Archives de août, 2009

Sortie: 23 Juin 2009
Label: Babygrande/ Frank Radio
Producteurs: Teddy Ted & J.Serbe, The Twilite Tone, 4th Pyramid, Large Professor, Hakim

Lorsqu’il s’agit d’évoquer les membres du mythique Wu-Tang Clan, les noms qui viennent tout de suite à la bouche sont ceux de Method Man, Raekwon ou encore Ghostface Killah. Rares sont ceux qui pensent directement à U-God. Doté d’une voix rauque pas des plus attrayantes et d’un flow peu singulier, Golden Arms est globalement considéré comme le vilain petit canard du crew de Staten Island. Il faut dire aussi que ses performances en solo n’ont pas été des plus convaincantes. Un Golden Arms Redemption efficace mais sans génie et un Mr Xcitement catastrophique ont achevé de conforter sa réputation. C’est donc avec énormément de scepticisme que nous appréhendons la sortie de ce troisième album solo.
Première surprise la liste des producteurs. Exit RZA (souvenir de leur brouille de 2004?), Mathematics et autres DJ Homicide. Les peu connus Teddy Ted & J. Serbe, The Twilite Tone, 4th Pyramid & Hakim sont aux manettes, toutes choses qui laissent encore plus dubitatif quand au contenu de l’album. La guest list est heureusement plus rassurante avec quelques membres du Wu et affilés venus prêter main-forte (Method Man, Ghostface Killah, Raekwon, GZA, Cappadonna, Killah Priest) et d’autres collaborations moins attendues ( Sheek Louch et Slaine). Les doutes seront cependant levés à la première écoute. On n’a pas affaire à un Mr Xcitement bis, loin de là. Les premières pistes sont même on ne peut plus agréables. La combinaison U-God/Teddy Ted & J. Serbe fait des étincelles. Des instrumentaux parfaitement ciselés, de bonnes performances de Golden arms, le tout rehaussé par des featurings aboutis. De Train Tussle à Stomp Da Roach on est sous le charme. Trois titres costauds qui suffisent à lever tous les a priori sur cet album. Ce trio magique reviendra plus tard pour le titre éponyme, un autre des moments forts de cet album.
Malheureusement U-God n’a pas suffisamment exploité ce filon et la suite de l’album s’en ressent. Les choses se gâtent dès Lipton titre sans grand relief ou Hips pseudo-banger insipide. Heureusement Coke ( avec Slaine et Rae) et Wu-Tang (avec un Meth retrouvé) gardent le cap, contrairement à Magnum Force ou Jim Jones fait une apparition poussive qui ruine un peu la teneur du morceau. Large Professor s’invite bien à la prod le temps de recycler Classic Emergency devenu New Classic, mais cela ne suffit pas à bonifier l’album, tout au contraire. Ce titre est à lui tout seul le symbole des choix artistiques douteux qui plombent la seconde moitié de l’album (le niveau des productions est faiblard comparé aux premiers titres). Pour ne rien arranger nous avons droit à trois remixes techno insupportables en fin d’album qui contribuent à ternir encore plus le tableau et laissent au final une impression globale de « peux mieux faire ». Dommage.
Au final Dopium laisse une impression mitigée. Une meilleure orientation artistique aurait été souhaitable mais l’album en lui-même à tout de même de quoi séduire et s’avère être au delà de nos espérances. En dépit de son inégalité, il devrait suffire à relancer la carrière solo de U-God. Gageons seulement que pour son prochain opus il fasse de meilleurs choix.

13/20

Tracklist:

  1. Train Trussle (feat. Ghostface Killah & Scotty Wotty) [prod by Teddy Ted & J. Serbe]
  2. God Is Love (feat. Cappadonna & Killah Priest) [prod by Teddy Ted & J. Serbe]
  3. Stomp Da Roach (feat. GZA & Scotty Wotty) [prod by Teddy Ted & J. Serbe]
  4. Lipton (feat. Mike Ladd) [prod by 4th Pyramid]
  5. Coke (feat. Raekwon & Slaine) [prod by Da Beathoven]
  6. Magnum Force (feat. Jim Jones & Sheek Louch) [prod by Hakim]
  7. Hips [prod by The Twilite Tone]
  8. Wu-Tang (feat. Method Man) [prod by Andre Clarke]
  9. Dopium [prod by Teddy Ted & J. Serbe]
  10. Rims Pokin’ Out (feat. Leatha Face) [prod by The Twilite Tone]
  11. New Classic [prod by Large Professor]
  12. Stomp Da Roach (Remix) (feat. GZA & Scotty Wotty) [prod by The Bloody Beetroots]
  13. Dopium (Remix) [prod by Yuksek]
  14. Hips (Remix) [prod by Felix Cartel]

Sortie: 22 Décembre 1998
Label: Ruff Ryders/ Def Jam
Producteurs: Swizz Beatz, PK, DJ Shok, Dame Grease, Irv Gotti

Alors que le sombre It’s Dark And Hell Is Hot, premier album d’Earl Simmons a.k.a Dark Man X squatte encore les ondes et les charts, l’annonce de la sortie d’un nouvel album ne manque pas de surprendre. Pourquoi tant de précipitation, surtout que le premier album est un énorme succès et ne semble pas avoir encore atteint tout son potentiel commercial? De plus n’est-ce pas une gageure de sortir deux albums en une seule année? Mystère! Mais qu’importe au fond, X surfe sur la vague du succès avec un premier album multi-platiné. Son retour prématuré dans les bacs ne peut être perçu que comme une bonne nouvelle pour sa fan base qui ne cesse de s’agrandir.

