Just Blaze inspiré. Kanye évoque de nouveau son accident et de son parcours depuis celui-ci. Passons l’ultra-connu Gold Digger et attardons nous ce Drive Slow assez étrange. Pour une fois l’ambiance n’est pas soulful mais plutôt jazzy. Paul Wall s’en tire très bien sur cet instru qui n’est qu’un succédané du Shorty Wanna Be A Thug de 2Pac. Invité sudiste oblige, il se conclut même façon chopped & screwed mais s’avère moins saignant que les titres précédents. Kanye se permet de laisser le micro à Common le temps du très bref My Way Home sur un sample de Gil Scott-Heron. Retour aux rimes avec le nerveux Crack Music dont The Game signe le refrain et le correct Roses qui nous fait tout de même penser au célèbre poème The Rose Growth With Concrete de 2Pac. Changement de registre avec l’excellent Bring Me Down qui outre la prestation plus qu’honorable de Brandy présente l’avantage d’avoir été entièrement composé et joué avec de vrais instruments. Pas le moindre sample. Il revient cependant à ses bonnes vieilles méthodes dès le titre suivant Addiction, l’occasion pour lui de tourner en dérision les clichés du rap de façon plutôt brillante. Diamonds From Sierra Leone étant ultra-populaire, il se voit relégué au rang de bonus track et remplacer par un remix re-produit sur lequel Jigga se met en évidence noyant au passage Kanye en un seul couplet. Nas en fera de même sur We Major et ce ne sont pas les rallonges instrumentales de ce titre qui changeront cet état de fait. Ye se refait heureusement une santé en rendant hommage à sa mère sur le génial Hey Mama puis sur le captivant Celebration. Cam’ron adapte son flow pour rebooster ce Gone qui conclue l’album.  C’est du moins ce qu’on pense vu qu’outre Diamonds un autre inédit (le merveilleux Late) est disponible. Les possessuers de la version Européenne héritent d’un titre supplémentaire: l’excellent We Can Make It Better dans le pur style West avec ses voix pitchées et une fine équipe de rappeurs engagés (Talib Kweli, Common et Q-Tip)

Un pari réussi pour Kanye West au final qui réussi l’exploit de faire mieux que The College Dropout en livrant un album un poil meilleur. Mieux construit et plus diversifié que son prédécesseur, Late Registration est peut être le meilleur disque jamais fait par Kanye West à ce jour. Là où d’autres se seraient contenter de livrer une déclinaison du premier opus, lui choisi d’innover sans fondamentalement changer de recette cependant. Un autre diamant brut à mettre à son actif.

18,5/20

Tracklist

# Title Producer Length
1. « Wake Up Mr. West » Kanye West 0:41
2. « Heard ‘Em Say » (featuring Adam Levine of Maroon 5) Kanye West, Jon Brion* 3:23
3. « Touch the Sky » (featuring Lupe Fiasco) Just Blaze 3:57
4. « Gold Digger » (featuring Jamie Foxx) Kanye West, Jon Brion* 3:28
5. « Skit #1 » 0:33
6. « Drive Slow » (featuring Paul Wall & GLC) Kanye West 4:32
7. « My Way Home » (featuring Common) Kanye West 1:43
8. « Crack Music » (featuring The Game) Kanye West, Jon Brion* 4:31
9. « Roses » Kanye West, Jon Brion* 4:05
10. « Bring Me Down » (featuring Brandy) Kanye West, Jon Brion* 3:18
11. « Addiction » Kanye West, Jon Brion* 4:27
12. « Skit #2 » 0:31
13. « Diamonds from Sierra Leone (Remix) » (featuring Jay-Z) Kanye West, Jon Brion*, Devo Springsteen* 3:53
14. « We Major » (featuring Nas, Really Doe) Kanye West, Jon Brion*, Warryn Campbell* 7:28
15. « Skit #3 » 0:24
16. « Hey Mama«  Kanye West, Jon Brion* 5:05
17. « Celebration » Kanye West, Jon Brion* 3:18
18. « Skit #4 » 1:18
19. « Gone » (featuring Cam’ron, Consequence) Kanye West 6:02
20. « Diamonds from Sierra Leone » (bonus track) Kanye West, Jon Brion*, Devo Springsteen* 3:58
21. « Late » (hidden track) Kanye West 3:50

Sortie: 10 Février 2004
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Kanye West, Evidence

