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Les pétards mouillés du Rap Us (2001-2006).

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Sortie: 14 Mars 1995

Label: Interscope/Atlantic

Producteurs: Easy Moe Bee, Johnny « J », Tony Pizarro, Mike Mosley, Shock G, Soulshock,  Karlin, Brian G, Le-morrious « Funky Drummer » Tyler, Moe Z.M.D., Sam Bostic

Du chemin a été parcouru depuis la sortie de Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z. Si l’accueil fut plutôt satisfaisant dans l’ensemble, 2Pac du fait de ses nombreux démêlés avec la justice assoit encore plus sa légende de thug dans l’imagerie populaire.  L’homme fascine et devient par la force des choses la nouvelle coqueluche des médias et de la presse spécialisée. Entre deux audiences et quelques films, il prend tout de même le temps de se focaliser sur sa musique. A ce titre il participe remarquablement à Thug Life Vol.1, projet de premier plan sur lequel il s’illustre avec ses proches. Le succès de ce disque ne parviendra cependant pas à tempérer ses ennuis personnels. Outre une inculpation pour sodomie et agression sexuelle, sa rivalité avec Biggie Smalls va grandissante au point de basculer dans le tragique. Il se fait ainsi tirer dessus un peu avant le verdict de son procès et sera d’ailleurs condamné dans la foulée à quatre ans et demi de prison après avoir été reconnu coupable. C’est dans cette période trouble qu’il enregistre Me Against The World, son troisième album qu’il parvient à boucler juste avant son incarcération  en Février 1995. L’album sort donc alors qu’il purge sa peine.

Alors que les supputations quand au contenu éventuel de l’album alimente les rumeurs, le premier single (je devrais plutôt dire la première bombe) Dear Mama arrive avec fracas sur les ondes. Impossible de ne pas se laisser séduire par cet hommage plus que poignant de Pac à sa génitrice. L’émotion communicative qui suinte de ce titre s’avère terriblement hypnotique au point qu’on s’imagine aisément glisser dans la peau de Mr Shackur. Plus qu’un titre à cœur ouvert, c’est limite s’il ne nous convie pas à une visite guidée de son âme torturée. Un morceau depuis devenu un classique intemporel et sans aucun doute l’un de ses tous meilleurs titres. Avec une entrée en matière de ce niveau on était légitimement en droit d’attendre un classique ou tout au moins un disque de très très haut niveau. Le produit fut heureusement à la mesure des espérances. Son intitulé est d’ailleurs suffisamment évocateur. Pac revient pas mal sur ses pérégrinations dans cet album par le biais de titres forts comme le morceau éponyme (avec le renfort de Dramacydal, les futurs Outlawz). Il cède même parfois à la paranoïa comme sur Death Around The Corner (qu’on pourrait qualifier de prémonitoire par ailleurs) ou encore le terrible If I Die 2Nite (magnifique production d’Easy Moe Bee).Il se permet même de répondre à ses détracteurs sur l’incisif Fuck The World.

Il serait cependant réducteur de penser que cet album n’est qu’une compilation de titres revanchards innervés d’allusions constantes à son agression et à sa crainte de la mort. Me Against The World est bien plus que ça. Si les titres ont un dénominateur commun c’est bien celui de l’émotion. Elle est en effet constante tout au long de ce disque que ce soit sur les titres introspectifs où les morceaux plus légers. Cette unité contraste quelque peu avec la diversité des ambiances sonores (il s’éloigne des standards californiens régis à l’époque par l’omniprésente G-Funk) et des thématiques abordées mais cette combinaison à le mérite de rendre l’album incroyablement humain. 2Pac se fait son propre psychiatre et plonge l’auditeur dans les méandres de sa personnalité, résumant en un seul disque toutes ses facettes. On a ainsi droit à des titres plutôt sombres et lyriques (au sens poétique du terme) comme le sombre et introspectif So Many Tears, le précité Dear Mama ou encore le poignant It Ain’t Easy. Il se montre cependant moins torturé sur les autres titres, tout en continuant à se raconter plus ou moins inconsciemment. Il évoque ainsi ses souvenirs d’activiste hip-hop sur l’efficace Old School, et se livre un peu plus sur l’excellent Lord Knows,  le plus léger Young Niggaz ou encore le plus égocentrique Heavy In The Game (sur lequel s’invite Richie Rich). Quelques notes plus légères sont heureusement les bienvenues et apportent une bouffée d’air sans laquelle l’atmosphère du disque aurait été trop oppressante. C’est le rôle qui est dévolu au très bon Temptations et à un Can U Get Away un brin sirupeux. Au passage on remarquera que ces chansons plus douces sont une des grandes originalités de ce disque. Un apport novateur en ce sens que ces titres mixant allègrement Rap et R&B n’étaient pas encore des plus usités à l’époque. L’album se conclue sur un Outlaw dont le principal mérite sera de marquer la naissance officielle du groupe évoqué plus haut.

