Fat Joe-J.O.S.E. 2 7/20

6 Octobre 2009. Une journée qui s’annonce plutôt sans histoire comme souvent. On vaque tranquillement à ses occupations en aillant le sentiment absurde d’avoir oublié quelque chose. Que peut-il y avoir de si marquant un mardi pour qu’on s’en souvienne? Une réflexion rapide n’ayant ravivé aucun souvenir, on se décide donc à regarder dans l’agenda électronique. Trois boutons appuyés plus tard, on réalise avec stupéfaction l’ampleur de cet oubli. Non, il ne s’agit pas d’un éventuel match de Ligue des Champions mais plutôt de la sortie d’un nouveau long métrage, la suite des aventures de l’agent Joey Crack plus connu sous le nom de Fat Joe. Étrange que même le plus stupide des pense-bête ne nous l’ait pas rappelé. Normal au demeurant au vu du manque d’engouement que suscite cette sortie précédée de trailers plus qu’anecdotiques dont même les plus grands fans du gros gangster ne se rappellent pas. Mais qu’importe au fond. On prend son billet et on s’organise comme on peut pour assister à la première.
Un peu plus tard dans la soirée, on se retrouve dans le vestibule du cinéma en compagnie de fans irréductibles qui affirment sans ciller que ce nouvel épisode marquerait le grand retour au premier plan de notre héros. Argument plus que discutable constamment remis au goût du jour à chacune des sorties du Gros Joe. On écoute donc d’une oreille plus que distraite (c’est un euphémisme) cette poignée de passionnés se répandre en masturbations intellectuelles avec le sentiment un peu honteux d’avoir été, jusqu’à une époque très récente, l’un des leurs. Il faut dire que les superproductions du gangster du Bronx sont de plus en plus médiocres. L’ascension du petit dealer Porto ricain devenu l’un des caïds du rap game commence franchement à ennuyer. Tout avait pourtant si bien commencé avec deux premiers films de qualité ayant à eux tout seuls forgé la légende de Joseph Cartagena. Le troisième épisode qui relate son accession au statut de Don du crime conclut cette première trilogie de fort belle manière mais marque malheureusement le début de la décadence de notre héros. Au contact du dollar-roi et du strass-paillettes propre au monde des gros dealers de came musicale, Joey Crack va s’adoucir, et peine à se remettre de la fin tragique de son plus fidèle homme de main Big Pun. Partagé entre une volonté de concilier son nouveau statut de poids lourd de l’industrie (sans jeu de mots) et son passé de gangster plus que respecté, il va se diluer dans une nouvelle trilogie qui le fera progressivement passé de la gloire aux critiques acerbes. Pis entre deux épisodes il se découvre un redoutable ennemi, un jeune dealer nommé 50 Cent qui lui aussi connait une ascension fulgurante dans le milieu et qui n’hésite pas à s’en prendre vertement à lui. Cette rivalité malsaine le poussera à ne pas s’en tenir au scénario du dernier volet de la trilogie, trop occupé qu’il était à vouloir rabattre le caquet à ce petit insolent. Toutes choses qui ne seront pas du goût des producteurs de la série qui décident de son arrêt. Joey a heureusement de la ressource et en authentique gros bonnet de la drogue, il prend la direction du paradis pour criminels: Miami. Entouré d’une nouvelle équipe de pistoleros, il tente depuis lors de reconquérir son trône new-yorkais. Si le film numéro 7 avait été plombé par le manque d’identité de la production, le huitième avait été clairement raté et a eu pour principale conséquence de faire entrer notre héros dans le cercle des légendes cinématographiques has been pour les plus compatissants, et dans celui des wacks pour les plus acerbes.
Au regard de ce qui précède, il est donc difficile de faire preuve d’enthousiasme au moment où l’on entre dans une salle de cinéma incroyablement vide. Il faut croire que les pérégrinations de Fat Joe n’attirent plus grand-monde. A moins que ce ne soit la grêle de critiques assassines dont le film a été l’objet sur la toile qui n’ai fait capoté cette première. Une fois installé (pour une fois qu’on a largement le choix des places dans une première pourquoi se gêner?) on prend donc connaissance du contenu du film en lisant la brochure promotionnelle récupérée à l’entrée. Drôle d’idée que d’avoir baptisé ce nouvel opus J.O.S.E. 2, surtout que le premier du nom était loin de faire l’unanimité et est même considéré par l’aile dure de la critique comme la pierre fondatrice de sa déchéance. De plus les suites sont très souvent inférieures aux premiers. Peu rassurant. On en est donc à se demander ce que pourrait signifier cet intitulé quand deux voisins s’amusent à trouver des définitions délirantes à cet acronyme:
“-J.O.S.E.? Jokes Of a Silly Entertainer ah ah
- Non Just One Shit’s Evidence
-Mieux, Joe Organise Son Enterrement
-Où encore Joe Oublie Son Éducation
-Joe Oublie Son Entourage aussi est pas mal”
On se surprend à ricaner doucement et on manque de s’esclaffer au vu de la liste d’invités et de producteurs: Ron Browz, Lil Wayne, Akon, T-Pain, Jim Jonsin, Swizz Beatz…bonjour la prise de risques. Une liste de cérémonie d’awards pour ados fait pâle figure à coté de ce casting de gros vendus…pardon vendeurs. Signe des temps Joey ne parvient même plus à attirer ses homologues new-yorkais. Seul Raekwon est mentionné dans les crédits pour une scène où il est sommes toutes l’invité le plus approprié (quelle idée aussi de l’avoir appeler Ice Cream, on pense direct à un remix). Pas le temps de chipoter. Voici que les lumières s’éteignent et que la projection commence.