Révélé à la production sur This Can’t Be Life de l’album de Jay-Z The Dynasty, Kanye West n’a depuis cessé de prendre du galon au point d’être promu producteur principal du classique The Blueprint. Avec ses boucles de soul 70s plus ou moins triturées,  il a ramené du sang neuf dans l’art du beatmaking qui commençait à tourner en rond. Dès lors il sera fréquemment sollicité par des artistes de divers horizons au point d’être débordé de travail et de sacrifier sa santé pour honorer les délais. Toutes choses qui finiront par l’épuiser et lui feront faire un accident de voiture dont il porte encore les séquelles. Une opération de la mâchoire plus tard et le revoici d’attaque pour délivrer une autre rafale de tubes, volant même la vedette aux Neptunes et Timbaland dans le top des beatmakers les plus « hot ». Ce que la plupart des gens ignore est que Kanye taquine aussi le micro et entend faire une carrière solo. Personne ne soupçonnera rien jusqu’à la sortie du remix du Get By de Talib Kweli (produit par lui) sur lequel il fera entendre sa voix aux côtés de celles de Busta Rhymes et Jay-Z. Loin d’être noyé par les autres figurants, il va s’inspirer de ce premier essai encourageant pour se mettre à travailler son premier album. C’est ainsi que sortira son premier single: Through The Wire, titre fort sur lequel il revient sur son accident avec émotion. En dépit d’un flow manquant de technicité, ses lyrics font mouche, tout comme le sample speedé de la voix de Chaka Kahn qui donnera tout son relief au morceau. Fort de ce succès, il parvient à convaincre ses patrons de Roc-A-Fella de lui accorder leur confiance. The College Dropout commence alors à prendre forme. Un deuxième single tout aussi percutant arrivera sur les ondes un peu plus tard, mettant dans la poche un public béat d’admiration. Slow Jamz squattera les ondes avec sa ritournelle plus soul que jamais, ses samples où l’on reconnait les voix de Ron Isley et R. Kelly entre autres et les interventions remarquables de Jamie Foxx et Twista. Kanye est enfin prêt à prendre d’assaut les bacs avec un album entièrement produit par ses soins.

Premier constat à l’écoute, les limites flowistiques de Kanye. S’il est vrai que les producteurs sont rarement brillants derrière le micro, son phrasé inspiré de celui de Jay-Z et sa voix limite nasillarde ne sont pas des plus captivants. Mais c’est aussi ce qui fait et fera sa particularité dans le rap game. Il n’est pas un technicien de la rime, il est incapable de nous sortir des phases assassines et des punchlines de choix. Il n’a pas un flow de dingue ou des lyrics multisyllabiques à vous couper le souffle. Pas vraiment le profil du client sortant des battles et forgé au Lyricist Lounge. Il est simplement lui sans grande prétention, conscient de ses faiblesses microphonique et ne cherchant en aucun cas à surenchérir. Si sa façon de poser tient parfois de la leçon bien récitée, elle a tout de même un charme inexplicable. S’il n’a pas la technique, il a pour lui la justesse de l’interprétation et sans atteindre des sommets il se distingue en abordant des thèmes relativement inédits (rencontre par internet, emploi chez Gap…) et des lyrics conscients. Il évoque ainsi l’esprit de famille (Family Business), l’éducation (Graduation Day, School Spirit) et parle même de religion sur le sublime Jesus Walks.

Mais le point faire de l’album est indubitablement sa qualité musicale. On n’avait plus eu un album aussi remarquablement produit depuis Chronic 2001. Un véritable bijou serti de pépites plus brillantes les unes que les autres qu’on ne se lasse pas d’admirer. Son procédé de voix soul se voix ici rehaussée d’instruments live et d’interprétations brillantes de sous-traitants de choix (au nombre desquels un John Legend alors totalement inconnu) est porté aux nues, enrobant l’album d’une couche rétro incroyablement emballante. On croirait presque être revenu dans les années 70 et c’est à peine si on ne s’attend pas à voir Marvin Gaye ou Curtis Mayfield débarqué sur les instrumentaux. Un sommet encore jamais atteint auparavant dans le rap. Une véritable réinvention de la soul. Les perles sont légions ( We Don’t Care, le merveilleux All Falls Down gorgée de soul pure sur lequel Syleena Johnson supplée Lauryn Hill avec brio, l’excellentissime Spaceship avec GLC & Consequence, l’entrainant Breathe In, Breathe Out avec un Ludacris au sommet ou encore le brillantissime Two Words avec Freeway, Mos Def et The Harlem Boys Choir) et on en vient réellement à manquer de qualificatifs pour faire part de notre émerveillement. Les collaborations s’avèrent également de premier choix avec outre les titres précédemment cités un Get ‘Em High de qualité sur lequel il convie la crème des conscious rappers de l’époque (Talib Kweli et Common) ainsi qu’un brillant Never Let Me DownJay-Z l’accompagne. Même le morceau final à rallonge (plus de 12 minutes) produit par Evidence (unique producteur extérieur à intervenir) séduit tout autant.

