Archives de janvier, 2010

Sortie: 8 décembre 2009

Label: Re-Up/Star Track

Producteurs: The Neptunes, DJ Khalil, Chin, Sean C & LV

Les années 2008 et 2009 auront été marquées par la crise. Que ce soit au plan économique ou artistique nous traversons une période de vaches maigres accentuée par une certaine déliquescence chaque jour plus manifeste. Le hip-hop n’a quant à lui pas attendu ces deux années terribles pour entamer sa crise. Depuis 2007, il pâtit de productions sans grande saveur, d’un discours plus redondant que jamais et s’avère de moins en moins innovant, plombé qu’il est par une uniformisation grandissante, infectant même ses souterrains. Dans ce contexte morose, les attentes concernant les albums des valeurs sures sont d’autant plus grandissantes. Le duo de dealers de coke de Virginia Beach n’y échappe pas. Après deux albums tutoyant les classiques, les deux frères Thornton sont attendus au tournant et ils le savent. Avec des milliers de fans et une critique en manque depuis leur dernière inhalation, ils se doivent de livrer une drogue encore plus puissante tout en nous gardant de l’overdose. C’est sans doute ce dernier souci qui a présidé lors de l’élaboration de ce nouveau produit de synthèse. Nos frères décident en effet de changer leur formule gagnante en s’associant à des chimistes autres que les fidèles Neptunes. Une nouvelle qui n’a pas forcement rassuré la clientèle dan,s la mesure ou depuis leur apparition  officielle avec Lord Willin, Malice et Pusha T ne se sont passés de leur service qu’une seule fois, le temps de livrer une barrette de shit portant le nom de I’m Serious dissimulée dans le package d’une bande originale répondant au nom de Cradle To The Grave. De plus des rumeurs faisant état d’associations avec des revendeurs de peu d’envergure, au nombre desquels Joss Stone (le titre sera effectivement enregistré), suscitait des craintes légitimes. Comme la plupart des gros bonnets du milieu, Clipse cèderait-il aux pressions de la mafia discographique en livrant une dose édulcorée, à l’image de celles auxquelles les pauvres camés que nous sommes doivent se contenter depuis quelques temps. Premiers éléments de réponse, l’annonce de l’identité des nouveaux laborantins. On aurait pu craindre l’irruption de pathétiques amateurs ne devant leur éphémère renommé qu’au manque de goût de la clientèle. Il n’en est cependant rien. Les deux nouvelles équipes constituées des Hitmen Sean C & LV et de DJ Khalil (secondé pour l’occasion de Chin) a heureusement déjà fait ses preuves dans le milieu. Avec ces renforts de choix et la confiance renouvelée en Chad Hugo et Pharrell Williams, on table raisonnablement sur une livraison de qualité. Malheureusement la fine équipe mettra énormément de temps à infiltrer de nouveau l’industrie. En dépit d’une nuée de consommateurs fidèles, il leur faut recréer leur réseau une fois de plus avant de lancer la vente à grande échelle. La mise en vente sera ainsi maintes fois ajournées au plus grand dam des consommateurs. L’impatience aidant ils se jetteront sur le moindre pétard introduit par la fine équipe. Le disque de Re-Up Gang fera ainsi patienter les plus atteints. Pour les autres il faudra attendre que la toute première dose du package, Kinda Like A Big Deal investisse les rues pour mettre fin à cette trop longue période de manque. Cet excellent cru usiné par DJ Khalil retourne le cerveau dès les premières ingurgitations. De plus le petit zeste apporté par Kanye West n’altère en rien la qualité du produit, tout au contraire. Les sentiments sont cependant plus partagés avec les livraisons suivantes I’m Good et All Eyes On Me qui en dépit de leur qualité et de la touche neptunienne sont diversement appréciées par les Clipse-addicts. Dernière dose à se rependre dans les rues via le concours de l’ambassadeur du bitume Cam’ron, Popular Demand (Popeyes) s’avère plus que satisfaisant. Le hors-d’œuvre digéré place à présent au package de luxe tant attendu que tout Clipse-Fiend se hate de se procurer chez son revendeur habituel.
Première impression, le disque s’avère comme on l’espérait très bien produit. Si les Neptunes continuent à se tailler la part du lion en ne laissant que cinq productions aux autres artificiers, ces derniers se mettent au niveau du duo de producteurs virginiens, rivalisant même d’imagination avec eux. Sean C & LV mettent la pression d’entrée avec un excellent Freedom (quoique peu évident à appréhender lors des premières écoutes). Un sample de voix de David Potter, un riff de guitare, quelques instrumentations additionnelles et le tour est  joué.  Ajoutons à cela une très bonne performance de Pusha T (très en verve sur l’ensemble du disque d’ailleurs) et on se laisse emporter par ce titre. L’hypnotique Popular Demand avec son couplet tout en ad libs de Killa Cam et le terrible Kinda Like A Big Deal envoient l’auditeur en orbite et le transporte sans décalage horaire dans le monde de nos deux lascars, exactement comme sur les premiers opus.
Avec une entrée en matière aussi époustouflante on se prend à rêver à une nouvelle tuerie. Les titres suivants viendront corroborer ce sentiment. Yo Gotti se met en valeur sur la bastos Showing Out nouvelle collaboration réussie avec les Neptunes. Malheureusement cette association jusqu’alors si efficace va s’avérer à la longue moins percutante sur cet album. Si elle s’avère convaincante sur Door Man et plutôt correcte sur I’m Good, il n’en est pas le cas sur la plupart des autres titres livrés par le combo virginien. Sans pour autant sombrer dans l’insipide les productions trop « lights » des Neptunes dénotant d’une volonté d’ouverture commerciale font perdre de l’épaisseur à la mayonnaise. Cette orientation n’est bien entendu pas du goût de ceux qui ne rêvaient que d’instrus gras comme un vieux burger. Si dans leur ensemble elles ne sont pas foncièrement mauvaises, on ne peut affirmer qu’elles ne  tirent pas l’album vers le bas. All Eyes On Me rempli parfaitement son rôle de titre club notamment grâce au renfort de Keri Hilson mais ne convainc que moyennement et finira même par irriter certains. Counseling et surtout Champion sont par contre peu emballants. On en baille presque. On en est encore à se demander comment Pharrell et son acolyte en sont venus à livrer des prods si peu originales (ce qui était pourtant la grande force de celles des deux premiers albums) à leurs collaborateurs de longue date. On a beau être fan la compromission est difficilement concevable. Pour ne rien arranger DJ Khalil ne gâte pas non plus son Footsteps. Si nos MC’s s’y adaptent plutôt bien, il n’en est pas de même pour Kobe qui livre un refrain irritant à la longue. Il s’en sort heureusement mieux sur un There Was A Murder de bien meilleure facture. C’est finalement Sean C & LV qui pourront se targuer d’avoir réussi un sans-faute en assurant le missile barbelé Never Will It Stop sur lequel Ab-Liva sort le gun secondant avec brio les deux frères dans ce massacre auditif. Ces derniers sont heureusement restés égaux à eux-mêmes tout au long de ce projet. Leur complémentarité microphonique continue de faire des étincelles et reste toujours aussi savoureuse. Si Malice est devenu un tantinet plus nonchalant, Pusha T a cependant gagné en efficacité avec des prestations plus énergiques.  Que les sceptiques soient rassurés, le duo est toujours aussi incisif. L’album se conclue sur une ultime production signé par les Neptunes. Life Change voit intervenir leur petit protégé Kenna sur le refrain et achève plutôt bien l’album