Un disque à la fois versatile et brillant entièrement à l’image de son auteur. A la fois sombre et enjoué, rigolard et introspectif, léger et profond, cet album tout en contrastes est cependant un classique du genre et l’un des meilleurs de 2Pac. Il consacre également sa popularité en occupant la première place du Billboard (une première pour un artiste incarcéré) des mois durant. Du grand art.

19/20

Tracklist

# Title Time Producer(s) Performer(s) Sample(s)[19]
1 « Intro » 1:40 Tony Pizarro Sarah Diamond, Debby Hambrick, Jay Jensen, Jill Jones, Dan O’Leary
2 « If I Die 2Nite«  4:01 Easy Mo Bee 2Pac
3 « Me Against the World » 4:40 Soulshock & Karlin 2Pac, Dramacydal
4 « So Many Tears«  3:59 Shock G 2Pac
5 « Temptations«  5:00 Easy Mo Bee 2Pac
6 « Young Niggaz » 4:53 Le-morrious « Funky Drummer » Tyler, Moe Z.M.D. 2Pac
  • Contains interpolation of « She’s Strange » by Cameo
7 « Heavy in the Game » 4:23 Sam Bostic, Mike Mosley 2Pac, Lady Levi, Richie Rich
8 « Lord Knows » 4:31 Brian G 2Pac
9 « Dear Mama«  4:39 Tony Pizarro 2Pac
  • Contains interpolation of « Sadie »
  • « In My Wildest Dreams » by Joe Sample
10 « It Ain’t Easy » 4:53 Tony Pizarro 2Pac
11 « Can U Get Away » 5:45 Mike Mosley 2Pac
12 « Old School«  4:40 Soulshock 2Pac
  • « Dedication » by Brand Nubian
  • « We Share » by the Soul Searchers
13 « Fuck the World » 4:13 Shock G 2Pac,
14 « Death Around the Corner » 4:07 Johnny « J » 2Pac
15 « Outlaw » 4:32 Moe Z.M.D. 2Pac, Dramacydal

Sortie: 16 Février 1993

Label: Interscope/ Atlantic

Producteurs: Stretch, Big D The Impossible, Bobby « Bobcat Ervin, Shock G, Live Squad, Special Ed, Truman Jefferson, DJ Daryl, Blinky Billz, Sniper Tipper, 2Pac, The Underground Railroad

On avait quitté 2Pac avec un premier album violent comme une bouffée de crack. Entretemps de l’eau a coulé sous les ponts et le jeune homme est devenu une des cibles de prédilection des médias. Si on parle tant de lui, ce n’est pas tellement pour sa musique mais plutôt pour les nombreuses controverses qui l’entoure. Jugé trop explicite et accusé d’inciter à la violence envers les forces de l’ordre, 2Pacalypse Now s’est vu retiré des bacs après moins de six mois de commercialisation. Pour ne rien arranger Pac est souvent engrener dans des histoires louches. Ses frasques répétées contribueront cependant à forger sa légende et le consacrent même parmi les MCs de la côte ouest les plus influents. Heureusement que ses escapades cinématographiques calment un peu le jeu et permettent de faire oublier quelques temps son image de querelleur irascible. Mais c’est bien au micro qu’on préfère l’entendre et il va s’appliquer à revenir dans les bacs dès le début de l’année 1993, soit moins de 18 mois après son premier opus.