Au final un album des plus plaisants, musicalement très mature et qui séduira sans peine (à moins que vous ne soyez allergiques à la soul et à la voix de Kanye). Pour un premier disque il place la barre très haute et livre un des meilleurs albums de ce début de millénaire. Il prouve également qu’il est possible de prospérer dans le hip-hop en étant le plus personnel possible sans pour autant sombrer dans les clichés racailleux. Un pur moment de black-music.

18.5/20

Tracklist

# Title Music Sample(s) Length
1. « Intro » (West) 0:19
2. « We Don’t Care » (West/Vannelli)
  • Contains a sample of « I Just Wanna Stop » performed by The Jimmy Castor Bunch
3:59
3. « Graduation Day » (West)
  • Piano and vocals: John Legend
  • Violin: Miri Ben-Ari
1:22
4. « All Falls Down » (feat. Syleena Johnson) (West/Hill)
  • Guitar: Eric « E-Bass » Johnson
  • Acoustic Guitar: Ken Lewis
  • Contains an interpolation of « Mystery of Iniquity » performed by Lauryn Hill
3:43
5. « I’ll Fly Away » (Brumley)
  • Additional vocals: Tony Williams, Deray
  • Piano: Ervin « EP » Pope
1:09
6. « Spaceship » (feat. GLC, Consequence) (West/Williams/Harris/Mills/Gaye/Gordy/Greene)
  • Additional vocals: Tony Williams, John Legend
  • Contains a sample of « Distant Lover » performed by Marvin Gaye
5:24
7. « Jesus Walks » (West/Smith)
  • Additional vocals: John Legend
  • Violin: Miri Ben-Ari
3:13
8. « Never Let Me Down » (feat. Jay-Z, J. Ivy) (West/Carter/Richardson/Bolton/Kulick)
  • Background vocals: John Legend, Tracie Spencer
  • Keyboards: Ervin « EP » Pope
  • Guitar: Glenn Jefferey
  • Sample recreated and performed by Ken Lewis
  • Contains a sample of « Maybe It’s the Power of Love » performed by Blackjack
5:24
9. « Get ‘Em High » (feat. Talib Kweli, Common) (West/Greene/Lynn)
  • Additional vocals: Sumeke Rainey
4:49
10. « Workout Plan » (West)
  • Vocals: Candis Brown, Brandi Kuykenvall, Tiera Singleton
0:46
11. « The New Workout Plan » (West)
  • Additional vocals: John Legend, Sumeke Rainey
  • Talkbox: Bosko
  • Guitar: Eric « E-Bass » Johnson
  • Piano: Ervin « EP » Pope
  • Violin: Miri Ben-Ari
5:22
12. « Slow Jamz » (feat. Twista, Jamie Foxx) (West/Mitchell/Bacharach/David)
  • Additional vocals: Aisha Tyler
  • Keyboards: Ervin « EP » Pope
  • Guitar: Glen Jefferey
  • Contains a sample of « A House is Not a Home » performed by Luther Vandross
5:16
13. « Breathe In, Breathe Out » (feat. Ludacris) (West/Miller)
  • Violins: Miri Ben-Ari
4:06
14. « School Spirit Skit 1 » (West) 1:18
15. « School Spirit » (West/Franklin)
  • Additional vocals: Tony Williams
  • Contains a sample of « Spirit in the Dark » performed by Aretha Franklin
3:02
16. « School Spirit Skit 2 » (West)
  • Vocals: Deray
0:43
17. « Lil Jimmy Skit » (West)
  • Additional vocals by Tony Williams
  • Piano: Ervin « EP » Pope
0:53
18. « Two Words » (feat. Mos Def, Freeway, The Harlem Boys Choir) (West/Smith/Pridgen/Wilson/Wilson/Wilson)
  • Keyboards: Keith Slattery
  • Violins: Miri Ben-Ari
  • Contains a sample of « Peace And Love (Amani Na Mapenzi) – Movement III (Encounter) » performed by Mandrill
4:26
19. « Through the Wire » (West/Foster/Keane/Weil)
  • Contains a sample of « Through the Fire » performed by Chaka Khan
3:41
20. « Family Business » (West)
  • Additional vocals: Thomasina Atkins, Linda Petty, Beverly McCargo, Lavel Mena, Thai Jones, Kevin Shannon, Tarey Torae
  • Piano: Josh Zandman
  • Contains a sample from The Dells – Fonky Thang (Vocal sample)
  • Additional instrumentation: Ken Lewis
4:38
21. « Last Call » (West/Perretta)
  • Additional vocals: John Legend, Tony Williams, Ken Lewis
  • Piano: Ervin « EP » Pope
  • Guitar: Ken Lewis, Glenn Jefferey
  • Keyboard: Ken Lewis
  • Percussion: Ken Lewis
  • Contains a sample from « Mr. Rockefeller » by