A peine les premières images défilent-elles devant nos yeux que l’on comprend vite qu’on aurait du remplacer notre cornet de popcorn par un sac pour le vomi. La crise de foie est immédiate et cette daube de sous-plongeur improvisé cuisinier rempli parfaitement son rôle d’expectorant pour baleines. A mesure que le film avance on est pris d’abominables nausées et on en vient à cracher jusqu’à l’irritation de gorge et à redécorer le tapis rouge de flaques de dégueuli. Et oui on ne s’y trompe pas. Un virus plus virulent que celui de la grippe A vient de voir le jour provoquant otites, fortes fièvres, céphalées des plus insupportables et crises de colère destructrices. La faute au grand méchant de cet épisode, un nommé Auto-tune qui parasite toutes les sorties et que Jay-Z n’aura pas réussi à tuer. Au vu de la présence de ses fidèles, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’il s’impose en despote dans ce film. Notre héros ayant eu la malheureuse idée de s’acoquiner avec lui histoire d’assurer son succès, il subit de plein fouet le retour de flamme et paie au prix fort cette escapade du côté obscur de la force. Tout démarre avec l’horrible Winding On Me (titre qui figurait déjà sur la mixtape The Leak 6 de Weezy) où Lil Wayne nous fait de nouveau entendre sa voix de poignée de porte rouillée le tout agrémenté par un refrain insupportable de Ron Browz. D’autres titres du même acabit se succèdent telle une litanie de versets sataniques consacrant l’égarement définitif de Joey le gangster. On ne sait quoi retenir du pitoyable One. Le refrain irritant signé Akon où les couplets consternants de médiocrité du don déchu. Mieux vous oublier ce morceau au plus vite. Pareil pour Put Ya In Da Game qui risque fort de vous faire passer dans le camp des T-Painophobes, du pathétique Aloha et surtout de l’abominable Porn Star duo des plus risibles avec la diablesse Lil’ Kim. Passons également l’incompréhensible Blackout et les peu (pas?) inspirés Okay Okay et Cupcake (déconcertant de voir Fat Joe essayer de suivre la mode sudiste). On était tout de même en droit d’attendre quelques titres rappelant que Joey Crack est tout de même un pur produit de l’école new-yorkaise. Malheureusement sur un Joey Don’t Do It
sans éclat pour redresser la barre. Congratulations est un peu mieux mais reste largement en deçà de ses possibilités. Mais Joe peut tout de même compter sur un excellent Ice Cream duo avec Raekwon rehaussé par une très bonne production de T-Weed et sur le morceau final Music qui s’il n’est pas son meilleur apparait comme une véritable bombe au vu de l’insipidité de l’ensemble (Le Gros Joe n’est plus qu’un poids microbe, au grand dam de ses fans).
Voici que revient la lumière. Et non nous ne venons pas de voir un film mais bien d’écouter l’ultime album de Fat Joe. On se sent un tantinet plus rassuré de constater qu’on n’a en fait jamais quitté notre domicile et qu’on s’est endormi en pleine audition de cet album soporifique. On sourit en se disant qu’on pourra toujours le conserver comme somnifère ou encore comme vomitif. Qu’importe que notre poids lourd s’enlise définitivement dans les tréfonds du pathétique. Qu’importe qu’on fasse partie des rares personnes à avoir perdu leur temps et argent avec ce disque qu’on attendait comme une éventuelle résurrection. Fat Joe avait touché le fond avec The Elephant In The Room, il vient de creuser encore plus bas avec ce bâton de dynamite. Peu probable qu’il survive à l’éboulement provoqué par cette explosion vu qu’il persiste dans ses errements. Le rap game vient définitivement de perdre un de ses soldats les plus prometteurs. R.I.P. Joe. Dommage que tu nous aies laissé cet album infect comme ultime héritage.