Un disque qui au regard de ce à quoi nous avaient habitués nos deux zigs s’avèrent finalement décevant. La faute à une inégalité trop flagrante. Si la première partie est de très haut niveau, l’album pêche sur la longueur à cause du manque de consistance de sa deuxième partie. Dommage pour nos frères qui s’ils continuent de briller au mic font les frais de la direction artistique de leurs amis producteurs. On en vient finalement à se demander s’il n’aurait pas été loisible de leur donner moins d’influence et faire plus de place aux autres architectes sonores de l’opus. En dépit des nombreuses réserves, Til The Casket Drops n’en demeure pas moins un très bon album et peut-être même un des meilleurs de l’année. On était bien entendu en droit d’en espérer plus et on est un peu déçu, mais ce ressentiment ne doit pas venir fausser notre jugement. Un bon disque de 2009.

16/20

Tracklist

# Title Producer(s) Length
1. « Freedom » Sean C & LV 3:46
2. « Popular Demand (Popeyes) » (feat. Cam’ron & Pharrell) The Neptunes 4:20
3. « Kinda Like a Big Deal » (feat. Kanye West) DJ Khalil & Chin 3:26
4. « Showing Out » (feat. Yo Gotti & Pharrell) The Neptunes 3:38
5. « I’m Good » (feat. Pharrell) The Neptunes 4:21
6. « There Was a Murder » (feat. Kobe) DJ Khalil & Chin 3:36
7. « Door Man » The Neptunes 5:08
8. « Never Will It Stop » (feat. Ab-Liva) Sean C & LV 3:21
9. « All Eyes on Me » (feat. Keri Hilson) The Neptunes 3:50
10. « Counseling » (feat. Nicole Hurst & Pharrell) The Neptunes 3:17
11. « Champion » The Neptunes 4:14
12. « Footsteps » (feat. Kobe) DJ Khalil 4:21
13. « Life Change » (feat. Pharrell & Kenna) The Neptunes 4:27
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Sortie: 8 décembre 2009

Label: Doggystyle/Priority

Producteurs: Scoop DeVille, The-Dream, Tricky Stewart, Dr. Dre, Terrace Martin, Lil Jon, Teddy Riley, Nottz, Timbaland, The Neptunes, B-Don, Danja, Battlecat, Snoop Dogg

A peine parti que déjà il signe son retour.Une année seulement après le contesté Ego Trippin, le chien de Long Beach revient dans les bacs avec son dixième album. Ce disque s’annonce d’ores et déjà dans la lignée de ce à quoi Snoop nous a habitué depuis R&G, à savoir faire danser les foules tout en se faisant plaisir quitte à livrer un projet fourre-tout dans lequel tout un chacun pourra avoir son compte. Si jusqu’alors le contrat avait été plus ou moins respecté avec quelques titres plus consensuels au milieu des confiseries dont notre chien est désormais si friand, ce n’est pas vraiment le cas avec cet opus.
Commençons tout de même par le commencement. Les plus perspicaces se rappellent que Snoop Dogg a toujours couru après son indépendance artistique. C’est fort de cette idée que son propre label Doggystyle Records avait vu le jour en 1999, un peu avant la fin de son contrat avec No Limit. Les impératifs économiques étant ce qu’ils sont, notre chien devra mettre ses velléités en suspens le temps de mieux se retrouver. Finalement libéré de ses obligations avec Geffen, il prend donc le chemin de l’indépendance (quoique relative vu que la distribution est tout de même assurée par Priority) à l’instar de beaucoup de ses illustres collègues (Ice Cube, Rakim…) et entame dans la foulée la réalisation de ce dixième album. Première conséquence, il se retrouve avec la casquette de producteur exécutif. Deuxième effet pervers, le nombre de tracks est revu à la baisse, une première dans sa discographie solo.Il faudra se contenter de douze titres en plus d’une intro et d’une outro des plus dispensables. Heureusement sa longévité dans l’industrie lui a tout de même permis de se constituer un solide carnet d’adresses. Il s’entoure donc d’une brochette de producteurs des plus variées. Entre vieux compagnons de route (Battlecat, Dr. Dre…), habitués (Teddy Riley, The Neptunes, Scoop DeVille), et collaborateurs côtés du moment ( Danja, The-Dream) la diversité est assurée. De quoi prêter à un minimum d’optimisme pour la qualité de cet opus. Les fuites s’avèreront cependant peu rassurante, tout comme la tracklist dont la publication fera naitre de sérieux doutes sur le contenu. Heureusement encore que la pochette est belle.
Premier constat à l’écoute, le disque est conforme aux prévisions que laissait entrevoir la tracklist et l’orientation de l’auteur ces dernières années. Comme trop souvent, il suit parfaitement la tendance se contentant d’assurer le minimum syndical au micro. On en attendait pas mieux vu que depuis Tha Last Meal sa street crédibilité est sur la pente descendante, mais là on a droit à du Snoop fatigué. Le chien a définitivement perdu ses crocs et n’est plus bon qu’à se rependre en jappements attendrissants et en aboiements légers dignes d’un chihuahua asthmatique. Pour le reste le contenu du disque ravira à n’en point douter l’association des odonto-stomatologistes. C’est mielleux au possible, limite mièvre et surtout peu inspiré. La niche du pittbull s’est muée litière de chat persan. Il faut se rendre à l’évidence le jeune Crip qui avait pris le hip-hop en levrette il y a plus de quinze ans n’est plus. Les rues sales polluées par les gangs n’étant plus son territoire de prédilection, il se vautre désormais dans une literie cotonneuse à souhait. Et ce au mépris des fans de la première heure qui avait espérer un éventuel retour aux sources (en même temps il ne fallait pas rêver).
Tout démarre pourtant bien avec un I Wanna Rock plutôt efficace sans pour autant être exceptionnel.Un titre qu’on qualifierait de moyen à l’échelle des possibilités microphoniques de Snoop mais qui s’avère de très bonne facture au vu de l’ensemble. Même impression avec le trop bref 2 Minute Warning qui lui succède. A partir de la quatrième piste on oscille entre le bon et le moins bon. Snoop ressuscite Lil Jon le temps d’un 1800 sans éclat mais marque surtout la tendance sudiste de cet opus. Un choix pas des plus fructueux d’autant qu’il accouche de titres peu convaincants à l’image d’un That’s That Homie sans intérêt sur lequel on aurait très bien pu remplacer ses couplets par ceux de Gucci Mane sans que personne ne crie au scandale. Les tréfonds de la médiocrité sont atteints avec le pathétique Pronto qui invite le chouchou des kikoolols, j’ai nommé Soulja Boy. Pas de « Yoooou » au menu cette fois-ci. Notre petit père se permet même de livrer une performance de très bonne facture comparée à ses propres compositions. Ça reste cependant aussi mou qu’un pénis de môme et pour ne rien arranger le long chien se met au niveau de son invité avec une performance de liliputien haltérophile .Un titre tout simplement abominable desservi par un refrain des plus risibles où ce qui reste de la voix de notre jeunot après un passage sous auto-tune se charge de remplir de joie les ORLs. Boules Quiès vivement recommandées pour ce titre sous peine d’être pris de pulsions meurtrières. Le massacre se poursuit avec les deux combinaisons avec The-Dream (Gangsta Luv et Luv Drunk) qui sans être mauvaises ne convaincrons que les amateurs de sons légers. Il a beau retrouver ensuite R. Kelly pour un ersatz de That’s That Shit sur Pimpin’ Ain’t EZ on n’en demeure pas moins dubitatifs.
Une poignée de titres vient cependant sauvé l’album du naufrage. Jazmine Sullivan donne une dimension supplémentaire à Different Languages orchestré par Teddy Riley et Scoop DeVille, sans pour autant que Snoop brille. La mayonnaise s’épaissit cependant grâce au plus street Upside Down qui vaut tout autant pour les bonnes prestations des rookies Nipsey Hussle et Problem. C’est finalement les vieux fidèles qui livreront les meilleurs titres. Snoop retrouve Battlecat et Kokane sur Secrets pour un titre plus que convaincant nous rappelant qu’il y a bientôt dix ans ils faisaient des étincelles tous trois. Un morceau qui fera la joie des nostalgiques. Dans un autre registre le très bon Special sur lequel il bénéficie du renfort de Pharrell Williams et de Brandy satisfera également les acheteurs de R&G.
Cependant sans être mauvaise langue ou ironique l’album se révèle plutôt agréable à écouter. Léger mais tout de même plaisant, il s’avère accrocheur et séduira sans peine les amateurs de sons sans prises de tête. Au vu de ce virage assumé, il serait inapproprié de dire que la descente aux enfers de Snoop continue et que ce disque de plus l’enfonce un peu plus dans l’océan de la wackitude. L’album aurait cependant pu être de bien meilleure facture s’il avait été d’avantage peaufiné. Assurément un de ses plus mauvais disques et sachant qu’il persistera dans cette voie, il y a fort à parier que le suivant risque d’être tout simplement indigeste.