Sortie: 6 Novembre 2007
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: P. Diddy & The Hitmen (Mario Winans, Sean C & LV), Just Blaze, The Neptunes, No I.D., Jermaine Dupri, DJ Toomp, F.R.E.A.K., Bigg D, Chris Flame, Idris Elba

On avait quitté Jay-Z après un Kingdom Come plutôt mitigé. Si son retour fut un nouveau succès commercial, il n’en est pas de même pour une critique de plus en plus assassine. President Carter ne s’apitoiera pourtant pas sur cette sortie qui appartient déjà au passé. Il est un homme de défis (il l’a maintes fois prouvé) et est bien décidé à s’en trouver de nouveaux, au micro ou dans les hautes sphères financières.

La résurrection viendra du cinéma. Subjugué par le film de Ridley Scott, American Gangster, Jay y voit un parallèle avec sa vie et décide d’enregistrer un album reprenant le concept du film. C’est bien la première fois qu’il se lance dans un projet de ce type avec un fil conducteur aussi précis. Ses proches se veulent d’ailleurs formels: il ne s’éloignera pas du concept. Beaucoup se prennent du coup à rêver à un nouveau Reasonable Doubt, encore plus cohérent. Rien ne filtre sur l’identité des éventuels contributeurs, laissant tout le monde dans l’expectative et ce jusqu’à ce que le premier single Blue Magic soit dévoilé. Un titre à la ligne de basse épurée, limite minimaliste produit par The Neptunes. Bonne nouvelle Jay-Z revient à ce qui faisait sa force. Voix limpide, rimes percutantes, flow travaillé. Si l’instrumental n’est pas du goût de tous et que le refrain de Pharrell Williams gâche un peu le morceau, il n’en demeure pas moins une très bonne mise en bouche pour la suite. Quelques semaines plus tard le deuxième single est lancé à son tour. On est plus que surpris de voir qu’il est l’oeuvre de P. Diddy et ses néo-Hitmen: Sean C & LV. On craint déjà qu’il ne nous refasse le coup d’In My Lifetime. Il n’en est cependant rien. Roc Boys bénéficie d’un ambiance soul 70s rappelant le meilleur de Kanye West. Un morceau plutôt réussi s’intégrant bien au concept de l’album. Dans la foulée la tracklist est enfin dévoilée et c’est avec quelques réserves qu’on constate que l’essentiel des productions ont été confiées à P. Diddy, Sean C & LV (six titres sur les quatorze que compte l’album). Autre surprise de taille: l’absence de Kanye West, sans doute trop occupé par la promotion de Graduation. Just Blaze ne signe que deux titres et Jermaine Dupri tape l’incruste. Des noms qui sont loin de rassurer, surtout qu’un autre morceau signé des Neptunes (I Know) sort deux jours seulement avant la sortie officielle de l’album sans qu’on comprenne trop le pourquoi de la démarche. Ce titre plutôt light aura pour principal mérite de semer encore plus le trouble à défaut de séduire le grand public.

