Archives de la catégorie ‘1996’

Sortie: 4 Juin 1996
Label: MCA
Producteurs:Mr. Cheeks, Pete Rock, Mr. Sexxx, Charles Suitt, Easy Mo Bee, Big Dex, « Buttnaked » Tim Dawg, Dwarf the Black Prince

Originaires du Queens (Southside Jamaica Queens pour être plus précis), le groupe formé de Mr Cheeks (MC principal du groupe), Freaky Tah, Pretty Lou et du DJ Sprigg Nice, bénéficied’un bon buzz dans les rues new-yorkaises grâce à des performances scéniques remarquées. Découverts par André Harrell ils se verront offrir un contrat chez Uptown Records. Ils quitterons ce label avant d’avoir sorti quoi que ce soit suite au départ de leur mentor. Un contretemps qui sera sans grandes conséquences vu que le groupe fera parler de lui pour grâce à son single Lifestyles Of The Rich & Shameless produit par Eazy Moe Bee. Un très bon titre qui leur servira de carte de visite (on le retrouvait sur moult mixtapes à l’époque) et leur ouvrira les portes de la major Universal qui les fera signer sur sa filiale MCA. En attendant la sortie de leur album, ils resteront actifs avec l’accrocheur Jeeps, Lex Coups, Bimaz & Benz toujours produit par Eazy Moe Bee (et repris notamment par Lil’ Kim sur The Jump Off) mais c’est surtout le tubesque Renee qui leur apportera la renommée, notamment grâce à sa figuration sur la bande originale du film Don’t Be A Menace. Ce titre qui relate la vie d’une jeune fille assassinée dans le métro deviendra un véritable hymne et entrera même dans le top 50 du billboard.
Avec une entrée en matière aussi fracassante on était en droit d’attendre un album de très bonne qualité, voire un classique. Le très attendu Legal Drug Money ne satisfera cependant que partiellement les attentes. Pas que l’album soit médiocre mais il manque singulièrement de consistance. Bien sur le phrasé si particulier des MCs s’avère toujours aussi efficace et leurs performances sont des plus honorables mais c’est aux niveaux des lyrics qu’il déçoivent. Rassurez-vous ils n’ont pas sombré dans le all-access-rap, mais l’album en lui-même n’est en définitive rien d’autre qu’une accumulation de clichés. On y évoque pèle-mêle la vie du rue et ses dangers, la fumette, les ghettostories, les meufs, les préoccupations matérielles, la gloire du hip-hop et plein d’autres thèmes qui à l’époque déjà étaient des plus éculés. Le principal souci n’étant pas leur usage mais plutôt le fait qu’ils soient traités sans aucune originalité, sans aucune prise de risques et disons le sans génie. Pareil pour les instrumentaux qui sont clairement dans l’air du temps et qui s’avèrent en définitive exagérément « lights » et semblent avoir été taillés pour le grand public (Il y avait tout de même de bonnes idées comme l’utilisation des samples à l’envers). A croire que nos zigs n’ont privilégié que l’efficacité au détriment d’un disque plus personnel et mieux construit. Dommage. Mr Cheeks a beau avoir un style pratiquement unique pour l’époque, limite chantonné, il s’avère cependant que sa voix éraillée devient vite irritante. et vu qu’il est le meilleur rappeur du groupe et que tous les autres calquent leur style sur le sien, c’est pas gagné.
En dépit de toutes ces réserves l’album compte tout de même de bons titres. Le quota de tubes est rempli avec Music Makes Me High et Get Up, voire le remix inutile de Lifestyles Of The Rich & Shameless situé en fin de disque. On note également de petites tueries plus orientées ghetto ( Straight From Da Ghetto, Keep It Real…) et des sons relativement efficaces ( All Right par exemple). Il y a même une production de Pete Rock (The Yearn qui ouvre l’album de fort belle manière). Pas suffisant cependant pour faire monter la température et faire de cet album un indispensable (pour preuve il est très souvent oublié lorsqu’on évoque les disques marquants de 1996). Un disque correct, loin d’être désagréable, qui s’écoute tranquillement mais dont au final on ne retient pas grand-chose. Pas mauvais mais loin d’être exceptionnel.