10/20

Tracklist

  1. « Intro »
  2. « I Wanna Rock » (prod. Scoop DeVille, co-prod. Dr. Dre)
  3. « 2 Minute Warning » (prod. Terrace Martin)
  4. « 1800 » (feat. Lil’ Jon) (prod. Lil’ Jon)
  5. « Different Languages » (feat. Jazmine Sullivan) (prod. Teddy Riley & Scoop DeVille, co-prod. PMG)
  6. « Gangsta Luv » (feat. The-Dream) (prod. The-Dream & Tricky Stewart
  7. « Pronto » (feat. Soulja Boy) (prod. B-Don, co-prod. Super Ced)
  8. « That’s Tha Homie » (prod. Danja, co-prod. Timbaland)
  9. « Upside Down » (feat. Problem & Nipsey Hussle) (prod. Terrace Martin, co-prod. Jason Martin)
  10. « Secrets » (feat. Kokane) (prod. Battlecat)
  11. « Pimpin Ain’t EZ » (feat. R. Kelly) (prod. Nottz)
  12. « Luv Drunk » (feat. The-Dream) (prod. The-Dream & Tricky Stewart)
  13. « Special » (feat. Brandy & Pharrell Williams) (prod. The Neptunes)
  14. « Outro »

Sortie: 9 Novembre 2009

Label: Shady/Aftermath/Interscope

Producteurs: Dr. Dre, Mark Batson, Rockwilder, DJ Khalil, Polow Da Don, Rick Rock, Havoc, Tha Bizness, Ty Fyffe, Manny Perez, Lab Ox, Vikaden, Team Ready, J Keys, Team Demo,   Nascent, QB Da Problem, Black Key, Dual Output, Chin Injeti

Il est lieu commun d’affirmer que 50 Cent est musicalement au creux de la vague (à la grande joie de ses haters de tout poil, trop heureux de le voir s’étaler en beauté). Elle est loin l’époque ou il faisait la pluie et le beau temps sur le rap mainstream avec son Gorilla Unit. Loin aussi cette époque où quiconque s’en prenant à lui  voyait sa carrière fortement ébranlée. S’il a successivement enterré Ja Rule, Cam’ron et Fat Joe, Fiddy a malheureusement perdu son duel au sommet avec Kanye West, initié à l’occasion du très moyen Curtis (qu’il qualifiera lui-même d’échec). Pis il reste sur un échec retentissant avec la sortie du catastrophique deuxième album de la G-Unit Terminate On Sight. Un revers dont il se relèvera très difficilement au vu de la nuée de critiques qu’a subi l’opus. Il fera donc le dos rond annonçant dans la foulée la sortie prochaine de son quatrième album Before I Self Destruct, projet déjà bien avancé au moment des sessions de Curtis. Il définit lui-même l’album comme un retour aux sources et la qualifie de prequel de Get Rich Or Die Tryin’. On reste cependant dubitatif vu que ce genre d’annonce s’avèrent souvent infondées. Initialement prévu pour 2008, il se verra sans cesse reporté officiellement pour laisser le champ libre au grand retour d’Eminem. La véritable raison serait plutôt le manque de buzz dont bénéficie 50. S’il y a encore peu son seul nom suffisait à mettre la presse et le public en émoi, il faut bien admettre que la donne à changer. L’heure n’est plus aux gangsters en carton, mais plutôt aux ringtones rappers, à l’autotune et aux sonorités mâtinées de pop music et de dance. Dans ce contexte faisant la part belle à la facilité et aux projets sans aucune originalité, Fiddy a quelque peu de mal à se retrouver. Pour ne rien arranger la crise de l’industrie du disque et ses relations tendues avec Jimmy Iovine (patron d’Interscope son label) ne lui facilite pas la tâche au point que paradoxalement 50 est presque devenu un rappeur underground en 2009, tend ce dernier peine à exister entre les vedettes hip-pop et les arrivistes écervelés du ringtone rap, nouvelles idoles de la masse de joyeux crétins qui constituait naguère son public. Pas étonnant donc qu’il aie toutes les peines du monde à assurer le lancement de son album. Get Up, la première sonde, ne trouvera pas son public en dépit du renfort de Scott Storch à la production. Même sentence pour I Get It In que même le parrainage de Dr. Dre ne sauvera pas de la noyade (au sens commercial du terme).  Le nouveau beef contre Rick Ross arrivera presqu’en sauveur. S’il n’atteint pas l’intensité des premiers et laisse passablement indifférent, cette embrouille cousu de fil blanc aura au moins le mérite de le mettre de nouveau sous le feu des projecteurs (quoique la lumière fusse pâle et que ce beef aie d’avantage profité à Ross). Poussé dans les cordes par son nouvel « ennemi », Curtis se doit de réagir avec un album qui devrait marquer sa reconciliation avec la rue. Entretemps un autre titre produit par Dre fuit sur la toile: OK, You’Re Right. S’il laisse préfigurer un retour au fondamentaux, il est malheureusement plombé par une prod pas mauvaise mais qui s’avère à la longue trop répétitive et fini par lasser. Le premier single officiel Baby By Me (Featuring Ne-Yo) est tout aussi peu rassurant. On pourra se consoler en se disant qu’au moins il n’y a pas d’autotune dessus, mais ce titre taillé pour radios et dancefloor laisse étrangement de glace. Pis on se prend à redouter un nouveau Curtis, à savoir un disque fourre-tout sur lequel on peut retrouver la crème des gros vendeurs du moment. C’est fort de ces appréhensions que l’écoute de l’album est entamée.