La période de sortie de ce Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z (précédemment baptisé Troublesome 21 , puis N.I.G.G.A.Z.) a beau coïncidé avec celle du début de l’ère G-Funk (rappelons que le classique The Chronic est sorti quelques mois plus tôt), la couleur musicale de cet opus ne s’en inspire pas une seule fois. Pas de gros samples de Parliament/Funkadelic ou autres Zapp. Les instrumentaux sont résolument hardcores, limites old school et sont plus proches des premiers disques de Cypress Hill que de celui de Dr. Dre. Toutes choses qui rend l’écoute peu évidente pour quiconque n’a pas connu cette époque. Il faut bien reconnaitre que les productions quoique efficaces pour l’époque ont très mal vieilli, contrairement à la plupart de ses albums. Sur Point The Finga, Strugglin’ ou même le titre éponyme, elles en deviennent plus qu’irritantes. Autre point négatif la présence de deux interludes totalement dispensables dès le début de l’album (respectivement aux deuxième et quatrième pistes). Si Pac’s Theme passe encore Something 2 Die 4 est clairement sans intérêt.

Passés ces a priori l’album s’avère beaucoup plus solide qu’on pourrait le penser. Première remarque par rapport à son premier opus, l’évolution de son flow. Sa voix et son phrasé sont à présent beaucoup plus proches de ceux auxquels nous auront droit dans la suite de sa discographie. On pourrait presqu’affirmer que 2Pac est vraiment né sur cet album. Il est plus expressif, plus accrocheur, séduit d’avantage l’auditeur. Au fil de ses rimes on est transportés dans les tréfonds du cauchemar américain, dans ce monde fait de ghettos, de violence, d’usage de stupéfiants et arrestations musclées. Point positif le succès ne l’a pas adouci. Il reste toujours aussi incisif et revendicatif sur ce disque, nous gratifie de textes accusateurs sur lesquels la police et les autorités en prennent pour leur grade. Il se fait aussi plus conscients sur la tuerie de cet album, le sublime et intemporel Keep Ya Head Up, merveilleux hommage aux mères célibataires des ghettos. Preuve qu’il n’est pas qu’un fou furieux juste bon à balancer un paquet de grossièretés. Il aura un deuxième éclair de conscience avec l’excellent Pappa’z Song sur le thème du père absent. Un titre plus dur qui s’inscrit cependant d’avantage dans la tonalité globale de cet album qui sent la rue sale. Ces deux titres sont cependant contrebalancé par le single I Get Around ode aux plaisirs de la chair sur lequel intervient les joyeux délireurs de Digital Underground. Contradictoire oui, mais c’est aussi ce qu’on apprécie chez Pac, capable de dire une chose et tout son contraire quelques titres plus loin sur le même disque. Pour le reste l’album a son lot de titres marquants comme le surpuissant Holler If Ya hear Me, l’efficace Guess Who’s Back ou les très bons Representin’ 93 et Peep Game (avec Deadly Threat). Il nous délivre une suite au Soulja’s Story du premier album avec Soulja’s Revenge et s’illustre de la meilleure des façons sur le freestyle final 5 Deadly Venomz sur lequel Treach de Naughty By Nature, Apache et le Live Squad viennent lui prêter main-forte. Il se paie même le luxe d’organiser un réunion de gangsters avec les deux Ice (Ice-T et Ice Cube) sur le hardcore Last Wordz.

En définitive un album plus que correct de 2Pac, assez difficile à appréhender mais tout de même de qualité en dépit de quelques déchets. Mis en perspective avec le reste de sa discographie (tout du moins celle livrée de son vivant et l’album posthume The Don Killuminati), il est indubitablement son disque le plus faible, mais il est très loin d’être une bouse et a comme tous les autres ses classic tracks. Moyen pour du 2Pac, très bon pour d’autres, il satisfera en priorité les grands fans du Don Killuminati et les amateurs de rap du début des années 90.

