Articles Tagués ‘Foxy Brown’

Un certain nombre d’albums ont bénéficié d’un buzz énorme ou ont motivé un certain nombre d’attentes tant de la part du public que de la presse spécialisée et ont été au final loin d’être à  la hauteur de l’agitation qu’ils ont suscitée. Le but de cette série d’articles est de vous faire redécouvrir ces pétards …

viaLes pétards mouillés du Rap Us 1996-2000.

Publicités

Sortie: 4 Novembre 1997
Label: Roc-A-Fella/ Def Jam
Producteurs: DJ Premier, The Hitmen, Ski, Big Jaz, Anthony Dent, Poke & Tone, Buckwild, Nashiem Myrick, , Teddy Riley & Chad Hugo

Après un premier album qui avait fait l’unanimité, le retour de Jay-Z était plus qu’attendu. Il faut dire que de l’eau a depuis coulé sous les ponts. Son ami The Notorious B.I.G. ayant été assassiné en début d’année, il se retrouve en première ligne pour lui succéder. Beaucoup voient déjà en lui le futur King Of New-York. Toutes choses qui vont sans doute lui mettre trop de pression.

Jay signe donc son retour avec un album constituant le premier volet d’une trilogie. Autant dire que ceux qui attendaient un album dans la lignée du précédent furent déçus. Jay-Z a cédé aux grandes tendances de l’époque en conviant l’équipe de Bad Boy Records (alors en pleine gloire) pour la réalisation de cet album qu’il a vraisemblablement voulu accessible. Toutes choses qui a pour principal effet de mettre en retrait les artisans sonores du premier opus. Malheureusement les Bad Boy Hitmen n’ont pas le brio d’un Ski ou d’un Premier, se contentant de sampler à tout-va sur toutes leurs livraisons. On note également une poignée de tracks alimentaires orientées grand public ( le guimauvesque Lucky Me, le plus que douteux I Know What Girls Like pollué par Puff Daddy et Lil Kim…) et d’autres peu inspirées (The City Is Mine qui invite Blackstreet, Le soulful You Must Love Me avec Kelly Price ou encore Sunshine, collaboration plus qu’accessible avec Foxy Brown et Babyface) qui plombent l’album et lui vaudront d’être boudé par la critique.

Heureusement Hova a toujours sa dextérité lyricale pour lui et retrouve son efficacité sur les sons moins mainstream. Les deux productions de DJ Premier (l’excellent A Million And One Questions / Rhym No More et le sublime Friend Or Foe) relèvent le niveau, tout comme celles de Ski (L’énorme Streets Is Watching et le tubesque Who You Wit II) et font regretter qu’ils soient si effacés sur cet album.  de plus Jigga est encore capable de livrer de très bons textes comme Imaginery Player, le subtil Rap Game/Crack Game (où il sample Nas une fois de plus) et son duo très réussi avec Too $hort, Real Niggaz. Il se montre aussi parfaitement à son aise sur des instrumentaux moins grand public comme Where I’m From ou encore le très bon Face Off avec Sauce Money (qui reprend tout de même le Soul Makossa de Manu Dibango). Trop peu cependant pour faire oublier les relents commerciaux qui exhalent de cet album et la trop grande discrétion de sa vibe street.

Un disque plus que contrasté de Jay-Z qui manque la transformation de son premier essai. A vouloir contenter le grand public et faire un album à la sauce Jiggy, le MC de Marcy s’est fourvoyé, s’attirant au passage les foudres d’une critique assassine trop heureuse de le démonter. Si beaucoup ne retiendront que son supposé retournement de veste, il convient cependant de remarquer que ce disque s’avère être un album-charnière dans sa carrière. Les futures tendances de sa carrière y sont en effet résumées et les sorties suivantes viendront confirmer cet état de fait. Rien que pour ça In My Lifetime vaut le détour.

14/20

Tracklist

# Title Producer(s) Time
1 « Intro: A Million and One Questions/Rhyme No More » DJ Premier 3:21
2 « The City Is Mine » (feat. Blackstreet) Teddy Riley & Chad Hugo 4:02
3 « I Know What Girls Like » (feat. Lil’ Kim & Puff Daddy) Sean « Puffy » Combs, Ron « Amen-Ra » Lawrence for The Hitmen 4:50
4 « Imaginary Player » Daven « Prestige » Vanderpool for The Hitmen 3:57
5 « Streets Is Watching » Ski 3:58
6 « Friend or Foe ’98 » DJ Premier 2:09
7 « Lucky Me » Steven « Stevie J » Jordan for The Hitmen, Buckwild 4:59
8 « (Always Be My) Sunshine » (feat. Foxy Brown & Babyface) Daven « Prestige » Vanderpool for The Hitmen 4:43
9 « Who You Wit II«  Ski 4:29
10 « Face Off » (feat. Sauce Money) Poke and Tone 3:31
11 « Real Niggaz » (feat. Too Short) Anthony Dent 5:07
12 « Rap Game/Crack Game » Big Jaz 2:40
13 « Where I’m From » Deric « D-Dot » Angelettie, Ron « Amen-Ra » Lawrence for The Hitmen 4:26
14 « You Must Love Me »(feat. Kelly Price) Nashiem Myrick for The Hitmen 5:47

Sortie: 2 Juillet 1996
Label: Columbia
Producteurs: DJ Premier, L.E.S., Dr. Dre, Havoc, Live Squad, Trackmasters