Premier constat 50 continue dans sa logique street entamée sur l’album de la G-Unit. Si quelques producteurs de renom sont conviés(Polow Da Don, DJ Khalil, Rockwilder, Rick Rock…), une bonne moitié des sonorités sont confiées à des inconnus. Même Dr. Dre et son acolyte Mark Batson se montrent bien discret en ne signant que deux titres. Autre constante la liste des invités s’est vu sérieusement réduite. Seuls Ne-Yo, R. Kelly et son mentor Eminem auront l’honneur de s’illustrer à ses côtés. A l’écoute on relèvera surtout que l’ami Curtis a pour une fois tenu ses promesses. La couleur musicale s’avère aussi street qu’il l’avait annoncée. Pas de « T-Paineries » et autres « Kid Cudieries » au programme, on penche volontiers du côté de la soul plutôt. Pas de formules guimauvesques juste bonnes à contenter la nuée de diabétiques pré-pubères ou de combinaisons plus cotonneuses que de la barbe-à-papa. La confiserie est fermée pour cet épisode, place aux plats de résistance.

L’album démarre sur des chapeaux de roues avec le surpuissant The Invitation, bastos malheureusement trop brève usinée par un Ty Fyffe en grande forme. Ce titre donne le ton de cette première partie du disque où est concentrée la plupart des bons titres. L’enchainement avec les titres suivants donne une triplette incandescente transpirant le soufre. Entre ses souvenirs évoqués dans Then Day Went By et le rageur et explicite Death To My Enemies, nouvelle tuerie signée Dr. Dre, on retrouve le 50 qu’on a toujours connu et auquel on aura droit tout au long de l’album. Sur de lui, plus agressif tant dans le texte que dans le flow, il vide ses chargeurs sur la concurrence mais s’avère moins adroit que par le passé. Le sniper qu’il était rate plus souvent ses cibles qu’auparavant où s’en prend à des proies faciles qu’il a coutume de chasser, au point de ne pas convaincre grand-monde. Il égratigne ainsi Jay-Z, Game et Lil Wayne sur So Disrespectful, ersatz de Piggy Bank qui s’avère cependant plus écoutable que son original. Pour l’originalité il faudra clairement repasser. C’est le principal reproche qu’on peut faire à cet album. 50 ne s’éloigne en effet pas de ses propres sentiers battus et à défaut de se renouveler décline à l’envie les recettes qui ont fait son succès. Diss-track de circonstance (So Direspectful), titres énervés (Death To My Enemies), enième collaboration avec Eminem (Psycho), titres plus accessibles, références constantes à son passé de street soldier et on a fait le tour. N’allez cependant pas penser que cet album est sans intérêt. Il nous ressert peut-être la même chose mais a au moins le mérite de changer la forme. Il se montre toujours à son avantage sur Crime Wave, le partiellement autobiographique Stretch ou encore le soulful Strong Enough. Il ne s’en tire pas trop mal non plus sur Get It Hot, espèce de nouvel I Get Money plutôt entrainant, le correct I Got Swag ou encore le très bon Do You Think About Me, titre le plus réussi de ceux destinés au grand public.Son flow reste toujours aussi plaisant pour ceux qui y sont sensible et il livre de bien meilleures performances que sur les décevants projets précédents.

Tout n’est cependant pas rose au royaume de 50. L’album a aussi son lot de déceptions. Si Psycho s’avère être un excellent titre, 50 se fait outshiner sans ménagements par un Eminem éblouissant de dextérité, au point qu’il varie son flow sur le troisième couplet pour essayer de tenir la cadence mais rien n’y fait. Autres moments creux le fadasse Hold Me Down qui s’avère vite irritant, le peu inspiré Gangsta’s Delight (reprise ratée du fameux Rapper’s Delight) produite par un Havoc de moins en moins convaincant aux manettes et les titres radio friendly destinés au grand public qui plombent la fin de l’album. On y retrouve les deux singles Baby By Me et OK You’re Right mais aussi le plus que dispensable Could’ve Been You que la présence de R. Kelly ne suffit pas à rehausser. Une fin plus que passable qui laisse un sentiment d’inachevé pour l’auditeur. L’album se retrouve ainsi partagé en deux parties totalement inégales. Si la première est de très bonne facture, la seconde est plus que décevante et en dehors de quelques titres qui surnagent a de fortes chances de finir dans la corbeille. Toutes choses qui donnent une impression finale de bâclage.

Un disque assez contrasté en définitive. Si on est plutôt satisfaits de ce retour aux sonorités streets on est cependant moins séduits par la stagnation de l’ensemble. L’album reste largement supérieur à Curtis mais ne parvient pourtant à faire l’unanimité. Il apparait comme un projet correct sans plus, pêchant par déficit de créativité et de prise de risques. Il ne suffira en tout cas pas à lui rendre l’estime dont il bénéficiait au début du siècle, ni à rabattre le caquet à ses haters qui se feront une nouvelle joie de le tailler. Quoi qu’il en soit Before I Self Destruct a le mérite de ne pas avoir déçus ceux qu’il attendait. Bien sur il lui manque un peu de folie, mais dans le contexte actuel c’est toujours bon à prendre. 50 nous a donné exactement ce qu’on attendait de lui pour une fois, que demander de plus?

15/20

Tracklist

# Title Writer(s) Producer(s) Length
1. « The Invitation » Ty Fyffe, Manny Perez Ty Fyffe, Manny Perez 2:54
2. « Then Days Went By » D. Billy Jr., B. Withers Lab Ox, Vikaden 3:44
3. « Death to My Enemies » Andre Young, Mark Batson, T. Lawrence, D. Parker, Mike Elizondo Dr. Dre, Mark Batson 3:46
4. « So Disrespectful » J. Henderson, C. Whitacre Tha Bizness 3:39
5. « Psycho » (featuring Eminem) Marshall Mathers, Young, Batson, Parker, Lawrence Dr. Dre 4:45
6. « Hold Me Down » J. Groover, Y. Davis Team Ready, J Keys 3:19
7. « Crime Wave » J. Fragala, D. Zacharias, W. Witherspoon, A. Bond Team Demo 3:44
8. « Stretch » Ricardo Thomas Rick Rock 4:07
9. « Strong Enough » C. Ruelas, Q. Hysaw, C. McMurray, G. Jones, P. Sawyer Nascent, QB Da Problem 3:02
10. « Get It Hot » M. Davis Black Key 2:59
11. « Gangsta’s Delight » Kejuan Muchita, B. Edwards, N. Rogers Havoc 3:14
12. « I Got Swag » R. Frazier, W. Hutchinson, D. Jolicoeur, K. Mercer Dual Output 3:34
13. « Baby by Me » (featuring Ne-Yo) Jamal Jones, S. Smith Polow da Don 3:33
14. « Do You Think About Me«  Dana Stinson Rockwilder 3:26
15. « Ok, You’re Right«  Young, Batson, Parker, Lawrence Dr. Dre, Mark Batson 3:04
International Bonus Track
# Title Producer(s) Length
16. « Could’ve Been You » (featuring R. Kelly) DJ Khalil, Chin Injeti 4:20
iTunes Bonus Tracks
# Title Producer(s) Length
17. « Flight 187 » Phoenix 4:10
18. « Baby by Me » (feat. Jovan Dais) Polow da Don 3:33