7/20
Tracklist:
1 Winding On Me (Featuring Lil Wayne & Ron Browz) [Produced by Ron Browz]
2 Joey Don’t Do It [Produced by DJ Infamous]
3 One (Featuring Akon) [Produced by The Inkredibles]
4 Aloha (Featuring Pleasure P & Rico Love) [Produced by Rico Love]
5 Put Ya In Da Game (Featuring T-Pain & OZ) [Produced by Schife & OhZee]
6 Congratulations (Featuring Rico Love & T.A.) [Produced by Eric Hudson]
7 Porn Star (Featuring Lil Kim) [Produced by Jim Jonsin]
8 Cupcake (Featuring Benisour) [Produced by Schife & OhZee]
9 Ice Cream (Featuring Raekwon & T.A.) [Produced by T-Weed]
10 Okay Okay [Produced by Andrews "Drew" Correa]
11 Blackout (Featuring Swizz Beatz & Rob Cash of KAR) [Produced by Swizz Beatz]
12 Music (Featuring Cherlise) [Produced by DJ Infamous and Slick]
Joe Budden-Padded Room 15/20

Il aurait pu ne jamais revenir après des années de galère. En dépit d’un premier album éponyme ayant glané un disque d’or, Joe Budden n’a pas bénéficié de l’égard du a son statut de la part de la direction de son label. Indésirable à Def Jam il continuera, heureusement de nous gratifier de ses ogives lyricales via mixtapes et street-albums ainsi que par ses fans qui auront contribué à entretenir la flamme même au plus mal de sa carrière. On commençait cependant à désespérer de l’entendre de nouveau sur un projet officiel. La rédemption viendra de la structure indépendante Amalgalm Digital qui le prend sous son aile et entreprend de relancer sa carrière. Une renaissance pour ce lyriciste de talent qui derechef se met au travail et annonce la sortie de son deuxième album Padded Room. La question était de savoir si après tant de temps Budden était aussi affuté. Le premier single The Future viendra nous rassurer. En plus de marquer son grand retour discographique, ce son produit par Klasix marque aussi sa réconciliation avec The Game (ce dernier apparait d’ailleurs en featuring dessus). Un titre plutôt efficace et dans la lignée de son premier opus. On se prend alors à rêver d’un album aussi abouti que le précédent mais voici que le second single In My Sleep vient jeter un doute. Pas que la qualité du morceau soit en cause, mais c’est l’ambiance sombre et mélancolique qui en ressort qui fait tiquer. Apparemment les épreuves ont rendu l’ami Budden encore plus torturé qu’il ne l’était. On comprend dès lors que The Future ne sera rien d’autre que la transition entre le Budden joyeux et son clone à la psyché tourmentée. Même la pochette s’inscrit dans cette logique et illustre très bien le contenu de l’album.
Avant toute choses il convient d’oublier définitivement le Joe du premier album. Pas de clubs bangers, pas de singles brillants et festifs. Le sang a remplacé le champagne, les bitches se sont muées en démons intérieurs et les voitures ne sont plus que carcasses desséchées dans cet univers glacial et cauchemardesque. L’album commence cependant sur des chapeaux de roues avec un Now I Lay où il fait étalage de ses talents au mic, prouvant une fois de plus qu’il est l’un des rappeurs les plus doués de sa génération, n’en déplaise aux haters. Mais dès la troisième piste on entre dans l’intellect torturé de Joe. If I Gotta Go résonne comme un glas lugubre dans une nuit sans lune. Un texte brillant mais incroyablement sombre. Cette ambiance mortifère se perpétue avec Do Tell (rappelant un message d’adieu), Blood On The Wall (le titre est suffisamment évocateur), le pré-cité In My Sleep et son ambiance cauchemardesque et aussi le tristounet I Couldn’t Help It. On se prend tout de même à succomber au charme de cette psychanalyse sur beats mais à force le pessimisme ambiant qui exhale de cet album nous donne le bourdon. La marche aux Morts à coté passerait presque pour un slow. Rarement un album est allé aussi loin dans la relation des angoisses de son auteur. Plus vrai qu’une confession, plus froid qu’un poignard, plus glacial qu’une chambre froide, aussi triste que l’enterrement d’un pauvre hère, ce disque est définitivement sponsorisé par les pompes funèbres et les dépressifs anonymes.
De cette ambiance de suicide imminent, magistralement mise en musique par The Klasix, Blastah Beatz, MoSS ou encore Versatile & Delemma, seul Happy Holidays tranche un peu. Pour le reste des titres on laisse le corbeau s’assoir sur notre épaule gauche, on revêt les habits de deuils et on adopte le pas trainant du cortège funèbre laissant à cette âme blessée par la vie le soin de nous guider dans les méandres de sa déprime. On est ainsi de tout cœur avec lui quand il nous parle des femmes (ou de la drogue?) sur Exxxes et on partage sa peine sur l’autobiographique Angel In My Life. On se sent même prêt à presser sur la détente et consommer notre suicide à l’écoute de l’effrayant Pray For Me qui sonne comme une ultime supplique pour le repos de l’âme de Joe. Encore que même la mort ne saurait lui apporter la paix. Heureusement que la bonus track Family Reunion Remix (avec Fabolous, Ransom et Hitchcock) vient apporter un peu de respiration et clos cette dépression faite disque.