Du côté de la critique, l’heure est plutôt au scepticisme. Des réserves (légitimes au demeurant) concernant la qualité du disque sont émises. Aura t’on droit à des fonds de tiroir? Où alors à un disque enregistré à la va-vite juste pour profiter du buzz du MC du Yonkers? Qu’importe! L’intérêt pour Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood ne cesse de grandir.

Le CD arrive enfin et sa seule pochette suffit à susciter la polémique. DMX y pose en effet recouvert de sang de porc, ce qui ne manque pas de choquer certains esprits mais aussi d’annoncer la couleur sombre de l’album.

Premier constat à la lecture des crédits, Swizz Beatz qui avait déjà éclaboussé l’opus précédent de son talent se taille la part du lion en assurant la majeure partie des productions. De bon augure surtout que PK et Dame Grease sont aux manettes pour les titres restants. L’écoute vient balayer tout doute quant au contenu de l’album. X n’a pas succombé aux sirènes commerciales en vogue à l’époque. L’homme et sa musique demeurent tout autant abrasifs. Textes hardcores, musiques sombres et invités utilisés à contre-emploi (Mary J. Blige sur un Coming From qui n’a absolument rien de mielleux) sont les recettes de cet album qui démarre en fanfare avec un bref My Niggas en intro. Suivent ensuite un impressionnant Bring Your Whole transpirant la rage et Ain’t No Way, première combinaison réussie avec Swizz Beatz. Les premiers invités (non-crédités d’ailleurs) Jadakiss et Styles P de The L.O.X ne débarquent qu’a la cinquième piste et tiennent leur rang sur une prod surprenante d’Irv Gotti. La surprise vient de la présence du métalleux Marilyn Manson qui vient donner une touche encore plus sombre et limite glauque à The Omen, suite du Damien du premier album. Slippin’ single unique de ce projet est magistralement mené par un DJ Shok qui sample pour l’occasion le Moonstream de Grover Washington Jr et constitue un des hauts faits du disque. X crache ses lyrics avec fougue sur ce titre et communique sa rage à l’auditeur. A compter de la piste 11, l’album prend une nouvelle dimension (exception faite de l’excellent Dogs For Life signé par le trop effacé Dame Grease) avec les productions de Swizz Beatz. Les éclairs précédemment entrevus de la fructueuse association entre les deux hommes se confirment. L’alchimie entre X et Swizz est quasi-parfaite, l’un sublimant le travail de l’autre et ce quel que soit le registre. Du sample oriental de No Love For Me au brillant Ready To Meet Him (indubitablement la meilleure de toutes les prières finales qui innervent la discographie du Pitbull du Yonkers) en passant par le plus surprenant Blackout qui invite Hova et The L.O.X., le duo conserve toute son efficacité.

Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood est donc, vous l’auriez compris, la suite logique de It’s Dark And Hell Is Hot . Moins grand public (on aime ou on déteste la direction musicale de cet opus), productions plus sombres (plus expérimentales et moins accessibles aussi), lyrics dans la continuité de l’album précédent, plus grande homogénéité, ce disque est une réussite et a convaincu sans peine les fans de DMX (670.000 exemplaires écoulés dès la première semaine d’exploitation). Le succès sera d’ailleurs au rendez-vous et installera un peu plus X dans la légende en lui permettant de devenir le second rappeur avec 2pac a avoir été deux fois numéro 1 du billboard avec deux albums sortis la même année.

17/20

Tracklist:

1. My Niggas (Skit) [Produced by Swizz Beatz]
2. Bring Your Whole Crew [Produced by P. Killer Trackz]
3. Pac Man (Skit)
4. Ain’t No Way [Produced by Swizz Beatz]
5. We Don’t Give A Fuck (Feat. Jadakiss & Styles P.) [Produced by Irv Gotti & Dat Nigga]
6. Keep Your Shit The Hardest [Produced by Swizz Beatz]
7. Coming From (Feat. Mary J. Blige) [Produced by P. Killer Trackz]
8. It’s All Good [Produced by Swizz Beatz]
9. The Omen (Feat. Marilyn Manson) [Produced by Swizz Beatz]
10. Slippin’ [Produced by DJ Shok]
11. No Love For Me (Feat. Swizz Beatz & Drag’On) [Produced by Swizz Beatz]
12. Dogs For Life [Produced by Dame Grease]
13. Blackout (Feat. Jay-Z & The Lox) [Produced by Swizz Beatz]
14. Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood [Produced by Swizz Beatz]
15. Heat [Produced by Swizz Beatz]
16. Ready To Meet Him [Produced by Swizz Beatz]

It’s All Good Contains a sample of « Heartbeat » (T. Gardner)
The Omen Contains an interpolation of « Damien » (E. Simmons, D. Blackman), as performed by DMX
Slippin’ Contains a sample of « Moonstream » (G. Washington, Jr.), as performed by Grover Washington, Jr.