15/20

Tracklist

# Title Producer(s) Performer (s)
1 « Intro » Mr. Cheeks Mr. Cheeks, Freaky Tah
2 « The Yearn » Pete Rock Mr. Cheeks, Freaky Tah
3 « Music Makes Me High » Mr. Sexxx, Charles Suitt Mr. Cheeks, Freaky Tah
4 « Jeeps, Lex Coups, Bimaz & Benz » Easy Mo Bee Mr. Cheeks, Freaky Tah
5 « Lifestyles Of The Rich & Shameless » Easy Mo Bee Mr. Cheeks, Freaky Tah
6 « Renee » Mr. Sexxx Mr. Cheeks
7 « All Right » Big Dex Mr. Cheeks, Freaky Tah
8 « Legal Drug Money » Big Dex Mr. Cheeks, Freaky Tah
9 « Get Up » Mr. Sexxx Mr. Cheeks, Freaky Tah
10 « Is This Da Part » Easy Mo Bee Mr. Cheeks, Freaky Tah
11 « Straight From Da Ghetto » Big Dex, « Buttnaked » Tim Dawg Mr. Cheeks, Freaky Tah
12 « Keep It Real » Big Dex Mr. Cheeks, Freaky Tah
13 « Channel Zero » Big Dex Mr. Cheeks, Freaky Tah
14 « Da Game » Big Dex Mr. Cheeks, Freaky Tah
15 « 1,2,3 » Dwarf The Black Prince Freaky Tah
16 « Lifestyles Of The Rich & Shameless [Remix] » Mr. Sexxx Mr. Cheeks, Freaky Tah
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Sortie: 25 Juin 1996
Label: Roc-A-Fella/Priority
Producteurs: Big Jaz, Clark Kent, Irv Gotti, DJ Premier, Ski, K-Rob, Peter Panic, Knobody

1996. En pleine guerre East Coast/West Coast, un jeune MC originaire de Marcy Projects, Brooklyn se distingue sur la Bande Originale du film Dead Presidents en signant le titre éponyme. Le grand public hip-hop découvre alors ce rappeur au flow élastique que seul les plus perspicaces se rappellent avoir entendu sur les albums de The Jaz. Fort d’un passé de dealer de crack et d’accointances avec The Notorious B.I.G., il marquera les esprits avec un nouveau titre en combinaison avec Foxy Brown et sortira dans la foulée son premier album aux fins de lancer son propre label Roc-A-Fella fondé en début d’année avec deux amis Karim Burks et Damon Dash.

Ce coup d’essai va finalement s’avérer être un coup de maître et gagnera sans peine ses galons d’album classique. Jay-Z fait étalage de son flow fluide reconnaissable entre mille, innerve ses lyrics de constantes références à son passé de dope dealer et fait montre d’une technique microphonique hors-norme. A l’aise sur tous les instrumentaux, il accroche dès la première écoute et se hisse à un niveau digne des albums de son ami The Notorious B.I.G. Ce dernier interviendra d’ailleurs  sur le classique Brooklyn’s Finest, hymne à leur quartier d’origine et qui constitue un des hauts faits du disque. Un morceau d’anthologie devenu depuis un des tous meilleurs jamais fait par des rappeurs New-Yorkais. Une autre flopée de classiques tracks sont également présentes sur ce disque. Des plus conscients Dead Presidents et Politics As Usual aux tubesques Can’t Knock The Hustle qui invite Mary J. Blige (mention spéciale également à son remix) et Ain’t No Nigga en passant par les excellents Friend Or Foe, D’Evils ou encore Coming Of Age (sur lequel Memphis Bleek apparait pour la première fois). Il n’y a pratiquement aucun titre à jeter sur cet album qui s’impose comme l’un si ce n’est le meilleur de Jigga. Il n’a d’ailleurs jamais pu faire mieux depuis. Bien sur il a réussi à réitérer cet exploit avec The Blueprint mais jamais il n’a réussi à surclasser ce Reasonable Doubt.

Un classique intemporel et un incontournable pour tout fan de rap new-yorkais.

19/20

Tracklist

# Title Producer(s) Samples Length
1 « Can’t Knock the Hustle » (feat. Mary J. Blige) Knobody, The Hitmen 5:17
2 « Politics as Usual » Ski 3:41
3 « Brooklyn’s Finest » (feat. The Notorious B.I.G.) Clark Kent 4:36
4 « Dead Presidents II«  Ski 4:27
5 « Feelin’ It » (feat. Mecca) Ski 3:48
6 « D’Evils » DJ Premier 3:31
7 « 22 Two’s » Ski 3:29
8 « Can I Live » Irv Gotti 4:10
9 « Ain’t No Nigga » (feat. Foxy Brown) Big Jaz
  • « Seven Minutes of Funk » by The Whole Darn Family
  • « Ain’t No Woman (Like the One I Got) » by The Four Tops
4:03
10 « Friend or Foe » DJ Premier
  • « Hey What’s That You Say » by Brother to Brother
1:49
11 « Coming of Age » (feat. Memphis Bleek) Clark Kent
  • « Inside You » by Eddie Henderson
3:59
12 « Cashmere Thoughts » Clark Kent 2:56
13 « Bring It On » (feat. Big Jaz & Sauce Money) DJ Premier 5:01
14 « Regrets » Peter Panic 4:34
15* « Can I Live II » (feat. Memphis Bleek) K-Rob
  • « Mother’s Day » by 24 Carat Black
3:57
16* « Can’t Knock the Hustle » (Fool’s Paradise Remix) Irv Gotti 4:45