Sortie: 17 Novembre 2009

Label: Ra Records/TVM/SMC Recordings

Producteurs: Needlz, Nottz, Jake One, Nick Wiz, Neo Da Matrix, Slyce, Y-Not, Lofey, Bassi Maestro, Poppa Pill, Samuel Christian and J Wells

10 ans. Dix années déjà que le successeur de l’excellent The Master était attendu avec impatience par tout fan de rap US se respectant. L’attente fut longue, au point que les plus pessimistes ne s’imaginaient même plus que ce disque sortirait effectivement. Il faut dire que le God MC n’a pas été épargné par les vicissitudes. Beaucoup avaient été enchantés par sa signature chez Aftermath en 2000, surtout que l’album qui devait en découler (le mort-né Oh My God! ) s’annonçait comme le classique des classiques avec une production exécutive assurée par Dr. Dre et DJ Premier (rien que ça!). L’aventure tournera malheureusement court pour cause de divergences artistiques entre Rakim et son nouveau mentor. Le divorce sera consommé en 2003, avec pour seuls souvenirs de cette collaboration son featuring sur le hit Addictive de Trurh Hurts, un titre sur la B.O. de 8 Mile (R.A.K.I.M.) et une apparition sur The Watcher 2 (titre présent sur The Blueprint 2 de Jay-Z). Les autres titres rejoindront la chambre forte à projets avortés d’Aftermath (qui s’avèrent d’ailleurs particulièrement fournie depuis les débuts du label) et seuls des extraits de mauvaise qualité fuiront sur la toile. Suivra ensuite une longue traversée du désert. Une signature sur le très éphémère label DreamWorks, une apparition aux cotés de Kanye West, Nas et KRS-One sur le single Classic et quelques apparitions fugaces dans des vidéos et quelques projets de moindre envergure. Parallèlement il décide de prendre sa destinée en main en prenant la voie de l’indépendance. C’est ainsi que nait le label Ra Records dont il est bien entendu la signature exclusive. Il ne lâche pas pour autant le micro et s’attelle à la réalisation de ce nouvel opus. Initialement prévu pour le 7 juillet 2007 (ce qui donne 07/07/07 en numérologie et témoigne de l’attrait de notre légende vivante pour le mysticisme), The Seventh Seal n’échappera malheureusement pas au principal écueil de l’industrie du disque de ces dernières années: les sempiternels reports. Ce n’est finalement que deux ans plus tard que ce projet arrivera enfin dans les bacs précédé par deux singles de très bonne facture: (Holy Are You et Walk These Streets).

Première déception la liste des producteurs conviés. Même avec un statut d’indépendant, on était en droit d’espérer qu’un artiste de la trempe de Rakim puisse tout au moins attirer quelques producteurs de génie, surtout que les rumeurs faisant état d’une livraison de DJ Premier et d’une unrealeased track usinée par Dr. Dre allait bon train. Au final les grands producteurs ne sont pas là. Pas de trace de Dre ou Primo. Pas plus de Clark Kent. Seuls artisans connus conviés: Jake One, Needlz et Nottz. Du menu fretin comparé au statut du MC en somme. Pour le reste la part belle est accordée aux inconnus (Nick Wiz, Neo Da Matrix, Slyce…).  Problème ces valeureux sous-traitants ne parviennent pas à se hisser au niveau des glorieux ex-collaborateurs du God MC) et l’album en souffre au plus grand regret des fans. Sans que les productions ne soient foncièrement mauvaises (elles sont même pour la plupart agréables à écouter), elles manquent clairement d’épaisseur et ne s’avèrent au final que globalement moyennes. Une sensation de « Peux mieux faire » hante les plages et plombe l’atmosphère générale. C’est par exemple le cas sur le moyen You & I ou le perfectible Message In The Song (sur lequel sa fille Destiny assure le refrain avec brio). Cela en devient même problématique à l’écoute de Working For You conçu à partir d’un sample ultra-grillé (William Bell, I Forgot To Be Your Lover)  ou du titre final Dedicated qui reprend sèchement le Don’t Speak de No Doubt.

Heureusement que le God MC conserve sa dextérité microphonique. Sans pour autant se révolutionner il fait étalage de beaux restes et prouve une fois de plus que sa notoriété n’est en rien usurpée. Si ses lyrics sont plutôt axés sur la religion (je devrais dire l’ésotérisme), son amour pour le hip-hop et les multiples évocations de son statut de légende vivante, notre Microphone Fiend n’en demeure pas moins efficace même si les plus pointilleux finiront par se lasser de ces thématiques. Il se permet même de donner des leçons sur l’art du rap dès le premier titre How To Emcee. Un cours magistral rondement mené qui renvoie les 3/4 des acteurs du mouvement à leurs études. On se laisse facilement séduire par l’entrainant Walk This Streets où il nous parle de la rue et de ses dangers. L’instru de Needlz a beau s’inspirer grandement de ce à quoi le bon docteur nous a habitué, il s’avère pourtant être un des meilleurs titres de l’album. Seul bémol, on se prend à regretter que leur collaboration n’est pas abouti au vu de la qualité de ce succédané ou même Maino (rare invité de l’album) parvient à s’illustrer. On en vient également à se demander quelle pouvait être la véritable nature des divergences artistiques avec Aftermath, surtout si c’est pour faire figurer ce titre dans leur plus pur style sur l’album. Autre constante dans cet album: la prédominance des refrains chantés. Pratiquement tous les titres y ont droit ce qui ne manque pas de dérouter quelque peu, surtout que les interprètes sont d’illustres inconnus). Volonté d’accessibilité (argument plus que discutable d’ailleurs) ou simple choix artistique? La seconde hypothèse est plus plausible. Dommage pour ceux qui rêvaient d’un album « à l’ancienne » avec un maximum de refrains rappés, moult scratches et invités prestigieux. Il faudra s’accomoder de cette ambiance soulful pour apprécier cet album à sa juste valeur.

Passés cet a priori, le disque s’avère plutôt convaincant. Rakim reste efficace qu’il nous parle de son amour de la musique (comme sur Put It All To Music, Still In Love ou les pré-cités Message In The Song et Working For You), de vie de rue ( Walk These Streetz et Documentary Of A Gangsta) ou d’amour (Psychic Love). Bien sur un album de Rakim ne saurait être complet sans quelques titres plus profonds au confluent de la philosophie et de la foi. Après tout n’a t’il pas nommé son album The Seventh Seal dans cette optique (titre tiré de la Bible)? Cette dimension est perceptible via des titres comme le spirituel Holy Are You (un des titres majeurs de cet opus), le profond Man Above ou encore le très bon Won’t Be Long sur le thème de la persévérance. Une brochette de titres qui donne de l’épaisseur à l’ensemble sans pour autant porté l’album vers les sommets.