Contrairement à ce que laissait entrevoir la tracklist hâtivement jugée peu convaincante, l’album s’avère plutôt de qualité. L’équipe Bad Boy se permet même de donner le ton avec une couleur musicale digne de Roc Boys. On voyage aux confines de la soul et du jazz 70s avec des samples de Barry White, Rudy Love & The Love Family et autres. Ils sont allé jusqu’à les faire rejouer pour leur donner encore plus d’authenticité. Toutes choses qui correspondent pile poil à l’ambiance recherché et collent au concept comme un string sur le cul d’une gogo-danseuse.  Comme promis Jay s’en tient au fil conducteur du film avec des titres qui s’enchainent les uns aux autres et retranscrivent l’ascension et la décadence de ce clone discographique de Franck Lucas. La formule est parfaitement huilée et tous les morceaux, même ceux qu’on considèreraient comme improbables se fondent dans le concept. Hova est au commandes de cette fiction partiellement autobiographique (il avouera s’être inspiré de son passé de drug dealer) qui le voit gravir les échelons jusqu’au succès titre après titre avant de brutalement chuter à la fin. Un véritable film sur disque où la science de la rime de Jay-Z est toute entière mise au service de l’histoire sans pour autant devenir redondant ou ennuyeux. Fort de son flow retrouvé et de productions emballantes, il livre de nouvelles perles: un American Dreamin’ gorgé de soul, un No Hook transpirant la rue avec son ambiance pluvieuse ou encore Sweet rappelant le cinéma blaxploitation. D’autres titres pourraient à eux tout seuls résumer le concept de ce disque situé à mi-chemin entre la bande originale (pas mal d’extraits du film sont repris) et l’album traditionnel. Say Hello (produit par DJ Toomp et F.R.E.A.K.) et Party Life s’inscrivent dans cette mouvance.

Les invités sont rares et s’illustrent diversement. Lil Wayne fait entendre son flow chevrotant de camé en manque sur Hello Brooklyn 2.0 qui est à ranger parmi les bouses de l’album. On se demande encore comment ce titre creux et médiocre, couplé à une prod sans aucune originalité (reprise low-coast des Beastie Boys) à pu se retrouver sur cet album. Les deux Carter déçoivent sur ce son à oublier au plus vite.  A contrario Beanie Sigel se distingue sur l’excellent Ignorant Shit (merveille produite par le trop effacé Just Blaze), rappelant à tous que le Roc n’est pas encore mort. Si Jay-Z se hisse allègrement au niveau de B.Mack sur ce son, il n’en est pas de même sur l’énorme Success collaboration plus qu’attendue avec Nas. Le Street Poet se permet de lui voler la vedette en livrant une performance de très bon niveau. Dernier guest, Bilal qui signe un très bon refrain (non crédité) sur un Fallin’ usiné par Jermaine Dupri.

Le pari est au final réussi pour Jay-Z. Le projet est bien ficelé et parfaitement mené. En dépit de quelques déchets, l’album est très satisfaisant et prouve qu’il faut encore compter avec Hov’ qui redore au passage son blason quelque peu terni par son disque précédent. Bien sur les réfractaires à la soul, aux ambiances seventies et ceux qui ne jurent que par le boombap seront déçus. Mais peu importe. American Gangster marque le véritable retour du Jigga Man et il serait hypocrite de bouder notre plaisir.

16/20

Tracklist

# Title Producer(s) Length
1. « Intro » (by Idris Elba) Chris Flame, Idris Elba* 2:01
2. « Pray » Diddy, Sean C & LV 4:24
3. « American Dreamin' » Diddy, Sean C & LV, Mario Winans* 4:47
4. « Hello Brooklyn 2.0 » (feat. Lil Wayne) Bigg D 3:56
5. « No Hook » Diddy, Sean C & LV 3:14
6. « Roc Boys (And the Winner Is)…«  Diddy, Sean C & LV 4:12
7. « Sweet » Diddy, Sean C & LV 3:26
8. « I Know«  The Neptunes 3:42
9. « Party Life » Diddy, Sean C & LV 4:29
10. « Ignorant Shit » (feat. Beanie Sigel) Just Blaze 3:41
11. « Say Hello » DJ Toomp, Dean « F.R.E.A.K » Farmer 5:26
12. « Success » (feat. Nas) No I.D., Jermaine Dupri* 3:30
13. « Fallin' » Jermaine Dupri, No I.D.* 4:01
14. « Blue Magic » (feat. Pharrell) The Neptunes 4:10
15. « American Gangster » Just Blaze 3:41

Sortie: 21 Novembre 2006
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Dr. Dre, Mark Batson, Just Blaze, Kanye West, Swizz Beatz, The Neptunes, DJ Khalil, Chris Martin, Syience, B-Money

On en avait presqu’oublié qu’il était à la retraite tant son hyper-activité et son omniprésence dans les médias nous rappellent qu’il est encore là. Bien sur Jay-Z n’a plus sorti d’album solos depuis The Black Album, mais son fantôme continue d’hanter le rap game. Il faut dire qu’il n’a pas vraiment chômé. Entre un nouvel album avec R. Kelly (Unfinished Business), un autre avec le groupe de rock Linkin Park (Collision Course) et divers featurings et prestations live, on ne peut pas dire qu’il se soit éloigné du monde de la musique. Mieux en 2005 il se voit coopté à la tête du prestigieux label Def Jam. Toutes choses qui laissait présager d’un éventuel retour aux affaires rapologiques. La rumeur se veut d’ailleurs insistante jusqu’à ce que l’intéressé lui-même la confirme. Oui il fait son come-back, oui l’envie est revenue et il sortira d’ailleurs un nouvel album d’ici peu. Et pour marquer le coup il remonte sur scène pour le concert I Declare War qui scelle définitivement sa réconciliation avec Nas.