15/20

Tracklist

# Title Producer Featured Guest(s) Time
1 « Holler If Ya Hear Me«  Stretch 4:38
2 « Pac’s Theme (Interlude) » The Underground Railroad 1:56
3 « Point the Finga » Big D The Impossible 4:25
4 « Something 2 Die 4 (Interlude) » 2Pac; Big D The Impossible » 2:43
5 « Last Wordz » Bobby « Bobcat » Ervin Ice Cube, Ice-T 3:36
6 « Souljah’s Revenge » Bobby « Bobcat » Ervin 3:16
7 « Peep Game » Bobby « Bobcat » Ervin Deadly Threat 4:28
8 « Strugglin' » Live Squad Live Squad 3:33
9 « Guess Who’s Back » Special Ed 3:06
10 « Representin’ 93 » Truman Jefferson 3:34
11 « Keep Ya Head Up«  DJ Daryl Dave Hollister 4:22
12 « Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z… » Blinky Billz 5:55
13 « The Streetz R Deathrow » Sniper Tipper 3:26
14 « I Get Around«  Chocolate Clown Digital Underground 4:18
15 « Papa’z Song«  Big D The Impossible Wycked, Poppi 5:26
16 « 5 Deadly Venomz » Stretch Treach, Apache & Live Squad 5:13

Sortie: 12 Novembre 1991
Label: Interscope
Producteurs: Shock G, Big D The Impossible, Jeremy, Live Squad, Raw Fusion, The Underground Railroad, Stretch, Pee-Wee

Après des débuts timides au sein du groupe underground Strictly Dope, le jeune Lesane Parish Crooks se fait remarquer par Shock G, leader de la formation Digital Underground qui l’engage comme danseur. Conscient du talent de MC de celui qui est désormais devenu 2Pac Shackur, Shock G va lui donner sa chance sur le titre Same Song. Une apparition plutôt brève mais très remarquée qui lui ouvrira les portes d’une carrière solo via un contrat avec la major Interscope. Toutes choses qui aboutiront à la sortie de ce premier album.

On aurait pu penser que 2pac s’inscrirait dans la logique festive de son mentor, il n’en est cependant rien. Pac est marqué au fer rouge de la rue et des épreuves de la vie. Il est le témoin de la Black-on-Black Violence, de la répression policière, de la pauvreté des siens. Il se fait alors porte-parole de cette communauté oppressée, ravagée par la drogue et la violence, sans perspective d’avenir et qui s’en remet à l’illicite vu comme une éventuelle porte de sortie. Il n’a rien d’autre à nous offrir que sa vision sombre de la vie, brillamment mise en scène tout au long de l’album. Il livre ainsi des titres-coups de poing  qui font écho à sa vie mouvementée: Trapped, I Don’t Give A Fuck, le très polémique Violent ou il évoque la possibilité de tuer un flic mais aussi le rageur et brillant Words Of Wisdom. Toutes choses qui vont lui attirer les foudres de la censure qui après avoir tenté d’empêcher la sortie de l’album parviendront finalement à obtenir son retrait des bacs quelques mois plus tard. Le reste de l’album se partage entre égotrips rondement menés (Young Black Male…), histoires de rue et titres moins énervés. Parmi ceux-ci on retiendra le brillant Brenda’s Got A Baby, histoire poignante d’une jeune mère et le plus léger Part Time Mutha et ses lyrics aux connotations sexuelles.

Loin d’être un classique 2Pacalypse Now n’en demeure pas moins un très bon album qui marque le début en fanfare de la carrière que l’on sait qui fera passer l’ex-dealer de Marin City au statut de légende rapologique.