Sortie: 13 Février 1996
Label: Death Row/ Interscope
Producteurs: DJ Quik, Dat Nigga Daz, DeVanté Swing, DJ Pooh, Dr. Dre, Bobby « Bobcat » Ervin, Johnny « J », Mike Mosley, Doug Rasheed, Rick Rock, 2Pac

On avait quitté Tupac Shakur avec un troisième album de très bonne qualité (Me Against The World) et une accusation de sodomie et d’agression sexuelle qui lui a valu une peine de quatre ans et demi de prison. Alors que son avenir musical semble bien sombre, voici que Marion « Suge » Knight débarque comme par enchantement et paye la caution pour sorti 2pac de prison. En contrepartie, ce dernier signe un contrat de trois ans avec Death Row.
L’annonce de cette signature a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme hip-hop. Plus qu’un simple alliance de circonstance, Pac rejoignait ainsi le plus prometteur et explosif label de la côte Ouest, constituant avec les Dr. Dre, Snoop Doggy Dogg et autres Tha Dogg Pound une véritable Dream Team rapologique. De plus à l’ouest leur est à l’union depuis l’agression dont Mr Shakur a été victime en 1994 et ses démêlées avec le clan Bad Boy (Notorious B.I.G. en tête). En pleine guerre Est/Ouest donc, la signature de 2Pac est donc un renfort de choix pour l’une comme l’autre partie (Je parle de Pac et de Death Row)
A peine sorti de prison, Mr Shakur voit les choses en grand et signe un retour fracassant en compagnie de Dr. Dre sur le désormais classique California Love. Une véritable boucherie musicale portée par une boucle de piano entêtante et une vidéo inspiré de Mad Max et le dôme du tonnerre. Tupac ne se satisfait cependant pas de ce succès. Il s’enferme littéralement en studio et travaille d’arrache-pied à la conception d’All Eyez On Me. Il est attendu au tournant et il le sait. Il enregistrera donc comme un forcené, interviendra à pratiquement toutes les étapes de la réalisation de l’album et continuera à faire monter le buzz par ses frasques et autres facéties. Mieux il surprendra même tout le monde en annonçant que l’album serait en deux parties puis qu’on aurait deux disques pour le prix d’un seul. Jamais personne dans l’histoire du hip-hop n’avait encore réalisé de double album, Shakur sera le premier.
Au final nous auront donc droit à 27 titres, et chose improbable il n’y a qu’un seul déchet ( What’z Ya Phone # qui conclu le premier CD). Cet album contient son lot de classiques tracks 2 Of Amerikaz Wanted en duo avec Snoop Doggy Dogg, How Do You Want It avec les frangins de Jodeci, K-Ci & Jojo, Wonda Why They Call U Bitch, I Ain’t Mad at Cha, Ambitionz Az A Ridah, All About U) et bien d’autres. A vrai dire pratiquement tous les morceaux font partie du panthéon Hip-Hop. Entre sons festifs plus légers (Thug Passion, Ratha Be Ya, Check Out Time ou encore Skandalouz), sons plus profonds (Heartz Of Men, No More Pain) tueries plus consensuelles (Only God Can Judge Me, Life Goes On, When We Ride), diss tracks (Can’t C Me) et posse cuts (Tradin War Stories, Ain’t Hard 2 Find) on obtient un album très complet dont on se lasse difficilement. La qualité est telle qu’on ne ressent même pas la longueur. En pleine guerre East/West on est surpris de voir figurer Method Man & Redman aux côtés de Kurupt et Daz Dilinger en représentants de l’Est honni sur le classique Got My Mind Made Up.
Sans être son tout meilleur album, All Eyez On Me n’en reste pas moins le plus ambitieux et l’un de ses opus les plus aboutis. Les seuls reproches qu’on pourrait lui faire est que Pac n’ait pas forcé ses qualités de lyriciste et que l’album sonne beaucoup trop dans l’air du temps. Mais ces fausses notes sont gommées par son charisme au mic et le large éventail des facettes de son personnage qui y sont mises en lumière. Au delà de la pluie de hits qui en découle, cet album marquera à jamais l’histoire de la West Coast et du rap tout court. Un grand classique pour moi. Chapeau bas Mr Shakur.