Un album assez contrasté en somme. Si sa qualité est certaine et que Joe Budden brille de nouveau au mic, l’ambiance oppressante de cet opus a malheureusement pour principal effet de rebuter des auditeurs peu enclins à partager la douce folie de cet opus. De plus ce concept si particulier est un frein aux écoutes fréquentes sous peine d’avoir le bourdon. Joe Budden réussi pourtant admirablement son retour et livre un opus plus intimiste que jamais. Après on apprécie où on déteste mais on n’y reste pas indifférent
15/20
Tracklist:
1. Now I Lay (produit par Blastah Beatz)
2. The Future [Feat. The Game & Dominic] (produit par Fyu-chur)
3. If I Gotta Go (produit par the Klasix)
4. Don’t Make Me (produit par Blastah Beatz)
5. Blood On The Wall (produced by Moss)
6. In My Sleep (produit par Blastah Beatz)
7. Exxxes (produit par the Klasix)
8. I Couldn’t Help It (produit par the Klasix)
9. Adrenaline (produit par Dub)
10. Happy Holidays [Feat. Drew Hudson & Junkyard Gang] (produit par Qwan)
11. Do Tell [Feat.Emanny] (produit par Blastah Beatz)
12. Angel In My Life (produit par Blastah Beatz)
13. Pray For Me (produit par Versatile & Dilemma)
Busta Rhymes- Back On My B.S. 10/20

Chronique d’une catastrophe annoncée. Voici comment on pourrait aisément qualifier la genèse de cet album à ranger parmi les calamités discographiques des temps modernes. Un petit flashback permet tout de même de mieux comprendre les circonstances de la conception de cet album. Rappelons-nous que l’ami Bus-A-Bus était signé chez Aftermath et que ce nouvel opus devait initialement être supervisé par Dr. Dre en personne. Problème le bon docteur est plutôt occupé pas son propre album Detox. Heureusement que ses fidèles assistants se démènent en coulisse pour livrer des productions à Busta. L’album, d’abord intitulé Before Hell Freezes All Over commence donc à prendre forme et, de l’avis même de son auteur, devrait être un retour aux sources. Rien que ça! On salive déjà d’impatience à l’idée de retrouver un Busta fou furieux de nouveau libre de faire étalage de cette fougue qui a toujours été sa marque de fabrique. Malheureusement ses déboires ne font que commencer. Outre des problèmes judiciaires récurrents, Bus-A-Bus ne semble pas vraiment être sur la même longueur d’onde que sa maison de disques. Alors que l’album est rebaptisé Blessed, lui annonce en interview qu’il s’appellera Back On My Bullshit (B.O.M.B. en abrégé, un titre par ailleurs suggéré par Pharrell Williams). On se doute alors que le torchon brûle entre les deux parties, mais qu’importe, la promo est lancée. On voit ainsi arriver deux premiers singles: We made It sur lequel s’invite les Linkin Park et la bastos Don’t Touch Me. Deux titres plutôt convaincants qui laissent augurer d’un album de qualité. Les titres suivants qui seront dévoiler viennent corroborer cette impression. On se dit alors que le retour de Busta Rhymes sera l’évènement de cette année 2008. C’est alors que vint le désastre. Busta Rhymes s’embrouille avec Jimmy Iovine, le patron d’Interscope et quitte précipitamment Aftermath, laissant au passage une bonne moitié de son album dans les tiroirs du label pour des problèmes de droits. S’il retrouve rapidement une terre d’asile, la major Universal Motown en l’occurrence, il voit ses titres être dispersés un peu partout. We Made It devient ainsi une iTunes bonus track, I Got Bass et Don’t Touch Me restent à l’état de vidéos et enfin G-Stro se retrouve sur la B.O. de Fast & Furious 4. Busta ne conserve qu’une infime partie de ses titres. Tout est donc à refaire, mais la promo étant déjà lancée, Universal Motown ne peut se permettre de traîner. Il faut agir et vite. Solution: un Busta écrasant d’accessibilité et suivant totalement la tendance. C’est en tout cas la première impression que laisse le single Arab Money. Refrain entêtant passé à l’auto-tune (effet de mode oblige), vidéo racoleuse aux figurants “de luxe” douteux (dont Soulja Boy) et chorégraphie entrainante sont les ingrédients de ce morceau qui deviendra un hit mondialement connu et suscitera une flopée de remixes (déclinaisons?), relançant au passage la carrière de Ron Browz et assurant la notoriété de Bus-A-Bus chez les kikoolols. Bien sur ce titre lui vaudra une nuée de critiques sur la toile, mais en dépit de ces invectives il garde le cap et livre un autre single tout aussi controversé. Hustler’s Anthem ‘09 marque le retour d’un Busta plus à l’aise avec ce sujet mais sa bonne volonté ne parvient pas à sauver ce morceau desservi par une production sans relief de Ty Fyffe et surtout par le refrain d’un T-Pain égal à lui-même. On est plus proches de l’imposture qu’autre chose là. Heureusement la résurrection viendra de l’excellent Respect My Conglomerate (un des rares titres de la première mouture de l’album que Bus a réussi à conserver), collaboration réussie avec un Jadakiss et un Lil Wayne comme on les aime. Cette infime lueur d’espoir est cependant obscurcie par un quatrième single des plus bouseux. Une calamité auditive portant fièrement le titre de World Go Round produit par un Jelly Roll à l’inspiration aussi abyssale que la fosse des Mariannes et qui voit intervenir Estelle, une enième tapineuse rue Pop Abêtissante qui épouse ici à merveille son rôle de sorcière des grands fonds.