17/20

Tracklist

1 « Young Black Male » Big D The Impossible 2:35
2 « Trapped«  Backing Vocals: Dank, Playa-Playa, Shock G, Wiz The Underground Railroad 4:44
3 « Soulja’s Story » Big D The Impossible 5:05
4 « I Don’t Give a Fuck«  Backing Vocals: Mickey Cooley, Pogo, Rodney Cooley Pee-Wee 4:20
5 « Violent » Backing Vocals: DJ Fuze, Mac Mone, Money-B Raw Fusion 6:25
6 « Words of Wisdom » Shock G 4:54
7 « Something Wicked » Voice: Pee-Wee Jeremy 2:28
8 « Crooked Ass Nigga » Featuring: StretchKeyboards: The Piano Man Stretch 4:17
9 « If My Homie Calls«  Big D The Impossible 4:18
10 « Brenda’s Got a Baby«  Backing Vocals: Dave Hollister, Roniece The Underground Railroad 3:55
11 « Tha’ Lunatic » Featuring: Stretch Live Squad 3:29
12 « Rebel of the Underground » Backing Vocals: Di-Di, Ray Luv, Shock G, Yonni Shock G 3:17
13 « Part Time Mutha » Featuring: AngeliqueVoice: Poppi Big D The Impossible 5:13

Sortie: 13 Février 1996
Label: Death Row/ Interscope
Producteurs: DJ Quik, Dat Nigga Daz, DeVanté Swing, DJ Pooh, Dr. Dre, Bobby « Bobcat » Ervin, Johnny « J », Mike Mosley, Doug Rasheed, Rick Rock, 2Pac

On avait quitté Tupac Shakur avec un troisième album de très bonne qualité (Me Against The World) et une accusation de sodomie et d’agression sexuelle qui lui a valu une peine de quatre ans et demi de prison. Alors que son avenir musical semble bien sombre, voici que Marion « Suge » Knight débarque comme par enchantement et paye la caution pour sorti 2pac de prison. En contrepartie, ce dernier signe un contrat de trois ans avec Death Row.
L’annonce de cette signature a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme hip-hop. Plus qu’un simple alliance de circonstance, Pac rejoignait ainsi le plus prometteur et explosif label de la côte Ouest, constituant avec les Dr. Dre, Snoop Doggy Dogg et autres Tha Dogg Pound une véritable Dream Team rapologique. De plus à l’ouest leur est à l’union depuis l’agression dont Mr Shakur a été victime en 1994 et ses démêlées avec le clan Bad Boy (Notorious B.I.G. en tête). En pleine guerre Est/Ouest donc, la signature de 2Pac est donc un renfort de choix pour l’une comme l’autre partie (Je parle de Pac et de Death Row)
A peine sorti de prison, Mr Shakur voit les choses en grand et signe un retour fracassant en compagnie de Dr. Dre sur le désormais classique California Love. Une véritable boucherie musicale portée par une boucle de piano entêtante et une vidéo inspiré de Mad Max et le dôme du tonnerre. Tupac ne se satisfait cependant pas de ce succès. Il s’enferme littéralement en studio et travaille d’arrache-pied à la conception d’All Eyez On Me. Il est attendu au tournant et il le sait. Il enregistrera donc comme un forcené, interviendra à pratiquement toutes les étapes de la réalisation de l’album et continuera à faire monter le buzz par ses frasques et autres facéties. Mieux il surprendra même tout le monde en annonçant que l’album serait en deux parties puis qu’on aurait deux disques pour le prix d’un seul. Jamais personne dans l’histoire du hip-hop n’avait encore réalisé de double album, Shakur sera le premier.
Au final nous auront donc droit à 27 titres, et chose improbable il n’y a qu’un seul déchet ( What’z Ya Phone # qui conclu le premier CD). Cet album contient son lot de classiques tracks 2 Of Amerikaz Wanted en duo avec Snoop Doggy Dogg, How Do You Want It avec les frangins de Jodeci, K-Ci & Jojo, Wonda Why They Call U Bitch, I Ain’t Mad at Cha, Ambitionz Az A Ridah, All About U) et bien d’autres. A vrai dire pratiquement tous les morceaux font partie du panthéon Hip-Hop. Entre sons festifs plus légers (Thug Passion, Ratha Be Ya, Check Out Time ou encore Skandalouz), sons plus profonds (Heartz Of Men, No More Pain) tueries plus consensuelles (Only God Can Judge Me, Life Goes On, When We Ride), diss tracks (Can’t C Me) et posse cuts (Tradin War Stories, Ain’t Hard 2 Find) on obtient un album très complet dont on se lasse difficilement. La qualité est telle qu’on ne ressent même pas la longueur. En pleine guerre East/West on est surpris de voir figurer Method Man & Redman aux côtés de Kurupt et Daz Dilinger en représentants de l’Est honni sur le classique Got My Mind Made Up.
Sans être son tout meilleur album, All Eyez On Me n’en reste pas moins le plus ambitieux et l’un de ses opus les plus aboutis. Les seuls reproches qu’on pourrait lui faire est que Pac n’ait pas forcé ses qualités de lyriciste et que l’album sonne beaucoup trop dans l’air du temps. Mais ces fausses notes sont gommées par son charisme au mic et le large éventail des facettes de son personnage qui y sont mises en lumière. Au delà de la pluie de hits qui en découle, cet album marquera à jamais l’histoire de la West Coast et du rap tout court. Un grand classique pour moi. Chapeau bas Mr Shakur.