Un album assez contrasté au final. Beaucoup attendaient un classique (espoir tout de même un peu naïf avouons-le) et seront au final déçu par ce disque qui n’effleure même pas ce statut. La faute à des productions trop peu efficaces et clairement indignes d’un retour autant attendu. Autant imaginer Sébastien Loeb dans une bête voiture de série. Si le talent de Rakim est resté intact, ce n’est malheureusement pas cet album qui refera de lui un des rappeurs les plus « hot ». Il fait même limite tâche dans sa disco en dépit d’une qualité certaine mais inférieure à ses prédécesseurs. On se consolera tout de même en savourant ce retour sommes toutes plus réussi que celui de la plupart des old timers du mouvement. Son principal mérite est de ne pas avoir cédé à la démagogie (même si ses thématiques peuvent s’avérer redondantes au final) et encore moins aux sirènes commerciales. Pas de guest list racoleuse, pas de producteurs qu’on trouve sur toutes les sorties du moment et surtout pas de « jeunisme » ou d’usage d’autotune. Rakim a tout au moins réussi à ne pas s’inscrire dans les tendances actuelles. Bien sur on aurait espérer bien mieux de lui, mais n’avons nous pas tendance à nous laisser aveugler par son glorieux passé? A force de la placer sur un piédestal on a tendance à oublier qu’il n’est qu’un artiste comme les autres, génial certes mais capable d’égarements comme tout le monde. Un très bon album à l’échelle des livraisons de l’année quoi qu’on dise. Gageons que sa carrière ne prendra pas fin sur cet ultime projet en demi-teinte et qu’il nous gratifiera d’un autre disque plus inspiré cette fois.

14/20

Tracklist

# Title Producer(s) Samples and notes Time
1 « How to Emcee » Slyce Additional vocals by Tracey Horton 4:13
2 « Walk These Streets » (feat. Maino) Needlz Additional vocals by Tracey Horton 4:04
3 « Documentary of a Gangsta » (feat. IQ) Y-Not Additional vocals by Keith Alexander Jr. Fogah, Mark Ruglass 4:12
4 « Man Above » (feat. Tracey Horton) Nottz 4:26
5 « You and I » (feat. Samuel Christian) Samuel Christian and J Wells 4:42
6 « Won’t Be Long » (feat. Tracey Horton) Jake One Bass, Keys and Guitar by G Koop 4:49
7 « Holy Are U » Nick Wiz Cuts by SlyceAdditional Writing by David Axelrod 4:06
8 « Satisfaction Guaranteed » Neo Da Matrix 4:26
9 « Working for You » Bassi Maestro(Uncredited) « I Forgot To Be Your Lover »-1968, performed by William Bell, produced by Booker T. Jones.
this instrumental is taken from « Tu Non Mi Rispetti » performed by Bassi Maestro and Rido, produced by Bassi Maestro from the album « Esuberanza« -2003.
4:18
10 « Message in the Song » (feat. Destiny Griffin) Lofey 3:52
11 « Put it all to Music » Poppa Pill 4:02
12 « Psychic Love » Nick Wiz 3:28
13 « Still in Love » Nick Wiz 2:42
14 « Dedicated » Nick Wiz « Don’t Speak » by No Doubt 3:35
15 « Euphoria » (feat. Styles P, Jadakiss & Busta Rhymes) Ty Fyffe Exclusive bonus track via http://www.rakim.com only, announced to the buyers of the album 4:46

Sortie: 14 Mars 1995

Label: Interscope/Atlantic

Producteurs: Easy Moe Bee, Johnny « J », Tony Pizarro, Mike Mosley, Shock G, Soulshock,  Karlin, Brian G, Le-morrious « Funky Drummer » Tyler, Moe Z.M.D., Sam Bostic

Du chemin a été parcouru depuis la sortie de Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z. Si l’accueil fut plutôt satisfaisant dans l’ensemble, 2Pac du fait de ses nombreux démêlés avec la justice assoit encore plus sa légende de thug dans l’imagerie populaire.  L’homme fascine et devient par la force des choses la nouvelle coqueluche des médias et de la presse spécialisée. Entre deux audiences et quelques films, il prend tout de même le temps de se focaliser sur sa musique. A ce titre il participe remarquablement à Thug Life Vol.1, projet de premier plan sur lequel il s’illustre avec ses proches. Le succès de ce disque ne parviendra cependant pas à tempérer ses ennuis personnels. Outre une inculpation pour sodomie et agression sexuelle, sa rivalité avec Biggie Smalls va grandissante au point de basculer dans le tragique. Il se fait ainsi tirer dessus un peu avant le verdict de son procès et sera d’ailleurs condamné dans la foulée à quatre ans et demi de prison après avoir été reconnu coupable. C’est dans cette période trouble qu’il enregistre Me Against The World, son troisième album qu’il parvient à boucler juste avant son incarcération  en Février 1995. L’album sort donc alors qu’il purge sa peine.

Alors que les supputations quand au contenu éventuel de l’album alimente les rumeurs, le premier single (je devrais plutôt dire la première bombe) Dear Mama arrive avec fracas sur les ondes. Impossible de ne pas se laisser séduire par cet hommage plus que poignant de Pac à sa génitrice. L’émotion communicative qui suinte de ce titre s’avère terriblement hypnotique au point qu’on s’imagine aisément glisser dans la peau de Mr Shackur. Plus qu’un titre à cœur ouvert, c’est limite s’il ne nous convie pas à une visite guidée de son âme torturée. Un morceau depuis devenu un classique intemporel et sans aucun doute l’un de ses tous meilleurs titres. Avec une entrée en matière de ce niveau on était légitimement en droit d’attendre un classique ou tout au moins un disque de très très haut niveau. Le produit fut heureusement à la mesure des espérances. Son intitulé est d’ailleurs suffisamment évocateur. Pac revient pas mal sur ses pérégrinations dans cet album par le biais de titres forts comme le morceau éponyme (avec le renfort de Dramacydal, les futurs Outlawz). Il cède même parfois à la paranoïa comme sur Death Around The Corner (qu’on pourrait qualifier de prémonitoire par ailleurs) ou encore le terrible If I Die 2Nite (magnifique production d’Easy Moe Bee).Il se permet même de répondre à ses détracteurs sur l’incisif Fuck The World.