18/20

Tracklist

CD1
1. Ambitionz Az A Ridah (produit par Daz Dillinger)
2. All Bout U feat Yaki Kadafi, Hussein Fatal, Snoop Dogg, Nate Dogg & Dru Down (produit par Johnny J & 2Pac)
3. Skandalouz feat Nate Dogg (produit par Daz Dillinger)
4. Got My Mind Made Up feat Daz Dillinger, Kurupt, Method Man & Redman (produit par Daz Dillinger)
5. How Do You Want It feat K-Ci & Jojo (produit par Johnny J)
6. 2 Of Amerikaz Most Wanted feat Snoop Dogg (produit par Daz Dillinger)
7. No More Pain (produit par DeVante Swing)
8. Heartz Of Men (produit par DJ Quik)
9. Life Goes On (produit par Johnny J)
10. Only God Can Judge Me feat Rappin 4-Tay (produit par Doug Rasheed & Harold Scrap Freddie)
11. Tradin War Stories feat Dramacydal, C-Bo, Storm & the lady of rage (produit par Mike Mosley & Rick Rock)
12. California Love feat Dr. Dre & Roger Troutman (produit par Dr Dre) (remplacé par le remix sur la réédition de 2001)
13. I Ain’t Mad At Cha feat Danny Boy (produit par Daz Dillinger)
14. What’z Ya Phone # feat Danny Boy (produit par Johnny J & 2Pac)

CD2
1. Can’t C Me feat George Clinton (produit par Dr Dre)
2. Shorty Wanna Be A Thug (produit par Johnny J)
3. Holla At Me (produit par Bobcat)
4. Wonda Why They Call U Bitch (produit par Johnny J & 2Pac)
5. When We Ride feat Tha Outlawz (produit par DJ Pooh)
6. Thug Passion feat Jewell, Dramacydal & Storm (produit par Johnny J & 2Pac)
7. Picture Me Rollin’ feat Danny Boy, Big Syke & CPO (produit par Johnny J)
8. Check Out Time feat Kurupt & Big Syke (produit par Johnny J & 2Pac)
9. Ratha Be Ya Nigga feat Richie Rich (produit par Doug Rasheed)
10. All Eyez On Me feat Big Syke (produit par Johnny J)
11. Run Tha Streetz feat Michel’le, Mutah & Storm (produit par Johnny J & 2Pac)
12. Ain’t Hard 2 Find feat E-40, B-Legit, C-Bo & Richie Rich (produit par Mike Mosley & Rick Rock)
13. Heaven Ain’t Hard 2 Find (produit par QD3)

Sortie: 2 Juillet 1996
Label: Columbia
Producteurs: DJ Premier, L.E.S., Dr. Dre, Havoc, Live Squad, Trackmasters

Après un premier album certifié classique, le retour du MC de Queensbridge était l’un des évènements les plus attendus du microcosme hip-hop. Nas confirmerait-il son statut de meilleur plume new-yorkaise, ou alors ne serait-il qu’un épiphénomène de plus comme cette culture en a trop connu? La pression est donc grande pour Nasir Jones au moment de la livraison de ce second opus. Entre une presse dithyrambique à son endroit et un public qui place en lui d’énormes espoirs, le rappeur joue la carte de l’ouverture avec le single If I Ruled The World (Featuring Lauryn Hill des Fugees, qui à l’époque avaient réalisé de très bonnes ventes avec le très controversé The Score) lancé en éclaireur. Tout le monde l’ignore encore mais ce titre est presqu’à lui tout seul un résumé de l’album. Refrain chanté accrocheur, mélodie empruntée à Kurtis Blow, arrivée en grande pompe des Trackmasterz, thème qui n’est pas sans rappeler le World Is Yours du premier album et rimes toujours aussi accrocheuses. Dans la foulée, on apprend que Dr Dre produira un son sur cet album. De quoi dérouter les hip-hop heads les plus radicaux de l’époque pour qui Dr Dre= gros sons commerciaux. Le public est donc assez divisé au moment ou It Was Written arrive dans les bacs.