18/20

Tracklist

CD1
1. Ambitionz Az A Ridah (produit par Daz Dillinger)
2. All Bout U feat Yaki Kadafi, Hussein Fatal, Snoop Dogg, Nate Dogg & Dru Down (produit par Johnny J & 2Pac)
3. Skandalouz feat Nate Dogg (produit par Daz Dillinger)
4. Got My Mind Made Up feat Daz Dillinger, Kurupt, Method Man & Redman (produit par Daz Dillinger)
5. How Do You Want It feat K-Ci & Jojo (produit par Johnny J)
6. 2 Of Amerikaz Most Wanted feat Snoop Dogg (produit par Daz Dillinger)
7. No More Pain (produit par DeVante Swing)
8. Heartz Of Men (produit par DJ Quik)
9. Life Goes On (produit par Johnny J)
10. Only God Can Judge Me feat Rappin 4-Tay (produit par Doug Rasheed & Harold Scrap Freddie)
11. Tradin War Stories feat Dramacydal, C-Bo, Storm & the lady of rage (produit par Mike Mosley & Rick Rock)
12. California Love feat Dr. Dre & Roger Troutman (produit par Dr Dre) (remplacé par le remix sur la réédition de 2001)
13. I Ain’t Mad At Cha feat Danny Boy (produit par Daz Dillinger)
14. What’z Ya Phone # feat Danny Boy (produit par Johnny J & 2Pac)

CD2
1. Can’t C Me feat George Clinton (produit par Dr Dre)
2. Shorty Wanna Be A Thug (produit par Johnny J)
3. Holla At Me (produit par Bobcat)
4. Wonda Why They Call U Bitch (produit par Johnny J & 2Pac)
5. When We Ride feat Tha Outlawz (produit par DJ Pooh)
6. Thug Passion feat Jewell, Dramacydal & Storm (produit par Johnny J & 2Pac)
7. Picture Me Rollin’ feat Danny Boy, Big Syke & CPO (produit par Johnny J)
8. Check Out Time feat Kurupt & Big Syke (produit par Johnny J & 2Pac)
9. Ratha Be Ya Nigga feat Richie Rich (produit par Doug Rasheed)
10. All Eyez On Me feat Big Syke (produit par Johnny J)
11. Run Tha Streetz feat Michel’le, Mutah & Storm (produit par Johnny J & 2Pac)
12. Ain’t Hard 2 Find feat E-40, B-Legit, C-Bo & Richie Rich (produit par Mike Mosley & Rick Rock)
13. Heaven Ain’t Hard 2 Find (produit par QD3)