Il serait cependant réducteur de penser que cet album n’est qu’une compilation de titres revanchards innervés d’allusions constantes à son agression et à sa crainte de la mort. Me Against The World est bien plus que ça. Si les titres ont un dénominateur commun c’est bien celui de l’émotion. Elle est en effet constante tout au long de ce disque que ce soit sur les titres introspectifs où les morceaux plus légers. Cette unité contraste quelque peu avec la diversité des ambiances sonores (il s’éloigne des standards californiens régis à l’époque par l’omniprésente G-Funk) et des thématiques abordées mais cette combinaison à le mérite de rendre l’album incroyablement humain. 2Pac se fait son propre psychiatre et plonge l’auditeur dans les méandres de sa personnalité, résumant en un seul disque toutes ses facettes. On a ainsi droit à des titres plutôt sombres et lyriques (au sens poétique du terme) comme le sombre et introspectif So Many Tears, le précité Dear Mama ou encore le poignant It Ain’t Easy. Il se montre cependant moins torturé sur les autres titres, tout en continuant à se raconter plus ou moins inconsciemment. Il évoque ainsi ses souvenirs d’activiste hip-hop sur l’efficace Old School, et se livre un peu plus sur l’excellent Lord Knows,  le plus léger Young Niggaz ou encore le plus égocentrique Heavy In The Game (sur lequel s’invite Richie Rich). Quelques notes plus légères sont heureusement les bienvenues et apportent une bouffée d’air sans laquelle l’atmosphère du disque aurait été trop oppressante. C’est le rôle qui est dévolu au très bon Temptations et à un Can U Get Away un brin sirupeux. Au passage on remarquera que ces chansons plus douces sont une des grandes originalités de ce disque. Un apport novateur en ce sens que ces titres mixant allègrement Rap et R&B n’étaient pas encore des plus usités à l’époque. L’album se conclue sur un Outlaw dont le principal mérite sera de marquer la naissance officielle du groupe évoqué plus haut.

Un disque à la fois versatile et brillant entièrement à l’image de son auteur. A la fois sombre et enjoué, rigolard et introspectif, léger et profond, cet album tout en contrastes est cependant un classique du genre et l’un des meilleurs de 2Pac. Il consacre également sa popularité en occupant la première place du Billboard (une première pour un artiste incarcéré) des mois durant. Du grand art.

19/20

Tracklist

# Title Time Producer(s) Performer(s) Sample(s)[19]
1 « Intro » 1:40 Tony Pizarro Sarah Diamond, Debby Hambrick, Jay Jensen, Jill Jones, Dan O’Leary
2 « If I Die 2Nite«  4:01 Easy Mo Bee 2Pac
3 « Me Against the World » 4:40 Soulshock & Karlin 2Pac, Dramacydal
4 « So Many Tears«  3:59 Shock G 2Pac
5 « Temptations«  5:00 Easy Mo Bee 2Pac
6 « Young Niggaz » 4:53 Le-morrious « Funky Drummer » Tyler, Moe Z.M.D. 2Pac
  • Contains interpolation of « She’s Strange » by Cameo
7 « Heavy in the Game » 4:23 Sam Bostic, Mike Mosley 2Pac, Lady Levi, Richie Rich
8 « Lord Knows » 4:31 Brian G 2Pac
9 « Dear Mama«  4:39 Tony Pizarro 2Pac
  • Contains interpolation of « Sadie »
  • « In My Wildest Dreams » by Joe Sample
10 « It Ain’t Easy » 4:53 Tony Pizarro 2Pac
11 « Can U Get Away » 5:45 Mike Mosley 2Pac
12 « Old School«  4:40 Soulshock 2Pac
  • « Dedication » by Brand Nubian
  • « We Share » by the Soul Searchers
13 « Fuck the World » 4:13 Shock G 2Pac,
14 « Death Around the Corner » 4:07 Johnny « J » 2Pac
15 « Outlaw » 4:32 Moe Z.M.D. 2Pac, Dramacydal

Sortie: 16 Février 1993

Label: Interscope/ Atlantic

Producteurs: Stretch, Big D The Impossible, Bobby « Bobcat Ervin, Shock G, Live Squad, Special Ed, Truman Jefferson, DJ Daryl, Blinky Billz, Sniper Tipper, 2Pac, The Underground Railroad

On avait quitté 2Pac avec un premier album violent comme une bouffée de crack. Entretemps de l’eau a coulé sous les ponts et le jeune homme est devenu une des cibles de prédilection des médias. Si on parle tant de lui, ce n’est pas tellement pour sa musique mais plutôt pour les nombreuses controverses qui l’entoure. Jugé trop explicite et accusé d’inciter à la violence envers les forces de l’ordre, 2Pacalypse Now s’est vu retiré des bacs après moins de six mois de commercialisation. Pour ne rien arranger Pac est souvent engrener dans des histoires louches. Ses frasques répétées contribueront cependant à forger sa légende et le consacrent même parmi les MCs de la côte ouest les plus influents. Heureusement que ses escapades cinématographiques calment un peu le jeu et permettent de faire oublier quelques temps son image de querelleur irascible. Mais c’est bien au micro qu’on préfère l’entendre et il va s’appliquer à revenir dans les bacs dès le début de l’année 1993, soit moins de 18 mois après son premier opus.

La période de sortie de ce Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z (précédemment baptisé Troublesome 21 , puis N.I.G.G.A.Z.) a beau coïncidé avec celle du début de l’ère G-Funk (rappelons que le classique The Chronic est sorti quelques mois plus tôt), la couleur musicale de cet opus ne s’en inspire pas une seule fois. Pas de gros samples de Parliament/Funkadelic ou autres Zapp. Les instrumentaux sont résolument hardcores, limites old school et sont plus proches des premiers disques de Cypress Hill que de celui de Dr. Dre. Toutes choses qui rend l’écoute peu évidente pour quiconque n’a pas connu cette époque. Il faut bien reconnaitre que les productions quoique efficaces pour l’époque ont très mal vieilli, contrairement à la plupart de ses albums. Sur Point The Finga, Strugglin’ ou même le titre éponyme, elles en deviennent plus qu’irritantes. Autre point négatif la présence de deux interludes totalement dispensables dès le début de l’album (respectivement aux deuxième et quatrième pistes). Si Pac’s Theme passe encore Something 2 Die 4 est clairement sans intérêt.

Passés ces a priori l’album s’avère beaucoup plus solide qu’on pourrait le penser. Première remarque par rapport à son premier opus, l’évolution de son flow. Sa voix et son phrasé sont à présent beaucoup plus proches de ceux auxquels nous auront droit dans la suite de sa discographie. On pourrait presqu’affirmer que 2Pac est vraiment né sur cet album. Il est plus expressif, plus accrocheur, séduit d’avantage l’auditeur. Au fil de ses rimes on est transportés dans les tréfonds du cauchemar américain, dans ce monde fait de ghettos, de violence, d’usage de stupéfiants et arrestations musclées. Point positif le succès ne l’a pas adouci. Il reste toujours aussi incisif et revendicatif sur ce disque, nous gratifie de textes accusateurs sur lesquels la police et les autorités en prennent pour leur grade. Il se fait aussi plus conscients sur la tuerie de cet album, le sublime et intemporel Keep Ya Head Up, merveilleux hommage aux mères célibataires des ghettos. Preuve qu’il n’est pas qu’un fou furieux juste bon à balancer un paquet de grossièretés. Il aura un deuxième éclair de conscience avec l’excellent Pappa’z Song sur le thème du père absent. Un titre plus dur qui s’inscrit cependant d’avantage dans la tonalité globale de cet album qui sent la rue sale. Ces deux titres sont cependant contrebalancé par le single I Get Around ode aux plaisirs de la chair sur lequel intervient les joyeux délireurs de Digital Underground. Contradictoire oui, mais c’est aussi ce qu’on apprécie chez Pac, capable de dire une chose et tout son contraire quelques titres plus loin sur le même disque. Pour le reste l’album a son lot de titres marquants comme le surpuissant Holler If Ya hear Me, l’efficace Guess Who’s Back ou les très bons Representin’ 93 et Peep Game (avec Deadly Threat). Il nous délivre une suite au Soulja’s Story du premier album avec Soulja’s Revenge et s’illustre de la meilleure des façons sur le freestyle final 5 Deadly Venomz sur lequel Treach de Naughty By Nature, Apache et le Live Squad viennent lui prêter main-forte. Il se paie même le luxe d’organiser un réunion de gangsters avec les deux Ice (Ice-T et Ice Cube) sur le hardcore Last Wordz.