Les tractations et autres pronostics vont alors bon train, surtout que pas grand-chose ne filtre au sujet de ce retour aux affaires. Une seule question demeure en suspens: les motivations réelles de ce come-back. Reprend t-il le chemin des studios parce qu’il désire réellement ou est-ce pour relancer une machine Def Jam en souffrance comme il l’avait déjà fait pour Roc-A-Fella avec The Dynasty? Une interrogation qui restera en suspens. Quoi qu’il en soit Hova joue tout d’abord la carte de la rupture et prévoit sortir cet album sous le nom de Shawn Carter. Il se ravisera finalement et gardera son nom de scène. Quant à l’intitulé de l’album il lui sera suggéré par un de ses collaborateurs Young Guru en référence au comic book de la DC Superman. Contrairement à ses habitudes Jay prendra son temps et attendra Octobre pour enfin livrer son premier single Show Me What You Got. On retrouve Just Blaze à la baguette mais ce titre s’avère peu convaincant. On était en droit d’espérer mieux d’un homme qui aura marquer l’histoire de cette musique. L’accueil est plutôt mitigé dans le milieu. Bien sur ce morceau est dans la lignée du Black Album, montrant que Jay reprend les choses là où il les avaient laissées mais le scepticisme demeure. Dans la foulée la tracklist arrive et elle s’annonce épaisse comme une liasse de billets de 100 au vu des noms qui y figurent. Les habitués Just Blaze et Kanye West sont conviés mais aussi The Neptunes, Swizz Beatz, DJ Khalil, quelques inconnus ( Syience et B-Money) et surtout Dr. Dre. Le bon docteur a consenti à lâcher sa thèse Detox un moment pour s’occuper de trois titres. Mieux il s’occupe aussi du mixage de l’opus. Toutes choses qui laisse augurer d’un disque de très bonne qualité qui sortira directement sans qu’un autre single ne soit lancer en éclaireur.

Dès les premières écoutes ce qui marque tout de suite est la qualité du rendu. On reconnait la touche de Dre qui rehausse même les titres les plus banals pour en faire des bombes. Un bon point mais qui ne saurait suffire à lui tout seul pour faire de cet album un must du genre. Le docteur n’en reste heureusement pas là et ses trois de ses prescriptions s’avèrent être parmi les meilleures du disque. Un Trouble surprenant mais novateur où Jay parle vite fait des rumeurs sur son enfant caché, un 30 Something tout à fait dans son style mais surtout l’énorme Lost One sur lequel Hov se livre. Il y évoque pèle-mêle la mort de son neveu, ses relations difficiles avec Beyonce et son ex-associé Damon Dash le tout en trois couplets lourds de sens rehaussé par un refrain accrocheur de Chrisette Michele. Ce titre très personnel est l’une des tueries de l’album. Autre moment fort l’excellente contribution de Kanye West Do U Wanna Ride en duo avec un John Legend qui donne de la profondeur au morceau. Ce seront globalement les seules raisons de s’enthousiasmer sur cet album. S’il s’avère assez bien produit dans son ensemble (à l’exception du décevant Anything usiné par les Neptunes et de l’anecdotique son de DJ Khalil) et très agréable à l’écoute, c’est dans les textes et la performance que Jay-Z déçoit. On n’a rien contre quelques lignes d’égotrip et des punchlines bien senties mais là on frise l’arrogance. Les lyrics sont parfois consternants d’auto-satisfaction et disons le tout net d’une suffisance plus qu’agaçante. De plus son flow n’est plus aussi limpide qu’auparavant. S’il n’écrit toujours pas ses textes, le robinet vocal à la poignée qui grince à présent. Peu de fluidité, une voix parfois trop forcée qui essaie de sonner plus jeune et des clins d’oeil trop récurrents aux super héros. Peu rassurant. Pour ne rien arranger il semble vraiment manquer de conviction quand il s’attaque à des sujets qui se veulent plus grave à l’image du risible Hollywood (Featuring Beyonce, essayez au moins d’avoir l’air surpris) où il relate la décadence d’un star lui ressemblant étrangement. Même constat avec l’hommage en carton rendu aux victimes de l’ouragan Katrina sur Minority Report. L’album se conclut avec une incursion dans le monde du rock avec Beach Chair, produit par le membre de Coldplay, Chris Martin qui signe également le refrain. Une collaboration surprenante, déroutante qui achèvera de dégouter les puristes et autres fans de la première heure.