Le sentiment d’insipidité (et disons le de dégoût) qu’a laissé le dernier single est encore plus que vivace ou moment où l’album sort enfin. Première lecture rapide des crédits et première déception. On avait espéré un legs de Jay Dee d’autant plus que Busta avait lui-même déclaré qu’« un album de Busta sans J Dilla n’est pas un album de Busta ». Remise dans le contexte et après écoute de l’album, cette phrase apparait comme une sombre prémonition. Entre une guest list qui tient plus d’entrées à choix multiples et une faiblesse instrumentale rédhibitoire, on peine à croire qu’on écoute l’album d’un MC qui a toujours su se renouveler et prendre favorablement tout le monde à contre-pied. Le fauve en furie n’est plus que l’ombre de lui-même, ses crocs ayant été remplacés par des dents de lait peu affutées et donc nettement moins tranchantes. Son précédent vaccin contre la rage s’avère tout aussi efficace et n’en déplaise à certains il n’a plus rien d’un lion depuis que sa fameuse crinière a été rasée.
C’est vous l’aurez donc compris très décevant. Rarement (jamais?) un album de Busta Rhymes aura été autant mal desservi en productions. On oscille entre le cotonneux, l’insipide et le passable. La palme d’or de la nullité revient à Jelly Roll auteur d’un Sugar alimentaire en plus du titre pré-cité. Ron Browz persiste à enfoncer l’album avec un Give Em What They Askin For franchement merdique (il aura au moins réussi à usiner un somnifère des plus efficaces) et même le vieux fidèle DJ Scratch se laisse contaminer par cette épidémie de médiocrité avec Imma Go & Get My… Ajoutons à cela We Miss You (électro-cardiogramme plat tout au long de la torture…pardon de l’écoute), We Want In titre terne où l’on voit apparaitre les vestiges du Flip Mode Squad (où sont passés Rampage et Rah-Digga?) et Ron-je-te-soule-Browz au refrain et Don’t Believe Em qu’Akon se charge de ruiner et on a fait le tour des déchets.
Heureusement Busta reste Busta et il nous le prouve dès que les productions suivent un minimum. L’excentrique et efficace Wheel Of Fortune est plutôt convaincant, tout comme Kill Dem, nouvelle combinaison à succès avec Pharrell Williams (secondé pour le coup par Tosh). C’est cependant le génial Decision qui marque irrémédiablement les esprits. Outre son casting de guests all-stars (Mary J. Blige, Jamie Foxx, John Legend & Common) ce morceau surprend par son originalité (les chanteurs font le refrain chacun leur tour) et constitue un des hauts faits du disque. Juste ce qu’il faut avec Respect My Conglomerate pour sauver le disque de la noyade. Il n’en demeure pas moins un album catastrophique de Busta Rhymes et sa pire sortie à ce jour. On ne peut qu’être pris de tristesse devant le spectacle pitoyable de ce rappeur d’exception englué dans la toile des intérêts économiques (on notera au passage que Bus-A-Bus parle souvent d’argent dans cet album) et autres désidératas des majors. Un projet qui n’honore absolument pas son auteur et le fait dangereusement glisser vers la voie de la wackitude. Gageons que Tyrone Smith puisse renaître de ses cendres au plus vite.
10/20
Tracklist:
| # | Title | Producer | Length |
|---|---|---|---|
| 1. | “Wheel of Fortune” | DJ Scratch | 3:24 |
| 2. | “Give ‘Em What They Askin’ for” | Ron Browz | 3:24 |
| 3. | “Respect My Conglomerate” (feat. Lil Wayne & Jadakiss) | Focus… | 3:34 |
| 4. | “Shoot for the Moon” | Danja | 3:20 |
| 5. | “Hustler’s Anthem ‘09” (feat. T-Pain) | Ty Fyffe | 4:29 |
| 6. | “Kill Dem” (feat. Pharrell & Tosh) | The Neptunes | 3:48 |
| 7. | “Arab Money” (feat. Ron Browz) | Ron Browz | 2:45 |
| 8. | “I’m a Go and Get My…” (feat. Mike Epps) | DJ Scratch | 4:54 |
| 9. | “We Want In” (feat. Ron Browz, Flipmode Squad: Spliff Star & Show Money) | King Karnov | 3:11 |
| 10. | “We Miss You” (feat. Demarco & Jelly Roll) | Needlz | 5:02 |
| 11. | “Sugar” (feat. Jelly Roll) | Jelly Roll | 4:05 |
| 12. | “Don’t Believe Em” (feat. Akon & T.I.) | Cool & Dre | 3:49 |
| 13. | “Decision” (feat. Jamie Foxx, Mary J. Blige, John Legend & Common) | Mr. Porter | 4:28 |
| 14. | “World Go Round” (feat. Estelle) | Jelly Roll | 3:51 |
Slaughterhouse-Slaughterhouse 15/20

Il est lieu commun d’affirmer que dans le rap game, il ne suffit pas d’être un tueur au mic pour se faire une place dans l’industrie. Nombre de MC’s talentueux n’ont ainsi jamais pu confirmer les espoirs placés en eux, la faute à de mauvais choix de carrière ou, plus souvent, aux galères de labels. Joe Budden, Joell Ortiz, Royce Da 5′9″ et Crooked I sont de ces rappeurs sans couronne dont la carrière a été plombée par divers errements et qui auraient très bien pu être condamnés à faire des mixtapes toute leur vie. Forts cependant de fan bases plus que fidèles, ils n’ont eu aucun mal à entretenir la flamme jusqu’à ce que le label indépendant Amalgalm Digital vienne tendre la perche à Joe Budden, lui permettant de revenir enfin dans les bacs avec un Padded Room sombre et torturé. C’est dans cette période que la formation d’un super-groupe réunissant les 4 MC’s pré-cités est évoquée. Une information qui laisse tout de même dubitatif quand on sait le nombre de groupes de ce genre qui n’ont, pour la plupart, vécu que le temps de leur annonce et, avec de la chance, de quelques titres.