Après un premier album certifié classique, le retour du MC de Queensbridge était l’un des évènements les plus attendus du microcosme hip-hop. Nas confirmerait-il son statut de meilleur plume new-yorkaise, ou alors ne serait-il qu’un épiphénomène de plus comme cette culture en a trop connu? La pression est donc grande pour Nasir Jones au moment de la livraison de ce second opus. Entre une presse dithyrambique à son endroit et un public qui place en lui d’énormes espoirs, le rappeur joue la carte de l’ouverture avec le single If I Ruled The World (Featuring Lauryn Hill des Fugees, qui à l’époque avaient réalisé de très bonnes ventes avec le très controversé The Score) lancé en éclaireur. Tout le monde l’ignore encore mais ce titre est presqu’à lui tout seul un résumé de l’album. Refrain chanté accrocheur, mélodie empruntée à Kurtis Blow, arrivée en grande pompe des Trackmasterz, thème qui n’est pas sans rappeler le World Is Yours du premier album et rimes toujours aussi accrocheuses. Dans la foulée, on apprend que Dr Dre produira un son sur cet album. De quoi dérouter les hip-hop heads les plus radicaux de l’époque pour qui Dr Dre= gros sons commerciaux. Le public est donc assez divisé au moment ou It Was Written arrive dans les bacs.

Une première écoute rapide nous permet de réaliser que Nas a clairement voulu évoluer en ne livrant pas un Illmatic bis. DJ Premier ne produit qu’un seul titre I Gave You Power, le reste étant principalement l’oeuvre des Trackmasterz (L.E.S.,Poke, Tone). La présence de JoJo du groupe Jodeci (à l’époque en pleine gloire) sur Black Girl Lost ne manque pas de décontenancer plus d’un. Les refrains chantés sont à l’honneur et les samples sont beaucoup plus accessibles que sur le précédent opus. Sans compter qu’au niveau des textes, Nas s’aligne sur la mode New-yorkaise de l’époque en innervant ses lyrics de références aux films de gangsters, en se rebaptisant Nas Escobar (en référence au célèbre trafiquant de drogue Pablo Escobar) et en arborant la panoplie du parfait mafioso (vêtements de haute couture, cigare et belles voitures) dans ses vidéos. Le mythe du street poet en prend un coup . Mais il convient de passer outre ces idées arrêtées pour réellement apprécier cet album.

L’intro nous transporte dans le Queensbridge cher à Nasir Jones (Il avait déjà déménagé cependant). Dès le premier titre The Message, les bases de l’album sont clairement posées. Un sample de Sting efficace et une performance en tout point remarquable et un refrain fait de scratches de DJ Kid Capri (Aussi célèbre à l’époque qu’un Green Lantern ou un Whoo Kid). la première surprise vient de Street Dreams dont le refrain reprend Eurythmics. Étrange quand on sait que ce titre parle de rue, mais preuve que Nas est loin de vouloir se fermer musicalement, n’en déplaise aux pseudo-puristes. I Gave You Power passe alors presque pour une étrangeté au vu de ces deux prédécesseurs. Les autres titres suivent sans qu’on sente la qualité faiblir jusqu’au surprenant Nas Is Coming produit par Dr Dre. Introduit par un dialogue sur la guerre East Coast/West Coast, on est loin du banger G-Funk que le seul nom du bon docteur laissait présager. L’excellent Afirmative Action lui succède avec brio. Titre fondateur de The Firm et première apparition officielle de Cormega au passage (avant leur brouille). Havoc livre deux productions dans son registre habituel (hardcore à souhait), The Set Up et le sombre Live Nigga Rap sur lequel il s’invite en combinaison avec son acolyte de Mobb Deep, Prodigy. Passons le peu captivant Black Girl Lost et arrêtons nous sur Shootouts, titre sur lequel Nasty Nas accélère son débit et livre une très bonne performance. L’album se conclut avec le déjà cité If I Ruled The World.

Un disque assez critiqué au moment de sa sortie pour ses divergences d’avec le premier et les raisons évoquées plus haut, mais d’excellente facture. Pas un classique, mais un album qui pose les bases de son futur musical.

17/20

Tracklist:

1. Album Intro
Produced by Nas & Trackmasters

2. The Message
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Scratches by DJ Kid Capri

Contains a portion of Shape Of My Heart as performed by Sting

3. Street Dreams
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains an interpolation of Sweet Dreams as performed by the Eurythmics
Contains a portion of Never Gonna Stop as performed by Linda Clifford

4. I Gave You Power
Produced by DJ Premier for Works of Mart, Inc

5. Watch Dem Niggas
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains a portion of Sponge as performed by Earl Klugh

6. Take It In Blood

Produced by Live Squad, Top General Sounds and Lo Ground
Contains a sample of Mixed Up Moods & Attitudes as performed by the Fantastic Four

7. Nas Is Coming
Produced by Dr. Dre

8. Affirmative Action featuring AZ, Cormega and Foxy Brown
Produced by Dave Atkinson, Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Dave Atkinson

9. The Set Up
Produced by Havoc of Mobb Deep

10. Black Girl Lost
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Additional production by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Background vocals by JoJo Hailey of Jodeci
Contains a sample of Starlight as performed by Stephanie Mills

11. Suspect
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Contains a portion of El Gatto Triste as performed by Chuck Mangione

12. Shootouts
Produced by Poke & Tone and Kirk Goody for Trackmasters Entertainment

13. Live Nigga Rap
Produced by Havoc of Mobb Deep

14. If I Ruled the World (Imagine That)
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Additional production by Rashad Smith for Tumbling Dice Productions
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Featured vocals by Lauryn Hill
Contains portions of Friends (instrumental) written by L. Parker. “If I Ruled the World” written by Kurt Walker, performed by Kurtis Blow

Mastered by Tom Coyne at Sterling Sound, NYC
Executive Producers: Nas, Steve Stoute and Trackmasters