Ce retour en demi-teinte s’avère comme prévu une excellente opération commerciale (680.000 copies écoulées dès la première semaine) mais recevra un accueil critique plutôt froid. Jay-Z est toujours à la retraite, son clone President Carter ne semble pas encore en mesure de lui succéder. Motif trop peu ancré à la rue, trop arrogant, trop prétentieux, totalement imbu de sa personne, limite condescendant. Pour revoir le véritable Hova, si tant est qu’il refait surface un jour, il faudra encore attendre. Ce n’est en tout cas pas avec ce disque qu’il faut espérer le retrouver.

15/20

Tracklist

# Title Producer(s) Samples Time
1 « The Prelude » B-Money 2:44
2 « Oh My God » Just Blaze 4:18
3 « Kingdom Come » Just Blaze 4:24
4 « Show Me What You Got«  Just Blaze 3:43
5 « Lost One » (featuring Chrisette Michele) Dr. Dre, Mark Batson 3:44
6 « Do U Wanna Ride » (featuring John Legend) Kanye West 5:29
7 « 30 Something«  Dr. Dre 4:13
8 « I Made It » DJ Khalil 3:28
9 « Anything » (featuring Usher & Pharrell) The Neptunes 4:22
10 « Hollywood » (featuring Beyoncé) Syience 4:18
11 « Trouble » Dr. Dre, Mark Batson 4:53
12 « Dig a Hole » (featuring Sterling Simms) Swizz Beatz
  • Samples copyrighted material under license from Tappan Zee Records, Inc
4:11
13 « Minority Report » (featuring Ne-Yo) Dr. Dre 4:34
14 « Beach Chair » (featuring Chris Martin) Chris Martin 5:09
15* « 44 Fours » (live from Radio City Music Hall) Lou Reed 3:36

Sortie: 14 Novembre 2003
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Just Blaze, The Neptunes, Kanye West, Rick rubin, Eminem, Timbaland, 9th Wonder, DJ Quik, The Buchanans, Aqua, 3H

Le monde de la musique est en émoi. Shawn Carter plus connu sous le nom de scène Jay-Z  a décidé de raccrocher le micro afin de se consacrer pleinement à sa carrière de businessman. Mais pas le temps de s’attrister, il annonce dans la foulée la sortie d’un huitième album en guise de cadeau d’adieu. Mieux cet ultime album devrait couronner une carrière riche et brillante et s’annonce comme un futur classique alors même que le premier titre n’est même pas enregistré. Les rumeurs vont bon train. On parle d’un album monumental sur lequel seront conviés la crème des producteurs du présent comme du passé. Les noms de Marley Marl, Dr. Dre, Timbaland, Swizz Beatz, DJ Premier et autres circulent et l’impatience des fans va grandissante. Premier éléments de réponse avec une publicité parue dans XXL avec un slogan plus qu’alléchant « 12 songs/ 12 producers » accompagné d’une liste de noms où l’on peut reconnaitre la quasi-totalité des beatmakers avec lesquels il a eu à travailler. On en déduit donc un peu hâtivement que chacun d’entre eux livrera un titre pour ce Black Album attendu dès lors comme le classique ultime. Rendez-vous est provisoirement pris pour le 25 Novembre 2003. Malheureusement les morceaux commencent à fuir sur la toile. et les rumeurs se font de plus en plus inquiétantes. On parle d’un titre avec Nas pour sceller leur réconciliation, d’une production de Lil Jon, de l’éviction de la contribution de Dr. Dre, de l’absence de Primo et autres featurings improbables. Et il faudra plus que les démentis officiels pour les faire taire. Seul confirmation, l’album ne comptera aucun featuring. Afin d’éviter que l’album tout entier ne finisse sur la toile, la sortie est avancée au 14 Novembre.