Beaucoup n’y croyaient donc pas trop, surtout que dans la foulée la sortie du premier album du groupe est prévue. La question était de savoir si ses bouffeurs patentés de mics se mettraient au diapason et s’inscrirait dans une véritable logique de groupe plutôt que dans une association de bons rappeurs sans aucune alchimie. Deuxième réserve ce casting d’habitués des mixtapes sera t’il capable de tenir la route sur un album cohérent sachant qu’ils sont manifestement peu habitués aux sorties officielles? Pour finir la diversité de leurs villes d’origine ne nuirait-elle pas à l’esprit de groupe et à l’unité lyricale? Autant de questions alors en suspens mais qui ne modèreront en rien l’enthousiasme des fans qui se prennent à rêver d’un classique ou tout au moins d’un album de très, très haut niveau. Il est vrai que la réunion de quatre des plus gros déchireurs de mics du monde hip-hop a largement de quoi faire jaser, et rien que pour cette initiative, il est tout a fait normal d’être impatient de voir le résultat (surtout qu’il est annoncé comme un Detox Underground). En attendant cet album, le groupe fait monter son buzz en délivrant une flopée de bastos lyricales (Slaughterhouse, Onslaught, Wack MC’s…) et parvient sans peine à convaincre même les plus sceptiques sur leur valeur. Malheureusement on apprendra par la suite qu’aucun de ces titres ne sera reconduit sur l’album. Mais en contrepartie on nous certifie que ceux qui ont été retenus seront encore plus lourds. De quoi encore plus piaffer d’impatience.
L’album arrive finalement, précédé de The One, un titre plus léger qui entend prouver qu’il est encore possible de faire des sons rap pour les clubs sans tomber dans la facilité (malgré son sample de rock), et surtout de Cuckoo, exercice de style magistralement orchestré par DJ Khalil. Le moins que l’on puisse dire dès la première écoute est qu’on n’est pas déçu. C’est du très lourd. Les MC’s livrent des performances de très haute volée et la saine émulation entre eux les poussent dans leur derniers retranchements lyricaux. Une véritable boucherie qui justifie à elle seule le titre de l’album. Ne cédons toutefois pas au triomphalisme affiché par les fans qui n’hésitent pas à le qualifier de meilleure sortie de l’année. Une écoute plus attentive met à jour les faiblesses de cet album qui s’il brille par son efficacité est loin d’être le classique annoncé. L’album s’avère en effet monolithique, tant dans le choix des instrumentaux que des thématiques abordées et surtout on réalise vite que l’essentiel des tracks suivent le même schéma. Royce qui intervient en premier poser les bases suivi ensuite de Joell ou Crooked avant que Budden ne se charge de conclure. Pas franchement original. De plus Budden apparait trop souvent en dessous, ce qui fera dire à certains qu’il est le maillon faible du groupe. Il n’en est cependant rien vu qu’il pose de façon globalement moins agressive que ses équipiers. Autre écueil non évité, une impression de réalisation faite à l’arrache. On a parfois le sentiment d’écouter un street-CD. Pas que la performance des rappeurs soit mauvaise mais leur volonté de tous vouloir livrer le meilleur d’eux-mêmes au mic à pour effet de donner l’impression d’écouter un freestyle perpétuel. Comme si chacun voulait briller au détriment des autres. Toutes choses qui ne donnent pas la sensation d’écouter le disque d’un groupe mais d’une réunion de très bons rappeurs vu que l’alchimie de groupe qui se dégage s’avère en définitive factice. Il y a plus de complicité que de complémentarité. Ajoutons à cela des titres moins inspirés (même s’il n’y en a aucun de franchement mauvais) et des featurings parfois inutiles (à l’image de Fatman Scoop sur Onslaught 2) et on a fait le tour des failles de cet album.