Une première écoute rapide nous permet de réaliser que Nas a clairement voulu évoluer en ne livrant pas un Illmatic bis. DJ Premier ne produit qu’un seul titre I Gave You Power, le reste étant principalement l’oeuvre des Trackmasterz (L.E.S.,Poke, Tone). La présence de JoJo du groupe Jodeci (à l’époque en pleine gloire) sur Black Girl Lost ne manque pas de décontenancer plus d’un. Les refrains chantés sont à l’honneur et les samples sont beaucoup plus accessibles que sur le précédent opus. Sans compter qu’au niveau des textes, Nas s’aligne sur la mode New-yorkaise de l’époque en innervant ses lyrics de références aux films de gangsters, en se rebaptisant Nas Escobar (en référence au célèbre trafiquant de drogue Pablo Escobar) et en arborant la panoplie du parfait mafioso (vêtements de haute couture, cigare et belles voitures) dans ses vidéos. Le mythe du street poet en prend un coup . Mais il convient de passer outre ces idées arrêtées pour réellement apprécier cet album.

L’intro nous transporte dans le Queensbridge cher à Nasir Jones (Il avait déjà déménagé cependant). Dès le premier titre The Message, les bases de l’album sont clairement posées. Un sample de Sting efficace et une performance en tout point remarquable et un refrain fait de scratches de DJ Kid Capri (Aussi célèbre à l’époque qu’un Green Lantern ou un Whoo Kid). la première surprise vient de Street Dreams dont le refrain reprend Eurythmics. Étrange quand on sait que ce titre parle de rue, mais preuve que Nas est loin de vouloir se fermer musicalement, n’en déplaise aux pseudo-puristes. I Gave You Power passe alors presque pour une étrangeté au vu de ces deux prédécesseurs. Les autres titres suivent sans qu’on sente la qualité faiblir jusqu’au surprenant Nas Is Coming produit par Dr Dre. Introduit par un dialogue sur la guerre East Coast/West Coast, on est loin du banger G-Funk que le seul nom du bon docteur laissait présager. L’excellent Afirmative Action lui succède avec brio. Titre fondateur de The Firm et première apparition officielle de Cormega au passage (avant leur brouille). Havoc livre deux productions dans son registre habituel (hardcore à souhait), The Set Up et le sombre Live Nigga Rap sur lequel il s’invite en combinaison avec son acolyte de Mobb Deep, Prodigy. Passons le peu captivant Black Girl Lost et arrêtons nous sur Shootouts, titre sur lequel Nasty Nas accélère son débit et livre une très bonne performance. L’album se conclut avec le déjà cité If I Ruled The World.

Un disque assez critiqué au moment de sa sortie pour ses divergences d’avec le premier et les raisons évoquées plus haut, mais d’excellente facture. Pas un classique, mais un album qui pose les bases de son futur musical.

17/20

Tracklist:

1. Album Intro
Produced by Nas & Trackmasters

2. The Message
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Scratches by DJ Kid Capri

Contains a portion of Shape Of My Heart as performed by Sting

3. Street Dreams
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains an interpolation of Sweet Dreams as performed by the Eurythmics
Contains a portion of Never Gonna Stop as performed by Linda Clifford

4. I Gave You Power
Produced by DJ Premier for Works of Mart, Inc

5. Watch Dem Niggas
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains a portion of Sponge as performed by Earl Klugh

6. Take It In Blood

Produced by Live Squad, Top General Sounds and Lo Ground
Contains a sample of Mixed Up Moods & Attitudes as performed by the Fantastic Four

7. Nas Is Coming
Produced by Dr. Dre

8. Affirmative Action featuring AZ, Cormega and Foxy Brown
Produced by Dave Atkinson, Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Dave Atkinson

9. The Set Up
Produced by Havoc of Mobb Deep

10. Black Girl Lost
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Additional production by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Background vocals by JoJo Hailey of Jodeci
Contains a sample of Starlight as performed by Stephanie Mills

11. Suspect
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Contains a portion of El Gatto Triste as performed by Chuck Mangione

12. Shootouts
Produced by Poke & Tone and Kirk Goody for Trackmasters Entertainment

13. Live Nigga Rap
Produced by Havoc of Mobb Deep

14. If I Ruled the World (Imagine That)
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Additional production by Rashad Smith for Tumbling Dice Productions
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Featured vocals by Lauryn Hill
Contains portions of Friends (instrumental) written by L. Parker. “If I Ruled the World” written by Kurt Walker, performed by Kurtis Blow

Mastered by Tom Coyne at Sterling Sound, NYC
Executive Producers: Nas, Steve Stoute and Trackmasters