L’album sort enfin et à la lecture des crédits un sentiment de déception plane. Il n’y a effectivement aucun featuring, Just Blaze, Kanye West et The Neptunes sont bien là, tout comme Timbaland. Pas de trace par contre de DJ Premier, Dr. Dre, Ski ou Swizz Beatz. La surprise vient par contre des présence de 9th Wonder, DJ Quik, Eminem et Rick Rubin qui étaient tout sauf attendus. Paradoxalement c’est sur leurs livraisons que Jay surprend. Moins soulful et jazzy que celles de leurs homologues, les productions des « intrus » séduisent tout de même. 9th Wonder sample pour l’occasion R. Kelly pour livrer un Threat dans le pur style New-Yorkais. Eminem quand à lui se fend d’une prod lourdingue Moment Of Clarity ou Jay-Z aborde ses relations avec son père et la façon dont il a appréhendé son décès avec une sincérité plus que touchante. Mais c’est Rick Rubin qui réalise le braquage de l’album avec le surpuissant 99 Problems. Un titre devenu depuis anthologique avec son instrumental rock sur lequel Hov’ peut y aller de ses réflexions. Autres inconnus au bataillon à se distinguer The Buchannans, auteurs du très bon What More Can I Say, occasion pour Jay de revenir sur sa carrière et d’expliquer les raisons de sa retraite.

Vous l’aurez remarqué cet album est moins porté sur l’égotrip que ses prédécesseurs. Jay revient pas mal sur sa carrière, communique ses émotions, rend hommage à ses illustres homologues, ouvre le livre de ses souvenirs et se livre sur sa vie. En mettant sa dextérité lyricale au service du fond, il prouve une bonne fois pour toutes qu’il est plus qu’un moulin à punchlines et qu’il n ‘est pas bon qu’à railler ses collègues. L’émotion est d’ailleurs l’une des constantes sur cet album, et ce dès le premier titre December 4th où l’on peut entendre sa mère (rien que ça!) le tout produit de main de maitre par l’orfèvre Just Blaze. Il y évoque sa vocation, son enfance et dédicace ses compagnons de route. Il n’oublie pas non plus de remercier le public, son public sur Encore. Un titre censé marqué son adieu à la scène.  Kanye West est aux manettes pour ce titre fort et récidive avec le sublime Lucifer. Just Blaze lui donnera également l’occasion de revenir une dernière fois sur son parcours et surtout ses réalisations sur le bref mais puissant Public Service Annoucement . Quand à Timbaland il reste égal à lui-même avec un Dirt Off Your Shoulder hypnotique sur lequel Jigga brille de nouveau.

N’allez cependant pas croire que The Black Album est un sans-faute parfait. Il a lui aussi ses quelques titres en déça. out d’abord le terne Change Clothes usiné par des Neptunes peu inspirés dont on ne retiendra au final qu’une seule  phase. Le Justify My Thug de DJ Quik sur lequel il revient sur son passé de dealer ne convainc pas plus sans être foncièrement mauvais. A l’écoute de ces deux contributions on a le sentiment qu’il leur manque quelque chose, le petit son bien placé qui en ferait des titres incontournables. Les Neptunes se reprennent heureusement sur le plus que correct Allure. L’album se conclut en beauté sur My 1st Song titre dédicace où Jay reprend magnifiquement son flow du premier album et se lance dans une énorme dédicace à tous ses proches. Clap de fin sur une aventure rapologique jalonnée de succès et de critiques qui aura fait du petit dealer de Marcy Projects une superstar et l’un des hommes les plus riches des États-Unis. Le rideau se baisse et on se prend déjà à regretter qu’il arrête le rap. Heureusement que ce qu’on considérait alors comme son ultime legs nous permettra de ne jamais l’oublier. Pas un classique mais un excellent album de Jay-Z qui se reprend après le disparate Blueprint² et s’impose légende vivante du hip-hop.

17/20

Tracklist

# Title Producer(s) Samples Length
1 « Interlude » Just Blaze 1:22
2 « December 4th » Just Blaze 4:34
3 « What More Can I Say«  The Buchannans 4:55
4 « Encore«  Kanye West 4:11
5 « Change Clothes«  The Neptunes 4:18
6 « Dirt Off Your Shoulder«  Timbaland 4:05
7 « Threat » 9th Wonder, Jay-Z
  • « A Woman’s Threat » by R. Kelly
4:07
8 « Moment of Clarity » Eminem, Luis Resto (co) 4:24
9 « 99 Problems«  Rick Rubin 3:55
10 « Public Service Announcement » (Interlude) Just Blaze
  • « Seed of Love » by Little Boy Blues
2:53
11 « Justify My Thug » DJ Quik 4:04
12 Lucifer Kanye West 3:12
13 « Allure » The Neptunes 4:53
14 « My 1st Song«  Aqua, Joe « 3H » Weinberger 4:45