Malgré tout Slaughterhouse se révèle être un très bon disque, bien meilleur que pas mal de sorties de cette première moitié d’année. On ne boudera donc pas notre plaisir à l’écoute de titres costauds comme Sound Off (malgré un sample grillé mais bon on a entendu bien pire cette année), l’excellent Microphone, l’énergique Not Tonight ou encore le sombre et spirituel Pray (It’s A Shame) qui est à n’en point douter l’un des meilleurs titres de l’album. Les invités sont rares et ne s’expriment le plus souvent que le temps d’un refrain. Cette discrétion microphonique n’est pas nécessairement embarrassante, dans la mesure où leurs performances ne marquent pas plus que ça et sont pour certains dispensables. Pharoahe Monch lâche un hook juste correct sur Salute quand Novel aère un peu Raindrops. Les autres invités se contentent du minimum syndical. Quelques titres plus consensuels comme Killaz (Produit par Emile) et Cut You Loose s’avèrent eux aussi efficaces.
Le principal regret est que les singles lancés en éclaireurs n’aient pas été reconduits sur la tracklist finale. Pour le reste en dépit d’une osmose plus que relative, le projet se révèle amplement satisfaisant. Pas l’album de l’année mais un disque qui fera largement le bonheur des fans de chacun des MC’s et le notre aussi vu qu’il doit être l’une des rares sorties de ces dernières années qu’on peu écouter de bout en bout sans zapper trop de titres. Un premier effort encourageant qui ne devrait pas rester sans lendemain vu que le deuxième album est déjà annoncé. Gageons qu’ils sauront tirer les leçons de celui-ci afin de nous livrer un produit encore meilleur.
15/20
Tracklist:
| # | Title | Producer(s) | Length |
|---|---|---|---|
| 1. | “Sound Off” | StreetRunner | 5:51 |
| 2. | “Lyrical Murderers” (feat. Kay Young) | Focus | 4:04 |
| 3. | “Microphone” | The Alchemist | 4:42 |
| 4. | “Not Tonight” | StreetRunner | 3:39 |
| 5. | “The One” (feat. The New Royales) | DJ Khalil | 3:37 |
| 6. | “In the Mind of Madness” (skit) | 1:23 | |
| 7. | “Cuckoo” | DJ Khalil | 4:30 |
| 8. | “The Phone Call” (skit) | 0:58 | |
| 9. | “Onslaught 2″ (Feat. Fatman Scoop) | Emile | 4:27 |
| 10. | “The Phone Call 2″ (skit) | 0:56 | |
| 11. | “Salute” (feat. Pharoahe Monch) | Mr. Porter | 4:31 |
| 12. | “Pray (It’s a Shame)” | Realson | 3:53 |
| 13. | “Cut You Loose” | Mr. Porter | 4:43 |
| 14. | “Raindrops” (feat. Novel) | Filthy Rockwell | 5:00 |
| 15. | “Killaz” (feat. Melanie Rutherford) | Emile | 4:09 |
| 16. | “Fight Klub” (bonus track) | Frequency | 4:42 |
50 Cent-The Massacre 14/20

En ce début d’année 2005, 50 Cent est sur tous les fronts. Non content d’être devenu l’un des plus gros vendeurs de l’industrie et de produire des artistes à succès au sein de son G-Unit Records, le rappeur au flow insolent s’invite dans la presse people, les hautes arcanes du monde des affaires et bientôt le cinéma. Curtis Jackson est partout, compte être partout et son assurance s’est muée en arrogance. Histoire de continuer à faire parler de lui il se lance dans un grand cirque de provocations, multipliant les prises de bec avec ses homologues New-Yorkais (Ja Rule, Fat Joe, Jadakiss entre autres) à l’aide de petites phrases assassines savamment distillées en interview et de diss tracks plus ou moins percutantes. Toutes choses qui ont pour principal effet de lui attirer encore plus de haters et de finir par en faire une des personnalités les plus détestées de la Grosse Pomme. 50 n’en a cependant cure. Du moment qu’il occupe le devant de la scène et que les ventes sont assurées, aucune raison de se plaindre.
C’est donc en pleine confiance qu’il aborde la réalisation de The Valentine’s Day Massacre. Prévu pour la fin 2004, il sera repoussé et verra son titre écourté en The Massacre. La question qui taraudait tout le monde était de savoir si ses mentors Dr. Dre et Eminem produiraient intégralement le disque comme le voulait la rumeur. La réponse sera finalement livrée avec la sortie du premier single Disco Inferno produit par C. Styles & Bang Out. Cette espèce de In Da Club à la vidéo x-rated fait naitre de sérieuses craintes quand au contenu de cet album. Un titre peu convaincant où l’ami Curtis ne se foule pas, se contentant d’assurer une performance correcte sans plus. Le tubesque Candy Shop (produit par Scott Storch) et ses rimes à connotations sexuelles ne s’avère pas plus rassurant mais a au moins le mérite de le replacer en tête des charts et de lui attirer les faveurs du grand public, particulièrement sensible à ce titre aussi sucré que le laisse présager son intitulé. 50 semble à présent vouloir faire du son accesible à tous, ce qui ne manque pas de lui attirer les foudres de ses haters, chaque jour plus nombreux, qui critiquent son virage commercial et vilipendent son attitude condescendante. Toutes choses pour lesquelles l’album sera descendu à sa sortie et provoquera une scission dans le microcosme hip-hop désormais partagé entre ses groupies inconditionnelles et ses haters. Il importe cependant de faire fi de ce clivage pour apprécier cet album à sa juste valeur.