En définitive un album plus que correct de 2Pac, assez difficile à appréhender mais tout de même de qualité en dépit de quelques déchets. Mis en perspective avec le reste de sa discographie (tout du moins celle livrée de son vivant et l’album posthume The Don Killuminati), il est indubitablement son disque le plus faible, mais il est très loin d’être une bouse et a comme tous les autres ses classic tracks. Moyen pour du 2Pac, très bon pour d’autres, il satisfera en priorité les grands fans du Don Killuminati et les amateurs de rap du début des années 90.

15/20

Tracklist

# Title Producer Featured Guest(s) Time
1 « Holler If Ya Hear Me«  Stretch 4:38
2 « Pac’s Theme (Interlude) » The Underground Railroad 1:56
3 « Point the Finga » Big D The Impossible 4:25
4 « Something 2 Die 4 (Interlude) » 2Pac; Big D The Impossible » 2:43
5 « Last Wordz » Bobby « Bobcat » Ervin Ice Cube, Ice-T 3:36
6 « Souljah’s Revenge » Bobby « Bobcat » Ervin 3:16
7 « Peep Game » Bobby « Bobcat » Ervin Deadly Threat 4:28
8 « Strugglin' » Live Squad Live Squad 3:33
9 « Guess Who’s Back » Special Ed 3:06
10 « Representin’ 93 » Truman Jefferson 3:34
11 « Keep Ya Head Up«  DJ Daryl Dave Hollister 4:22
12 « Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z… » Blinky Billz 5:55
13 « The Streetz R Deathrow » Sniper Tipper 3:26
14 « I Get Around«  Chocolate Clown Digital Underground 4:18
15 « Papa’z Song«  Big D The Impossible Wycked, Poppi 5:26
16 « 5 Deadly Venomz » Stretch Treach, Apache & Live Squad 5:13

Lorsqu’on évoque les groupes majeurs du rap français des années 90, les noms qui reviennent le plus souvent sont NTM, IAM, le Ministère A.M.E.R., Idéal J ou la Fonky Family. Rares sont ceux qui citent la Mafia Trece, groupe pourtant signataire d’un premier album de qualité, mais trop souvent ignoré et relativement inconnu de ceux qui ont commencé à écouter du rap ces dernières années. La Mafia Trece est en fait un collectif réunissant plusieurs groupes et rappeurs venant du 13e arrondissement de Paris (d’où le Trece qui est le chiffre 13 en espagnol) mais aussi d’Ivry-sur-Seine. Il est principalement composé de deux groupes: Echo du Sud (Cochise et Aspeak) et Moovens’ (Awax, Vas Keypa et G-Wild), mais aussi de jeunes MC’s qui démarraient leur carrière (OG K a.k.a South Cide, Yannick, Don J.O. a.k.a. DJ Effa, Diam’s…). S’étant fait remarqué sur des radios communautaires et quelques apparitions de ses membres sur des projets extérieurs, le collectif posera la première pierre de sa légende avec son premier album intitulé Cosa Nostra en référence à l’imagerie mafieuse que véhicule le groupe.

Qu’est ce qui différencie donc la Mafia Trece des nombreux groupes qui ont fait l’âge d’or du rap Français? Tout d’abord un sens de la mise en scène novateur dans le paysage rapologique hexagonal. Les MC’s ne se contentent pas de poser les uns à la suite des autres sur les instrumentaux. Ils font bien mieux en jouant des rôles. Tous les titres suivent un scénario prédéfini et chaque intervenant incarne un personnage tout au long du morceau. Certains d’entre eux sont même récurrents et apparaissent sur plusieurs titres. Ce sens de la mise en scène quasi-théâtrale va s’avérer être la grande force du disque. On se plait à suivre les pérégrinations de cette bande de banlieusards qui relatent leur quotidien de façon quasi-cinématographique. On se retrouve totalement en eux qu’ils soient au tribunal (Je Plaide pour la rue), face à des huissiers ( Rencontre du 13e type), ou au commissariat (La loi du Silence). Autre particularité les références cinématographiques sont légion dans cet album (les titres des morceaux en portent d’ailleurs les stigmates). Outre les films de gangster et autres thrillers, ils s’inspirent également des films de kung-fu et de la culture asiatique. Le premier titre qui sert accessoirement de présentation générale le reflète d’ailleurs parfaitement.

Pour ce qui est de l’album en lui même, il s’avère être très bien produit. DJ Effa s’illustre avec des instrumentaux variés qui donne aux textes leur pleine mesure en les mettant parfaitement en valeur. Si les thèmes sont dans la moyenne de l’époque ( Vie de famille, histoires de rue, problèmes avec l’autorité, évocation de conflits armés…) et que les rappeurs ne brillent pas forcement par leur technicité au mic, le rendu est plus qu’intéressant. On note ainsi une flopée de tueries toutes plus percutantes les unes que les autres. Comment ne pas se laisser séduire par le sample accrocheur d’A la recherche du mic perdu où le mélodique Rencontre du 13e Type qui reprend un morceau de musique classique. Parmi ces individualités quelques rappeurs se distinguent tout de même. Tout d’abord Yannick qui apparait un cran au-dessus des autres avec un flow maitrisé et des rimes efficaces (il s’illustrera d’ailleurs sur un titre solo: Le mauvais chemin qui est l’un des meilleurs du disque) . Sa seule présence sur un titre le bonifie de façon quasi-systématique. Dans le même ordre on pourrait également citer Aspeak et Awax qui s’ils ne jouent pas forcement dans la même registre font preuve d’une grande complémentarité. Si le premier à pour lui une voix transpirant l’émotion, le second brille par ses qualités stylistiques. Intervenant de façon plus régulière que Yannick, se sont pratiquement eux qui vont imprimer l’identité vocale de cet album.

On dénombre également pas mal d’invités. On pourrait hâtivement penser que leur présence ne s’impose pas vu que le collectif est tout de même constitué de 11 membres mais ses featurings vont s’avérer décisifs. Oxmo Puccino met tout le monde d’accord en outshinant les autres rappeurs sur O.M.U. On note également les très bonnes prestations des différents intervenants sur Le Flow qu’il te faut, un freestyle réunissant en plus des membres de la Mafia, Daddy Lord C de La Cliqua, Dontcha, Leeroy d’Explicit Samurai (il interviendra d’ailleurs sur d’autres titres) et Al Primera. Il remettront ça avec l’excellent Détour vers le futur qui convie La Brigade, Pit Baccardi, Al Primera et la rappeuse Silf (qui rejoindra le groupe par la suite).

Un album a ranger parmi les classiques du rap français. Relativement mésestimé mais tout simplement énorme. A posséder.

18/20