On attendait énormément de productions d’Eminem et de Dr. Dre, il faudra se contenter de quelques bribes. Les deux monstres sacrés ne sont aux manettes que pour cinq titres. Deux prescriptions pas franchement exceptionnelles du bon docteur (Outta Control et Gunz Come Out) et trois legs du blondinet de Détroit suffisent cependant à faire son bonheur (Ce dernier s’invitant au micro sur le délirant Gatman et Robbin). Le reste de l’architecture sonore est confiée à divers producteurs plus ou moins connus. Paradoxalement ce sont eux qui donneront de l’épaisseur à la sauce. Après une intro sur fond de meurtre vite digérée, C. Styles & Bang Out nous prouvent qu’ils ne sont pas bons qu’à faire des titres clubs. In My Hood s’avère être une réussite et laisse augurer d’un album moins commercial que l’on voudrait nous le faire croire. Cette impression se prolonge avec un This Is 50 plutôt moyen mais surtout le très bon I’m Supposed To Die Tonight magnifiquement orchestré par Eminem. Les choses se gâtent cependant avec Piggy Bank, diss track torchonneuse sans aucun fondement. 50 s’en prend à Shyne, Jadakiss, Fat Joe, Lil Kim, Nas et Kelis, le tout sur un orchestration de Needlz qui n’est rien d’autre qu’un succédané du Let Me In de Young Buck. Ce titre sans éclat est la première grosse tâche de cet album. Dans le même giron on peut ranger le trio de bangers typés orientaux (Disco Inferno, Candy Shop, Just A Lil Bit) qui ne servent à rien qu’à assurer les ventes ainsi que quelques titres tout aussi peu convaincants (le très passable So Amazing et l’arrogant God Gave Me Style).
C’est lorsqu’il revient à un son plus East Coast que 50 atteint des sommets. Ses deux collaborations avec Hi-Tek (Get In My Car et Ryder Music) sont plus que convaincantes. D’autres tueries made in NYC comme Ski Mask Way, l’efficace Position Of Power et le surprenant I Don’t Need Em en viennent à faire regretter qu’il ne nous aie pas livré un album entier dans cette veine. Autres bonnes surprises My Toy Soldier avec un Tony Yayo qui se distingue, l’excellent Build You Up (surprenant qu’on en ait pas fait un single) en featuring avec Jamie Foxx et même dans une moindre mesure A Baltimore Love Thing apportent une réelle plus-value à ce disque. Le remix de Hate Or Love It situé en fin de disque en devient limite anecdotique.
Au final un disque de plutôt bonne facture, bien sur largement inférieur au précédent mais tout de même réussi dans son genre. Beaucoup de refrains chantés/chantonnés et pas mal de titres dispensables mais il serait hypocrite de ne retenir que ces errements. Bien sur on ne peut qu’être déçu au cas où l’on attendait une bombe, trouver que Curtis Jackson tourne en rond et ne se renouvelle pas, mais on ne peut sans ciller affirmer que cet album n’a aucune qualité et est juste bon à finir aux ordures. En dépit d’une Street Credibility au plus mal à l’époque, 50 continue son chemin vers la popularité de fort belle manière quitte à livrer un album en deçà de ses possibilités mais suffisamment accessible pour assurer les ventes. Après tout c’est tout ce qui lui importe.
14/20
Tracklist:
- “Intro” (Produit par Eminem)
- “In My Hood” (Produit C Styles et Bang Out)
- “This Is 50″ (Produit par Black Jeruz)
- “I’m Supposed To Die Tonight” (Produit par Eminem)
- “Piggy Bank” (Produit par Needlz)
- “Gatman And Robbin’” feat. Eminem (Produit par Eminem)
- “Candy Shop” feat. Olivia (Produit par Scott Storch)
- “Outta Control” (Produit par Dr. Dre)
- “Get In My Car” (Produit par Hi-Tek)
- “Ski Mask Way” (Produit par Disco D)
- “A Baltimore Love Thing” (Produit par Cue Beats)
- “Ryder Music” feat. Dion (Produit par Hi-Tek)
- “Disco Inferno” (Produit par C Styles et Bang Out)
- “Just A Lil’ Bit” (Produit par Scott Storch)
- “Gunz Come Out” (Produit par Dr. Dre)
- “My Toy Soldier” feat. Tony Yayo (Produit par Eminem)
- “Position Of Power” (Produit par Jonathan “JR” Rotem)
- “Build You Up” feat. Jamie Foxx (Produit par Scott Storch)
- “God Gave Me Style” (Produit par Needlz)
- “So Amazing” feat. Olivia (Produit par Jonathan “JR” Rotem)
- “I Don’t Need ‘Em” (Produit par Buckwild)
- “Hate It Or Love It” (G-Unit Remix) (Produit par Cool & Dre)